Deux sœurs

7 mars 2019,

Deux sœurs, David Foenkinos.
Gallimard – 173 pages

Du jour au lendemain, Étienne décide de quitter Mathilde, et l’univers de la jeune femme s’effondre. Comment ne pas sombrer devant ce vide aussi soudain qu’inacceptable ? Quel avenir composer avec le fantôme d’un amour disparu ? Dévastée, Mathilde est recueillie par sa sœur Agathe dans le petit appartement qu’elle occupe avec son mari Frédéric et leur fille Lili. De nouveaux liens se tissent progressivement au sein de ce huis clos familiale, où chacun peine de plus en plus à trouver un équilibre. Il suffira d’un rien pour que tout bascule…

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Depuis plusieurs années David Foenkinos est l’un de mes auteurs contemporains préférés, c’est l’une des raisons qui me fait toujours attendre avec impatience un nouveau titre de cet écrivain. Je n’avais jamais été déçue jusqu’à présent, il fallait bien que ça arrive un jour…

Étienne quitte Mathilde. Dans l’incompréhension la plus totale, Mathilde sombre dans la solitude et les souvenirs afin de trouver une explication, persuadée qu’elle ne peut vivre sans l’homme de sa vie. Face à sa détresse, sa sœur Agathe vient à son secours et la recueille chez elle. La cohabitation ne peut rester paisible bien longtemps.

J’ai refermé ce livre avec une profonde colère. J’ai eu l’impression de m’être trompée, de ne pas avoir lu un roman de Foenkinos. Cette histoire est creuse et sans grand intérêt. Écrite en deux parties, la première nous plonge dans la tourmente de Mathilde, blessée suite à sa rupture avec son compagnon Étienne. Pendant pas moins de quatre-vingt pages, notre chère protagoniste sombre au point de devenir grandement détestable. Puis l’espoir de voir enfin un peu de lumière à travers la lecture semble arriver lorsque Mathilde emménage chez sa sœur Agathe, du moins jusqu’à ce qu’elle aille mieux. La seconde partie débute mais nous nous enfonçons de plus belle. Rien ne s’arrange et c’est au tour d’Agathe de sombrer, ne voyant aucune évolution chez sa sœur. Il faut attendre les dernières pages pour avoir le sentiment que la lecture n’est pas allée jusqu’au désastre, que ce n’est juste qu’une énorme déception. 

Les personnages auraient pu sauver l’intrigue, ils auraient pu… Les premières réactions de Mathilde sont certes compréhensibles, et j’ai sincèrement eu de la peine pour elle. Mais son comportement devient vite malsain, comme si elle ne voulait pas s’en sortir. Quant à Agathe, heureusement qu’elle est apaisante grâce au soutien que lui apporte Frédéric et sa fille Lili. Elle sauve notre duo. Avoir un point de vue un peu plus approfondi d’Étienne aurait été intéressant parce qu’il est loin d’être aussi mauvais que veut nous le faire croire Mathilde. 

Toute la magie de l’écriture de Foenkinos a disparu. Je n’ai guère éprouvé l’admiration présente dans ses autres romans. Faire tout un roman autour d’une rupture ne peut être sans conséquence. C’est comme s’il était uniquement resté à la surface de son histoire. Plus les pages défilaient, plus je m’enfonçais sans rien trouver de bien à en tirer. 

Passer à côté d’un roman est toujours difficile, mais à côté d’un texte d’un auteur que l’on apprécie l’est encore plus. Deux sœurs est une grande déception. Néanmoins, je garde un peu d’optimisme et j’attends quand même son prochain roman. 

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Une sirène à Paris

5 mars 2019,

Une sirène à Paris, Mathias Malzieu.
Albin Michel – 238 pages

Nous sommes en juin 2016, la Seine est en crue. De nombreuses disparitions sont signalées sur les quais. Attiré par un chant aussi étrange que beau, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène blessée, inanimée sous un pont de Paris.
Il décide de la ramener chez lui pour la soigner, mais tout ne se passe pas comme prévu. La sirène explique à Gaspard que les hommes qui entendent sa voix tombent si intensément amoureux d’elle qu’ils en meurent tous en moins de trois jours. Quant à elle, il lui sera impossible de survivre longtemps loin de son élément naturel… 

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L’annonce d’un nouveau titre de Mathias Malzieu entraîne toujours une excitation attendue. Je me demande toujours dans quel univers merveilleux va-t-il nous transporter. D’avance, je sais que la plume poétique de l’artiste sera au rendez-vous. Mais Une sirène à Paris est une nouvelle fois une tendre surprise bien vite devenue un coup de cœur.

Sur les bords de la Seine, Gaspard Snow découvre le corps d’une sirène. L’étonnement passé, il décide de ramener la créature dans sa salle de bain afin de la soigner. Cependant, il va de soi qu’une sirène ne peut faire bon ménage dans un logement aussi étroit. Comme tout bon surprisier, Gaspard n’est pas au bout de ses surprises.

La sirène se fait si rare dans la littérature contemporaine. Et pourtant, cette créature est le cœur de ce conte merveilleux. Comme le mythe le veut, à l’écoute du son de sa voix, les hommes tombent irrémédiablement amoureux d’elle. Un charme bien mortel, excepté pour Gaspard, persuadé de rester insensible à la belle Lula. Son immunité lui permet de s’occuper au mieux de cette dernière qui apprend à vivre avec un humain. De suite l’intrigue de l’histoire devient évidente : le héros sauve la pauvre créature, la soigne et la libère. Fin. Toutefois, l’auteur laisse courir son imagination et l’histoire est bien plus que cela. À la lecture, j’ai eu le sentiment d’être aux côtés des deux protagonistes, de les voir évoluer, apprendre à se connaître, se tester et puis nouer un lien profond. 

« Surprisiers : ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde – du moins le leur, ce qui constitue un excellent début. »

Gaspard est le héros idéal. Blessé par une précédente relation amoureuse, il est persuadé que la vie n’a plus rien à lui apporter, outre le Flowerburger, son cabaret dissimulé au fond de la coque de la péniche de sa grand-mère, dont il a hérité. Personnage fantastique, Gaspard est quelque peu naïf et idéaliste. À l’instar de Lula qui est loin d’incarner la petite sirène enfantine. Elle est monstrueuse, destructrice mais trouve une part d’humanité en elle grâce à Gaspard et au lien qu’ils ont créé. Je tiens à saluer Rossy, la voisine un peu trop curieuse de Gaspard qui apporte la touche de lumière et d’humour de ce roman. 

Comme les autres œuvres de l’auteur, la lecture est ici un moment privilégié. Mathias Malzieu surprend avec sa mélancolie tendrement mêlée à la poésie. Toute la beauté de l’écriture est présente avec cet art des figures de style mais surtout cette mélodie qui lie les mots entre eux. 

Un coup de cœur surgit toujours dès les premières pages. Peut-être ai-je un peu de sang de surprisier en moi pour avoir autant apprécié ce roman. Une sirène à Paris est un conte mystérieux et incroyablement beau. 

Manifesto

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Manifesto

Léonor de Récondo

Sabine Wespieser

179 pages

 

Quatrième de couverture

« Pour mourir libre, il faut vivre libre. » La vie et la mort s’entrelacent au cœur de ce « Manifesto » pour un père bientôt disparu. Proche de son dernier souffle, le corps de Félix repose sur son lit d’hôpital. À son chevet, sa fille Léonor se souvient de leur pas de deux artistique – les traits dessinés par Félix, peintre et sculpteur, venaient épouser les notes de la jeune apprentie violoniste, au milieu de l’atelier. L’art, la beauté et la quête de lumière pour conjurer les fantômes d’une enfance tôt interrompue.
Pendant cette longue veille, l’esprit de Félix s’est échappé vers l’Espagne de ses toutes premières années, avant la guerre civile, avant l’exil. Il y a rejoint l’ombre d’Ernest Hemingway. Aujourd’hui que la différence d’âge est abolie, les deux vieux se racontent les femmes, la guerre, l’œuvre accomplie, leurs destinées devenues si parallèles par le malheur enduré et la mort omniprésente.
Les deux narrations, celle de Léonor et celle de Félix, transfigurent cette nuit de chagrin en un somptueux éloge de l’amour, de la joie partagée et de la force créatrice comme ultime refuge à la violence du monde. 

 

Mon avis 

Léonor de Récondo ou l’auteure mystérieuse que j’admirais secrètement avant même d’avoir lu une de ses œuvres. J’ai souhaité lire Manifesto avant de découvrir les autres pour la symbolique de cet ouvrage. Ce fut une douce et touchante lecture. 

Dans la chambre d’hôpital, au chevet de son père Félix, Léonor se souvient de cet homme artiste dont la vie fut riche en créations. À son tour Félix se voit assis sur un banc aux côtés d’Ernesto se remémorant les vies qu’ils ont vécu.

« Le temps est long, il est extensible, n’a pas de durée définie, et pourtant il s’arrêtera. »

Ce huis clos est un véritable havre de paix, de douceur, de souvenirs. Les courts chapitres relatent deux histoires, deux points de vue : celui d’un père aimant et celui d’une fille admirative. Félix échange avec Ernest Hemingway, Ernesto, sur la guerre, les femmes, l’art. Des sujets aussi forts que marquants qui ont pourtant construit les deux amis. Puis Léonor nous fait part de ses sentiments vis-à-vis de la lente chute de son père. Ce texte, ce manifeste, est loin d’être triste, bien au contraire il traduit tout l’amour d’une fille pour son père. 

Il est étrange de parler de personnages en sachant qu’il est question de personnes vivantes ou qui ont existé. L’auteure est ici narratrice et se met aussi en scène dans son propre vécu. Cela est fort perturbant et pourtant, c’est ce qui fait toute la force de cette œuvre. Félix et Ernesto sont deux vieux messieurs touchants qui nous parlent d’un passé éteint. Ce trio est parfait, solide et complet.

« Je dessine et je sculpte sans cesse des corps, mon paysage intérieur est surpeuplé, foule dense, désespérée souvent. »

Dès les premières lignes j’ai été subjuguée par les mots, les phrases de Léonor de Récondo. Son écriture est d’une délicatesse percutante. C’est comme si les mots venaient d’eux-mêmes pour danser sur le papier au rythme de la mélodie de la vie de Félix. C’est une écriture, certes talentueuse, à l’image de son auteure, mais d’une rareté surprenante, comme on en lit trop peu aujourd’hui.

Manifesto est une très belle réussite, un merveilleux hommage et une émouvante découverte. Un titre a ajouté sur la pile des petites perles rares de la littérature contemporaine. 

Caraval, tome 2 : Legendary

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Caraval, tome 2 : Legendary

Stephanie Garber

Bayard

534 pages

 

Résumé 

Après avoir sauvé sa sœur, Scarlett, d’un mariage désastreux, Donatella reçoit la lettre d’un mystérieux ami avec qui elle passe un marché. Si elle lui livre le vrai nom de Légende, le maître du jeu Caraval, il l’aidera à retrouver Paloma, leur mère, qu’elles n’ont pas vue depuis huit ans. Mais si elle ne respecte pas son engagement, la jeune fille perdra tout ce qui compte pour elle, peut-être même sa vie…

Quand une nouvelle édition du jeu est organisée à Valenda pour les 70 ans de l’impératrice Élantine, Donatella doit y participer pour remplir sa mission. Dès son arrivée, les ennuis commencent… La jeune fille devra faire preuve de ruse et de courage afin de gagner cette nouvelle partie… 

 

Mon avis

Deuxième tome de la trilogie Caraval, Legendary est à la hauteur de son prédécesseur, si ce n’est bien au-dessus. Visuellement, ce roman est magnifique et replonger dans le fourbe univers de Caraval a été un très grand plaisir.

Pour les 70 ans de l’impératrice Élantine, une édition spéciale de Carnaval est organisée. Donatella et sa sœur Scarlett se rendent à Valenda afin d’y participer une nouvelle fois. Cependant, Tella a pour mission de livrer la véritable identité de Légende à son mystérieux correspondant pour qu’il l’aide à retrouver sa mère, Paloma. La partie peut alors commencer … 

Avant de s’intéresser à l’intrigue, attardons-nous sur le monde extraordinaire de Caraval. Tout n’est que mystère, fourberie, mensonge, trahison et magie. Plonger dans Caraval est comme déambuler en plein rêve éveillé. Pendant plus de 500 pages, le temps s’arrête et nous sommes ailleurs. L’atmosphère de ce roman est évidemment renforcée par la riche intrigue qui nous captive jusqu’au dernier mot. En effet, dans ce roman, on attend de découvrir le véritable nom de Légende qui, à coup sûr, se révèlera être une grande surprise, ainsi que le lieu où se trouve la mère de Scarlett et de Tella. Nouvelle intrigue, nouveau décor : Valenda est truffée d’énigmes, c’est la mine d’or du faux. 

« La clé d’une comédie telle que celle-ci, c’est d’oublier qu’il s’agit d’une mise en scène. Invite le mensonge à jouer jusqu’à ce que tu te l’appropries et qu’il devienne la vérité. » 

Dans ce tome, Tella est la principale héroïne, c’est elle qui mène la danse. Quelle belle surprise de découvrir une jeune femme beaucoup plus forte que dans l’aventure précédente où elle était plus effacée. Sa bravoure est remarquable au point de la rendre bien plus intéressante que son aînée Scarlett qui fait pâle figure. L’arrivée de nouveaux personnages est un régal notamment Jacks qui est incroyablement fascinant. Mais le plus étonnant reste bien évidemment Légende et tout le mystère qui règne autour de lui.

Dans Legendary, Stephanie Garber a choisi d’introduire un autre fond à son intrigue : les Fatalités. Ces dernières sont le fil conducteur et reflètent toute l’ingéniosité dont faire preuve l’auteure pour alimenter son univers fantastique. Il va de soi qu’à la lecture, les émotions se bousculent pour se conclure par la frustration d’avoir terminé son livre. 

Legendary est tout simplement grandiose. Le génie de ce monde où tout n’est que jeu et manipulation devrait être connu de tous. L’attente de la conclusion de la trilogie va être longue. 

Héros, tome 1 : Le Réveil

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Héros, livre 1 : Le Réveil

Benoît Minville

éditions Sarbacane

306 pages

 

Quatrième de couverture 

Ils grandissent au pied du Morvan, entre ville et village. Matéo, diamant à l’oreille, Richard, la tête rentrée dans les épaules, et l’inénarrable, insupportable, inarrêtable José.
LEUR PASSION : la légendaire BD « Héros », dont ils attendent chaque mois le nouveau numéro.
LEUR RÊVE : publier leur propre série, inspirée de cet univers fascinant et occulte. Après tout, la saga a bien été créée dans leur région, alors… pourquoi pas eux ?
Mais un soir, tandis qu’ils planchent dans leur repaire, un homme apparaît comme par magie, blessé à mort ; juste avant de s’effondrer, il tend à Richard une étrange fiole…

 

Mon avis 

Une couverture qui attise la curiosité, un résumé prometteur, il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans l’aventure Héros.

Amateurs de bandes dessinées et surtout de Héros, une BD publiée mensuellement, Richard, Matéo et José s’inspirent de cet univers qu’ils adorent pour créer leur propre saga. Souvent ils se retrouvent dans leur repaire pour dessiner et écrire, jusqu’au fameux soir où un homme blessé les trouve et donne une petite fiole à Richard. Une course-poursuite suit et l’univers de la BD des trois héros prend des allures de réalité. 

Ce roman est tout simplement extraordinaire. Les premières pages sont quelque peu difficiles à suivre et semblent incomplètes, cependant, l’action est présente dès le début donc tout s’enchaîne et le rythme devient rapidement haletant. L’histoire de nos trois protagonistes est vraiment plaisante à suivre surtout pour l’univers créé autour de la BD Héros qui reflète étrangement la réalité, ce qui est tout l’intérêt du récit. Outre la part fantastique du roman, on suit leurs histoires familiales, plus ou moins roses, ainsi que l’évolution de José, de Matéo et de Richard. 

Des trois personnages, j’ai eu une préférence pour Richard qui a un côté protecteur notamment envers sa petite sœur, et un côté plus fragile dû aux diverses tragédies dont il a été victime. Étonnamment, sa réaction suite au profond changement dans sa vie est à l’image de son caractère. Puis il y a José. Ce personnage est certes agaçant, mais on ne peut que l’adorer tant il est excessif. Quant à Matéo, il permet à ce triangle de rester souder. Leur lien tient grâce à leur passion qui est transmise au lecteur. 

Benoît Minville n’est pas à son coup d’essai en matière de roman. Auteur de polars, on sent dans Héros qu’il laisse monter la tension. J’ai beaucoup apprécié l’aisance de son écriture et son sérieux. À diverses reprises il fait référence à l’univers de Lovecraft ainsi que, plus largement, à l’univers des comics américains. Plonger dans Héros, roman et bande dessinée fictive, devient vite addictif. 

Ce roman est un gros coup de cœur. Véritable sans-faute, son intrigue et ses personnages ne laissent pas indifférent. Vivement la suite ! 

Mon ombre assassine

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Mon ombre assassine

Estelle Tharreau

Éditions Taurnada

260 pages

 

  • Résumé 

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

 

  • Mon avis 

Pour son quatrième roman, Estelle Tharreau nous entraîne dans une histoire beaucoup plus sombre que les précédentes, mais c’est certainement son récit le plus réussi. 

Nadège Solignac, institutrice appréciée de tous, parents et enfants, attend d’être jugée pour un crime qu’elle aurait commis. Simple victime ou véritable assassin ? 

Ce roman est une grande surprise, notamment pour son intéressante construction. Entre diverses coupures de journaux et auditions des témoins ou proches des victimes, nous remontons le temps afin de retourner dans l’enfance de Nadège pour comprendre comme elle est devenue qui est elle devenue… De plus, le narrateur n’est autre que Nadège elle-même, il est donc difficile de savoir si ce qu’elle nous dit est la vérité ou non. Tout au long de la lecture, l’incompréhension, la gêne, parfois le dégoût accompagnent le lecteur. 

« Le pire des monstres peut être réduit à néant lorsqu’il sent la faucheuse rôder autour de lui. »

Nadège est un personnage comme on en rencontre peu : elle est fascinante tant elle est dérangeante. Son passé est lourd ce qui pousse à la confusion car on veut vraiment la plaindre, mais plus elle grandit, plus Nadège devient effrayante donc il est difficile de compatir. Nadège est est un personnage à la psychologie très développée par son auteure ce qui est vraiment un point fort du livre. Elle est malsaine mais chétive à vous faire tourner la tête.

L’écriture de l’auteure est beaucoup plus affirmée ici, ce qui permet de la redécouvrir. Très axé sur l’esprit et la psychologie de son personnage, Estelle Tharreau crée un véritable monstre ce qui prouve la qualité de son travail.

Estelle Tharreau a réalisé une belle prouesse avec ce thriller captivant qui mettra mal à l’aise plus d’une personne. Je remercie les éditions Taurnada pour ce partenariat que j’ai beaucoup apprécié ! 

Le Signal

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Le Signal

Maxime Chattam

Albin Michel

742 pages

Quatrième de couverture 

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ? 

 

Mon avis

À chaque sortie d’un nouveau titre de Maxime Chattam, je suis au rendez-vous. L’attente du Signal était forte suite à toute la communication faite autour de ce roman. Une histoire au scénario d’un film d’horreur pour faire trembler le lecteur…

Tom, Olivia et leurs enfants Chad, Owen et Zoey, s’installent dans le paisible village de Mahingan Falls. Leur nouvelle demeure, la Ferme, est un petit coin de paradis. Mais la confusion surgit lorsque des rumeurs de sorcellerie, d’esprits et d’êtres effrayants commencent à se faire entendre. Cet éden espéré se transforme en un véritable enfer. 

« Les ombres abritaient des choses peu recommandables, épouvantables parfois. Les adultes mentaient. Les monstres arpentaient cette terre. Ils en avaient eu la preuve. »

Ce livre terrorisera plus d’une personne. Aux allures d’un conte de fées avec cette famille quasiment parfaite et ce paysage de rêve, la noirceur s’immisce peu à peu et un fantastique bien sombre prend vite le dessus. L’intrigue est très bien ficelée, le lecteur doit juste se laisser guider par la folle imagination non dissimulée de l’auteur. On ne peut savoir où celui-ci nous guide et lors de l’explication des faits, à la fin de l’ouvrage, c’est avec une véritable surprise que l’on referme le livre.

Les personnages sont nombreux et il faut un certain temps pour se familiariser avec tous ou du moins la plupart. J’ai beaucoup aimé la famille Spencer avec Olivia, femme active qui ne s’arrête jamais aussi bien au sein du foyer que dans sa vie professionnelle. Très complémentaire avec son mari Tom, ils sont le jour et la nuit, de fait, leur quotidien est plaisant à découvrir. Quant aux enfants, Chad et Owen, accompagnés de leurs amis Corey et Connor, ce sont quatre adolescents courageux qui vivent une aventure relativement incroyable, mais malgré tout, ils gardent une part d’enfance. 

« Dans un monde qui se désincarne de plus en plus, la quête de sens appelle à davantage de spiritualité. Hélas, pour certains, ce sont la peur, l’inculture, le désarroi qui les poussent à se réfugier dans la religion, et une poignée d’opportunistes manipulent les plus crédules, c’est le terrorisme. »

Comme pour chaque livre, le travail effectué par l’auteur est remarquable et se ressent au fil de la lecture. À travers certaines scènes, on retrouve de nombreuses références cinématographiques et littéraires telles celles du monde merveilleux de Tolkien. Mais celle que je retiens est la réécriture moderne de Ça de Stephen King. Durant la lecture, j’ai cru percevoir une troublante ressemblance avec de nombreux passages de ce roman culte. En outre, toutes les influences de Maxime Chattam se ressentent dans Le Signal. 

Ce récit d’épouvante est incroyable. Pendant plus de 700 pages, nous sommes dans un autre monde, transportés par la plume acerbe d’un Maxime Chattam, encore plus exceptionnel que jamais.