Les Garçons de l’été

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Les Garçons de l’été

Rebecca Lighieri 

Folio

413 pages

 

Quatrième de couverture 

Zachée et Thadée, deux frères, étudiants brillants et surfeurs surdoués, déploient les charmes de leur jeunesse sous l’été sauvage de La Réunion. Mais l’été et la jeunesse ont une fin, et il arrive qu’elle survienne plus vite et plus tragiquement que prévu.

 

Mon avis

Ce livre trônait sur la table de la librairie depuis sa sortie. Avec sa couverture estivale, son titre peu révélateur et cette phrase « Du Stephen King à la française ! », ma curiosité était à son comble. Je me suis laissée emporter, mais je ressors quelque peu déçue de ma lecture. 

Les Chastaing sont une famille parfaite dont les deux fils sont tout ce que des parents peuvent rêver : intelligents, talentueux, beaux. Tout semble réussir à Thadée et Zachée, notamment leur passion pour le surf, jusqu’au drame qui vient détruite la petite famille.

« J’ai embrassé l’aube d’été et j’ai cru que cette sensation-là, cette communion entre moi et les éléments, cette harmonie entre mon corps et mon esprit, ce serait ma vie. »

La première moitié du roman est vraiment bien. Elle présente cette famille bourgeoise à l’apparence trompeuse. On découvre peu à peu les vices de chacun, puis le drame surgit et la douce perfection vole en éclat pour prendre des allures cauchemardesques. Voir les personnages tomber dans la décadence et se détruire a un côté plaisant. Mais la lecture a pris quelques longueurs et l’histoire a perdu de son charme. Même si les personnages vivent un enfer, on est loin d’un Stephen King comme annoncé. 

Il est difficile de s’accrocher aux personnages, ou du moins aux membres de la famille tant elle est malsaine. C’est notamment le cas dans la relation entre la mère Mylène et ses deux fils. Elle est aveuglée par l’amour étouffant qu’elle leur porte. Elle les idéalise, les considère comme des dieux au point que c’est triste pour Ysé, la petite sœur qui est laissée de côté. Son personnage est pourtant surprenant et décalé par rapport au reste de la famille. J’ai profondément été agacée par Thadée. Il est vicieux, mesquin, capricieux, manipulateur. Plus réaliste, Zachée m’a fait de la peine à cause de sa naïveté. Je dois néanmoins reconnaître que les personnages sont un sans faute. 

« Mais c’est sans doute le cas de tous les jours de malheur : ils commencent comme tous les autres, on se lève comme d’habitude, on ne pressent rien, on s’avance vers le drame le cœur léger. »

Je pense que le problème est dans la narration. Le récit démarrait vraiment bien, mais le rythme est devenu plus rapide et plus brouillon. On saute les mois, les années, j’ai eu des moments de vide pendant ma lecture. J’ai eu le sentiment que l’auteure a voulu mettre beaucoup trop dans son texte, trop de péripéties, de retournements de situation. De plus, l’auteure emploie des termes spécifiques au surf ce qui peut être déroutant. Cependant, Rebecca Lighieri m’a fait voyager à la Réunion, j’ai pris du plaisir à lire ses descriptions. 

Les Garçons de l’été n’a pas été une bonne lecture malgré un sujet intéressant. Ce roman laisse un goût d’inachevé une fois terminé. 

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La Tresse

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La Tresse

Laetitia Colombani

Le Livre de Poche

238 pages

 

Quatrième de couverture 

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité. Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. 

 

Mon avis 

Depuis sa sortie il y a environ un an, ce roman ne cesse de faire parler de lui. Les éloges coulent à flot. De fait, j’appréhendais cette lecture qui m’intriguait. Comment retracer l’histoire de trois femmes différentes en si peu de pages ? Le résultat est étonnant. 

Smita, Giulia, Sarah. Inde, Sicile, Canada. Alors que la vie leur souriait, tous leurs espoirs s’effondrent soudainement. Trois histoires différentes qui forment une tresse pour lier ces trois femmes à jamais. 

« À l’intérieur elle est en miettes, mais cela, personne ne le sait. »

L’histoire pourrait se raconter comme un conte universel, touchant toutes les personnes de tous les âges, des quatre coins du monde. Trois histoires dont les liens se tissent au fil des pages pour en former une seule. En Inde, Smita a une vie misérable qu’elle ne souhaite pas à sa fille. Elle veut que Lalita aille à l’école, qu’elle apprenne à lire et à écrire. En Sicile, la jeune Giulia travaille dans l’entreprise familiale dont elle reprend le flambeau après l’accident de son père. Toutefois, cette entreprise de confection de perruques est en train de couler. Du côté du Canada, Sarah brille dans sa carrière d’avocate jusqu’à l’annonce de son cancer. D’avance on comprend que le destin de ces trois femmes n’est pas en leur faveur. Ces trois intrigues sont courtes, mais intenses. 

J’ai beaucoup aimé les trois portraits de femmes décrits ici. Elles appartiennent à des sociétés différentes mais évoluent toutes les trois dans leur vie et dans leur condition sociale. Dans le fond, elles sont semblables : ambitieuses, courageuses, elles savent qu’elles ont le pouvoir de décider de leur destinée. Les choix que font Giulia, Sarah et Smita ne sont pas sans conséquences, mais ils sont justes et témoignent d’une force remarquable. Le lien invisible et insoupçonné qui vient unir les trois protagonistes est la source de toute la beauté de ce livre. 

« Elle voudrait tant lui dire : protège-toi, blinde-toi, le monde est dur, la vie est cruelle, ne te laisse pas toucher, pas abîmer, sois comme eux égoïste, insensible, imperturbable. »

Tout est réussi dans ce roman et je ne trouve rien à lui reprocher. L’auteure a écrit une histoire comme il en existe peu, c’est-à-dire un texte touchant qui vient bouleverser le lecteur. La tristesse n’émane pas de ce roman, alors qu’elle pourrait puisqu’on s’attache aux trois héroïnes tout en voulant leur bonheur. C’est plutôt un sentiment de soulagement que l’on ressent en refermant ce livre.

Je comprends enfin tout l’engouement autour de ce roman. La Tresse est une leçon de vie, un rappel de l’existence de l’espoir, une merveille à lire et à relire. 

L’Éternel Mari

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L’Éternel Mari

Dostoïevski

Le Livre de Poche

265 pages

 

Quatrième de couverture 

Imaginez Don Juan plein de remords et hanté par un mari trompé. Accablé de soucis d’argent, n’ayant le goût à rien, Veltchaninov est poursuivi par un homme en deuil. Troussotzky a perdu sa femme. Pour Dostoïevski, toute faute doit être expiée, le péché engendre la maladie et la folie. Le vaudeville tourne au drame, car il y a une victime innocente : Lisa, une enfant. De qui est-elle vraiment la ville ? L’éternel mari retrouvera une épouse, l’éternel amant sa vigueur… et le jeu recommence. 

 

Mon avis 

Un peu de littérature russe et de Dostoïevski en ces chaudes journées estivales avant l’heure. L’Éternel Mari, court roman digne d’un Balzac et à l’image d’une tragi-comédie croisée avec un vaudeville. 

Veltchaninov a le sentiment qu’un étrange homme le suit et l’observe partout où il va. Vient alors le soir où l’individu frappe à sa porte et se révèle être Troussotzky, un vieil ami et mari de son ancienne maîtresse, dont il n’avait plus de nouvelles depuis neuf ans. 

« Les grandes pensées viennent moins d’un grand esprit que d’un grand cœur. »

Avez-vous déjà eu cette impression d’être suivi ? Ou de croiser plusieurs fois la même personne dans des lieux différents ? C’est ce que vit Veltchaninov depuis quelques jours. Mais lorsqu’il apprend que l’individu est en réalité un ami, les évènements prennent une autre tournure. Troussotzky vient malgré lui remuer le passé en annonçant le décès de Nathalie sa femme et maîtresse de Veltchaninov. Surtout qu’il n’est pas seul, il est accompagné par une jeune fille, Lisa, dont l’identité du père reste un secret. Dostoïevski nous sert une intrigue loufoque à souhait. Véritable vaudeville, cette œuvre aurait dû être une pièce de théâtre. Tout au long de la lecture s’enchaînent les quiproquos, les situations saugrenues. L’auteur mêle à son histoire divers sujets : la question de la fidélité, de la paternité, de l’homosexualité, de la maladie et bien entendu de la folie. Bien que l’intrigue semble éclatée en plusieurs morceaux puisque chaque chapitre présente une nouvelle aventure pour notre duo, elle reste centrée autour de la psychologie des personnages et qui n’est pas des moindres !

Veltchaninov est hypocondriaque et reste plongé dans ses souvenirs, quand il était à l’apogée de sa gloire. Ses névroses le rendent faible. Quant à l’éternel mari, Troussotzky, il relève du grotesque. Il est présenté comme le dindon de la farce du roman. Mais ces deux personnages forment un couple remarquable et qui fonctionne à merveille.

« On boit sa propre peine et l’on dirait qu’elle vous enivre. »

Dostoïevski brille une nouvelle fois avec cette courte histoire qui demeure un mystère. Un texte digne d’une comédie théâtrale qui dévoile un style balzacien. Derrière le fin travail effectué autour de la psychologie des personnages, se cache une subtile ironie.

L’Éternel Mari est une agréable lecture. Surprenante par le ton léger qu’elle dégage, mais également par la grandeur de la plume de l’auteur. 

Chanson douce

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Chanson douce

Leïla Slimani

Folio

245 pages

 

Quatrième de couverture 

« Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-cœur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder. »

Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle.

 

Mon avis 

J’attendais sa sortie en poche depuis des mois, il est enfin là ! Chanson douce, une sombre mélodie qui a reçu plusieurs prix dont le Goncourt en 2016, grandement mérité.

Paul et Myriam décident d’embaucher une nounou pour leurs enfants Mila et Adam, afin que Myriam puisse reprendre son travail dans un cabinet d’avocats. Louise est la candidate idéale, peut-être un peu trop parfaite. Tout le monde l’adore, c’est un véritable rêve. Mais combien de temps reste-t-il avant l’arrivée du cauchemar ? 

« La solitude agissait comme une drogue dont elle n’était pas sûre de vouloir se passer. »

On suit le quotidien du jeune couple que forment Myriam et Paul et dont les deux enfants en bas âge sont gardés par Louise. Louise arrive dans leur vie tel un miracle. Non seulement elle s’occupe des enfants, mais aussi des repas de la petite famille, du ménage, du rangement. Louise régit la vie de Paul et de Myriam discrètement. Elle est leur ombre, elle devient indispensable. Cependant, dès la première page on apprend que les deux enfants ont été assassinés par la douce nounou. Que s’est-il passé ? On apprend à découvrir la vie des personnages en plongeant dans le passé de Louise qui est le vrai mystère de l’histoire. 

Je n’ai pas aimé Louise. Je l’ai trouvée dérangeante, oppressante, trop présente. Elle s’installe dans la famille, elle devient obsédée par les enfants et par le couple au point qu’elle ne veut plus les quitter. Elle incarne quelque chose de mauvais et dont on ne peut pas s’échapper. J’aurais souhaité plus de méfiance de la part de Myriam et de Paul. Toutefois, j’ai apprécié leur simplicité, leur bonheur apaisant et leur absence de doute.

« Le destin est vicieux comme un reptile, il s’arrange toujours pour nous pousser du mauvais côté de la rampe. »

Leïla Slimani a écrit un roman dont on ne soupçonne pas la force. Il y a quelque chose de malsain dans ce texte. On croit connaître les personnages, mais ce n’est pas le cas. J’apprécie le fait qu’elle laisse planer le mystère bien après que le livre soit refermé. 

Ce livre est perturbant mais terriblement puissant. C’est une surprise étonnante, je ne m’attendais pas à une lecture comme celle-ci. 

Les Els

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Les Els

H. Roy

J’ai lu

443 pages

Quatrième de couverture 

Connor a 18 ans, elle vit chez son père à Eden Lake, une petite ville des Adirondacks et, en dehors du fait que son meilleur ami a subitement pris ses distances, elle mène une existence plutôt tranquille.

Le jour où sa tante débarque, les choses se compliquent. Car les cauchemars qui assaillent Connor depuis quelque temps pourraient bien devenir réalité…

 

Mon avis 

La lecture des Els a été un bon moyen pour que je renoue avec la littérature fantastique. À l’image d’un roman initiatique, l’auteure nous entraîne dans un univers incroyable.

Alors que Connor s’apprête à avoir dix-huit ans, une étrange réunion de famille se déroule chez elle. Pensant être une simple lycéenne comme les autres, elle découvre qu’elle n’est pas véritablement humaine, elle est une Els, et pas n’importe laquelle, une des plus rares et des plus importantes. 

« C’est rassurant de voir que, malgré le temps qui passe, malgré la distance, certaines choses ne changent pas. »

En commençant ce roman je me suis demandée ce que pouvaient être les Els. Il me tardait de le découvrir et quelle agréable surprise ! Ce sont des créatures surprenantes, similaires à des vampires, mais en mieux puisque les Els ont des dons. L’intrigue évolue lentement. Comme Connor, nous découvrons le nouvel univers dans lequel elle est plongée ainsi que ses nouvelles capacités et ses nouveaux amis. Le seul détail qui m’a quelque peu dérangée et qui n’est pas des moindres : le triangle amoureux. Il est majeur à l’histoire même s’il n’est pas trop présent. Toutefois l’univers des Els est si intriguant que l’on passe outre. Hybride, Prédateurs, la Horde… avec autant de créatures la tension est à son comble. 

Connor est une bonne héroïne. Elle est une jeune femme courageuse et perdue dans cette situation hors du commun. La confusion touche ses sentiments envers Evann et M. Ce dernier a un comportement insupportable à l’égard de Connor et autant le dire, il n’arrive pas à la cheville d’Evann. Incarnation du mauvais garçon protecteur et trop beau par rapport aux autres, Evann dissimule son passé à Connor ce qui le rend encore plus mystérieux. J’ai également beaucoup apprécié le personnage de Juliette qui veille aussi sur Connor. Elle apporte un éclat de joie à l’aventure. Mais une part de mystère réside parmi ces personnages.

« Se bercer d’illusions vaut parfois mieux que l’insipide vérité. »

Tous les ingrédients d’un bon roman sont réunis ici : romance, fantastique, une écriture fluide, une intrigue solide. Pour un premier livre H. Roy commence fort. Son écriture est addictive, la tension monte peu à peu et à la fin, on en redemande. 

Les Els est une belle réussite. J’ai beaucoup aimé cette lecture certainement parce que de nombreuses questions attendent encore des réponses. Vite le tome 2 ! 

La Passe-miroir, tome 1 : Les Fiancés de l’hiver

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La Passe-Miroir, tome 1 : Les Fiancés de l’hiver

Christelle Dabos

Folio

593 pages

Quatrième de couverture 

Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Fiancée de force à l’un des héritiers d’un clan du Pôle, elle quitte à regret le confort de sa famille. La jeune femme découvre ainsi la cour du Seigneur Farouk, où intrigues politiques et familiales vont bon train. Loin de susciter l’unanimité, son entrée dans le monde devient alors l’enjeu d’un complot mortel.

 

Mon avis 

Paru en 2013, on ne présente plus la saga française La Passe-Miroir de Christelle Dabos. Il m’aura fallu quelques années pour enfin la débuter et tomber, à mon tour, sous le charme de cet univers incroyable. 

Ophélie appartient au clan d’Anima et a le don de traverser les miroirs. Elle est aussi une Liseuse, elle peut lire le passer des objets en les touchant. Elle est fiancée contre son gré à Thorn, membre du clan du Pôle. Ophélie est contrainte de quitter sa famille pour la cour de Farouk où elle n’est pas à l’abri de multiples complots. 

« Passer les miroirs ça demande de s’affronter soi-même. »

Si cette œuvre est aussi reconnue c’est avant tout pour son univers unique et atypique. Cette idée  d’étonnants dons comme traverser les miroirs, contrôler les objets, créer des illusions, etcétéra… est vraiment ingénieuse. Au sein de cet univers se distinguent deux mondes totalement opposés l’un de l’autre. D’un côté se trouve Anima où les habitants sont plutôt tolérants, simples (malgré leurs dons), et de l’autre côté, le Pôle, un monde glacial où tous les coups bas sont permis. Comme le lecteur, Ophélie découvre l’autre côté du miroir et la nouvelle vie qu’elle n’a pas souhaité. La cour de Farouk est cruelle, mesquine mais exceptionnelle, au point qu’elle permet à notre héroïne d’évoluer aisément. 

Parlons plutôt d’anti-héroïne ! J’ai adoré Ophélie qui est parfaite. Echarpe trop grande, lunettes de travers, gants troués, Ophélie est loin du stéréotype de la beauté incarnée. Elle est têtue, maladroite mais d’une grande intelligence. Quant à son futur époux, Thorn, il est glacial, peu bavard , outre pour donner des ordres. Tous les personnages de ce roman sont loufoques ce qui est un vrai plaisir.

« Le charme est la meilleure arme offerte aux femmes, il faut t’en servir sans scrupule. » 

En lisant ce livre, je n’ai pas eu l’impression de lire un livre jeunesse tant les personnages font preuve de maturité. Et puis la plume de Christelle Dabos est très agréable à lire. Ses descriptions nous absorbent, les échanges entre les deux protagonistes sont si peu présents qu’on prend le temps de les savourer. 

Les Fiancés de l’hiver n’est pas une réelle surprise, je m’attendais à apprécier cette lecture. Toutefois, je ne pensais pas tomber dans un univers comme celui-ci. Il ne me tarde de lire la suite ! 

Le Vase rose

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Le Vase rose

Éric Oliva

Éditions Taurnada

232 pages

 

Quatrième de couverture

Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever.

Frédéric Caussois a choisi.

Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.

Mon avis

Premier roman de l’auteur que je lis. Une couverture et un titre mystérieux pour un thriller qui, sans aucun doute, continue d’attiser la curiosité une fois la lecture terminée. 

La vie de Frédéric et de Luan Caussois bascule le jour où leur fils Tao meurt subitement après la prise quotidienne de ses médicaments. L’enfer débute pour le couple qui, peu à peu, va se déchirer, alors que Frédéric a pour unique but de venger l’injuste mort de son fils. 

L’histoire commençait si bien pour cette belle famille, unie, nageant dans un bonheur quasiment indestructible. Mais le drame surgit, assez violemment en réalité. Le lecteur ne s’attend pas à cela, il est aussi surpris que les personnages. Frédéric, père détruit, réalise que l’enquête n’avance pas, il décide donc de rechercher lui-même les indices qui le conduiront au coupable. J’ai trouvé l’intrigue bien construite, sans trop de piétinements. Nous apprenons surtout à connaître le personnage du Frédéric. 

« Rien ne semblait plus aller dans ce pays au bord de la crise de nerfs et bienheureux seraient ceux qui parviendraient à s’en tirer sans trop de dommages. »

Ce dernier est prêt à tout dans son enquête, si bien qu’il en deviendrait presque effrayant. Il n’est pas uniquement question de vengeance, c’est une véritable obsession, il ne semble vivre plus que pour cela. Cependant, son geste est touchant et révèle une profonde humanité et un amour fort pour son fils. Un peu trop absente à mon goût, j’aurais souhaité que Luan soit plus présente. Il aurait été intéressant de connaître également ses sentiments suite au drame. Je tiens néanmoins à noter que ces deux personnages évoluent grandement au fil de l’histoire.

Ce n’est pas un thriller extrêmement sombre qui va venir vous hanter pendant votre sommeil. Mais Éric Oliva fait en sorte que son roman ne soit pas une simple lecture. Certains passages sont déplaisants ou quelque peu choquants pour d’autres, et je crois que c’est ce qu’il fait la force de ce texte. Ajoutons à cela le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple vengeance tel le fameux « œil pour œil, dent pour dent ». Les personnages sont anéantis, ils ne peuvent trouver une réelle paix avec eux-mêmes. 

Encore une bonne lecture des éditions Taurnada que je remercie pour l’envoi de ce titre. Le Vase rose n’est pas qu’un simple thriller. C’est la quête d’un père à la recherche d’une réponse et qui veut prendre sa revanche sur la vie.