À la lumière du petit matin

 

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À la lumière du petit matin

Agnès Martin-Lugand

Michel Lafon

332 pages

 

Quatrième de couverture 

À l’approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l’âme qu’elle refuse d’affronter. Jusqu’au jour où le destin la fait trébucher… Mais ce coup du sort n’est-il pas l’occasion de raviver la flamme intérieure qu’elle avait laissée s’éteindre ? 

 

Mon avis 

Le nouveau Martin-Lugand est là. Dans la lignée des précédents, À la lumière du petit matin semble encore plus juste et touchant. 

Hortense est professeure de danse dans une école qu’elle dirige avec deux de ses amis, Sandro et Bertille. Acharnée dans sa passion, elle s’accorde néanmoins du répit dans les bras d’Aymeric dont elle partage une moitié de sa vie puisque c’est un homme marié et père de famille. Quand son confort s’écroule, Hortense se met à douter et doit faire des choix pour enfin vivre. 

Nouveau roman, nouvelle intrigue forte en émotions, peut-être un peu trop. Hortense est une femme passionnée par la danse et par l’homme qui est entré dans sa vie. La danse est la raison de vivre d’Hortense, cela la rend lumineuse. Elle brille également aux côtés d’Aymeric au cours des quelques heures qu’il lui accorde avant de rentrer chez lui auprès de sa femme et de ses enfants. Alors elle ferme les yeux et pardonne, malgré la souffrance, car elle est persuadée que sans Aymeric ni la danse, elle n’est rien. Cette intrigue est fragile. On peut aisément saisir la péripétie venant bousculer la vie presque paisible d’Hortense, quasiment dès le début de la lecture. Comme on comprend ce qu’il va se passer entre elle et Élias. Mais ce n’est pas grave, parce qu’on souhaite le bonheur d’Hortense. Et puis, ce fut tellement paisible de passer quelques instants dans le calme de la Bastide.

« C’est comme ça, dans la vie, il y a des rencontres, qui ne doivent rester que des rencontres. »

À l’image des autres personnages féminins des romans de l’auteure, Hortense est forte, c’est une battante, une femme blessée qui veut s’en sortir et vivre. J’ai beaucoup aimé les personnages dans leur totalité avec une petite préférence pour Sandro et Mathieu qui apportent de la bonne humeur à l’histoire. Élias est plus énigmatique mais sa détresse est relativement saisissante.

J’ai été séduite par la danse que décrit Agnès Martin-Lugand. Cet univers qui m’est si cher est représenté d’une belle manière. J’ai souffert avec Hortense. Ses doutes, ses sentiments, ses décisions, tout cela est si fort mais fait également beaucoup de bien. 

Ce roman est encore une belle histoire de l’auteure accompagné d’une remise en question et d’une douce leçon de vie.

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Béatrix

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Béatrix

Balzac

Folio 

535 pages

 

Quatrième de couverture

L’éducation sentimentale d’un jeune homme, Calyste du Guénic, « magnifique rejeton de la plus vieille race bretonne » (l’action commence à Guérande), et le douloureux vieillissement d’une femme de lettres, Félicité des Touches, qui, après avoir hésité devant un dernier amour, achèvera dans un couvent l’ « ardente aridité » de sa vie. George Sand a inspiré le personnage de Félicité. Marie d’Ajout et Liszt ceux de la marquise de Rochefide, « Béatrix », et de son amant, le musicien Conti, qu’elle a autrefois volé à Félicité. Entre ces quatre êtres se joue un drame subtil et dangereux dans lequel Pierre Gascar voit « l’expression la plus achevée du romantisme balzacien » et qui résume les problèmes de la condition féminine au XIXe siècle.

 

Mon avis 

Je pensais m’égarer dans la douceur de Béatrix, mais nous sommes loin du Rêve de Zola malgré les ressemblances évidentes des deux protagonistes. C’est un roman initiatique, un drame sentimental.

« Je vous dirai, mon ami, que les femmes sont parfois mauvaises ; mais elles ont des grandeurs secrètes que jamais les hommes ne sauront apprécier. »

Le jeune Calyste de Guénic est fasciné par la grande Félicité des Touches, une femme de lettres savante, un peu garçonne, beaucoup plus âgée que lui, mais dont il va s’éprendre jusqu’à sa rencontre avec l’incroyable et la fougueuse Béatrix qui viendra longtemps le hanter. 

Ô chère Bretagne, doux lieu que Balzac a choisi pour son intrigue. Une Bretagne dépaysante dont les descriptions donnent le sentiment d’être ailleurs, très loin. C’est tout un drame que dépeint ici Balzac avec son talent habituel. Trois grandes parties viennent installer le décor, présenter les personnages, annoncer l’intrigue et son malheur inévitable. Flaubert n’est pas le seul pouvant écrire l’éducation sentimentale de son héros puisque Balzac le fait encore plus finement. Calyste apprend à aimer et apprend de ses erreurs. Les femmes sont plus terribles les unes que les autres, mais la passion semble les ramener à la raison.

« La beauté, ma chère, est le génie des choses ; elle est l’enseigne que la nature a mise à ses créations les plus parfaites, elle est le plus vrai des symboles, comme elle est le plus grand des hasards. »

Calyste est décrit comme un être raisonnable, attentif, d’une beauté divine, mais d’une candeur qui lui cause bien des souffrances. Entre éducation sentimentale et éducation savante, Calyste suit une ascension brillante. Son innocence reste si excessive qu’elle nous fait éprouver de la peine à son égard. Elle est toutefois atténuée par la rivalité entre Félicité et Béatrix. Envoutantes et cruelles, ces deux femmes sont d’un caractère remarquable qui comporte néanmoins quelques faiblesses. 

La première partie intitulée « Les Personnages » est la subtilité de l’œuvre tant elle est une introduction parfaite avec les éternelles descriptions balzaciennes venant mettre l’eau à la bouche. C’est une passion forte, unique, étouffante, renversante que nous décrit l’auteur. Nous sommes dans l’attente, dans le doute : est-ce que Calyste va s’en sortir de ses émois amoureux ? Quant à la justesse de la plume de Balzac, elle vient nous heurter de plein fouet.

« Ce n’est pas l’espérance, mais le désespoir qui donne la mesure de nos ambitions. On se livre en secret aux beaux poèmes de l’espérance, tandis que la douleur se montre sans voile. »

Béatrix est à lire, à relire, à dévorer, afin de vous hanter comme elle est venue hanter Calyste. 

Le Fruit de ma colère

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Le Fruit de ma colère

Mehdy Brunet

Éditions Taurnada

230 pages

 

  • Résumé 

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé. Il faut faire vite, agir rapidement. Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. 

Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. Et s’il était déjà trop tard ?

 

  • Mon avis 

Le premier livre de Mehdy Brunet, Sans raison…, m’avait séduite. À l’annonce d’un nouveau roman, je fus assez impatiente de le lire. Le Fruit de ma colère suit la lignée du premier thriller addictif de l’écrivain. 

Le frère jumeau de Paul Ackerman a mystérieusement disparu. Ce dernier se voit demander de l’aide à Josey Kowalsky, à qui il a déjà eu affaire dans le passé. Sans le savoir, ils se lancent dans une enquête dont ils ne mesurent pas encore l’ampleur. Quand la vengeance est un motif principal, rien ne semble pouvoir arrêter les oppresseurs.

Dans ce nouveau roman nous retrouvons le protagoniste de Sans raison…, Josey Kowalsky. Mais ici, il n’est pas au centre de l’action. Paul Ackerman n’a aucune nouvelle de son frère jumeau Éric avec qui il s’entend pourtant très bien. Ancien flic, Paul est secondé par Josey qui sort doucement de la tragédie qu’il a vécu. Au fil de l’enquête, notre duo réalise qu’ils font face à quelque chose qui les dépasse, ils ne semblent à l’abri nulle part. Puis ils vont rencontrer Léa, une jeune femme qui va les aider dans leur affaire. Ce roman est un thriller, pas aussi terrifiant que le premier de l’auteur, mais dérangeant à sa façon. L’envers du décor est perturbant. En tant que femme, je comprends les ambitions de ces femmes qui cherchent à se venger de la violence des hommes qu’elles ont subit. Mais tout ceci est d’une ampleur vraiment effrayante.

« Nous devons, à terme, l’éradiquer pour prendre possession de ce monde et ne garder que les spécimens choisis pour le renouvellement de la race. »

Le duo Paul-Josey fonctionne très bien parce que ce sont deux hommes détruits. Ils sont tous les deux têtus et rien ne semble pouvoir les arrêter. Sauf peut-être l’arrivée de Léa. Charmante et délicate, Léa a toute l’attention de Paul qui n’est pas aussi intouchable qu’il en a l’air. Mais avec ces trois personnages, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Quel plaisir de retrouver le style direct, franc de l’auteur qui nous pousse à ne pas arrêter la lecture. L’écriture est toujours aussi accrocheuse avec des thèmes forts. Entre violence, colère, vengeance, nous sommes pris dans une tornade étouffante, mais il y a quelque chose de malsain tant c’est addictif et passionnant.

Le Fruit de ma colère peut être considéré comme la suite de Sans raison… bien que ces deux livres peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre. Je remercie les éditions Taurnada et Joël pour ce partenariat. Mehdy Brunet écrit une nouvelle fois un thriller à couper le souffle. J’espère qu’il y aura une suite à tout cela…

Vers la beauté

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Vers la beauté

David Foenkinos

Gallimard

222 pages

 

Quatrième de couverture 

Antoine Duris est professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu’il vient d’éprouver. Pour survivre, cet homme n’a trouvé qu’un remède, se tourner vers la beauté. Derrière son secret, on comprendra qu’il y a un autre destin, celui d’une jeune femme Camille, hantée par un drame. 

 

Mon avis

Depuis plusieurs années je considère David Foenkinos comme mon auteur contemporain préféré, écrivain que j’admire depuis Charlotte, roman qui a changé ma vie et qui me hante toujours. J’attendais avec une grande impatience la sortie de son dernier titre. Vous n’imaginez pas l’excitation de l’avoir enfin. J’ai eu ce pressentiment à la vue du titre et du tableau de Modigliani que je ne pouvais qu’aimer ce livre. 

« Nous sommes un sujet, et subitement on ne veut plus de vous. Le hors-sujet, c’est la mort. »

Au musée d’Orsay se trouve un étonnant gardien de salle. Nouveau à son poste, Antoine Duris a quitté sa vie lyonnaise, son travail de professeur aux Beaux-Arts, pour Paris. Cet homme mystérieux et passionné de Modigliani n’est pas dans une simple reconversion professionnelle. Antoine veut fuir son passé qui le hante. Pour cela, il se laisse emporter par la beauté.

Roman en quatre parties qui nous fait voyager entre le passé et le présent, entre les divers personnages liés au même homme : Antoine Duris. Plongé dans sa solitude, il ne veut pas parler de son passé et des raisons qui l’ont poussé à quitter Lyon. Pourquoi ce professeur renommé devient-il un simple gardien de salle ? La beauté se perçoit à travers ce métier et la salle qu’il garde : l’une qui est consacrée à l’exposition Modigliani. Mais elle est surtout symbolisée comme étant un remède à la souffrance, un apaisement, un moyen pour se réparer soi-même. Au-delà de la dimension artistique et de la beauté se trouve la laideur, l’envers du décors avec le harcèlement sexuel que subissent les femmes, ou dans ce cas, Camille.

Je ne peux m’empêcher de faire des parallèles avec Charlotte avant tout parce qu’il est question d’art avec ces deux romans. Mais j’ai également eu l’impression de retrouver ce rapport d’apprentissage de la peinture entre deux personnages et l’importance de croire en soi. Charlotte est présente entre les lignes telle l’ombre de Camille.

« On aime ce qui est aimé par ceux qu’on aime. »

J’ai apprécié que tous les personnages jouent un rôle dans l’histoire et d’en savoir un peu sur la vie de chacun, jusqu’aux détails les plus infimes. J’ai adoré le personnage d’Antoine pour sa grande discrétion, son important savoir et sa passion pour l’art. Il forme une belle association avec la peinture. Le personnage de Camille crée un sentiment d’insécurité et de malaise. Cette jeune femme talentueuse qui n’est pas épargnée par la vie est dotée d’une force remarquable. Et le lien unissant ces deux êtres est d’une rare beauté.

À travers les 222 pages de ce roman, j’ai retrouvé la plume poétique et si touchante qui m’avait emportée dans Charlotte. Ici, l’émotion et la violence ne font qu’une et c’est pour cette raison que ce livre est quelque peu dérangeant. À sa manière David Foenkinos glisse de l’humour pour apporter de la couleur au sombre tableau qui nous dépeint.

« Les tristesses s’oublient avec Botticelli, les peurs s’atténuent avec Rembrandt, et les chagrins se réduisent avec Chagall. »

Vers la beauté cause un certain choc. De fait, je ne peux que saluer, encore et toujours, le talent de l’auteur qui a une nouvelle fois réalisé une merveille, une véritable œuvre d’art.

Merci Monsieur Foenkinos.

« La beauté demeure le meilleur recours contre l’incertitude. »

Eugène Onéguine

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Eugène Onéguine

Alexandre Pouchkine

Babel

379 pages

 

Quatrième de couverture par André Markowicz

« Placé du côté de la légèreté, du sourire, le roman de Pouchkine est unique dans la littérature russe : il n’apprend pas à vivre, ne dénonce pas, n’accuse pas, n’appelle pas à la révolte, n’impose pas un point de vue, comme le font, chacun à sa façon, Dostoïevski, Tolstoï, ou, plus près de nous, Soljénitsyne et tant d’autres, Tchekhov excepté…

En Russie, chacun peut réciter de larges extraits de ce roman-poème qui fait partie de la vie quotidienne. À travers l’itinéraire tragique d’un non-concordance entre un jeune mondain et une jeune femme passionnée de littérature, il est, par sa beauté, par sa tristesse et sa légèreté proprement mozartiennes, ce qui rend la vie vivable. »

 

Mon avis

Eugène Onéguine est la plus grande œuvre de Pouchkine. Sa renommée vient de sa particularité : il s’agit d’un roman écrit en vers. Une forme étonnante et d’une beauté à retourner l’esprit. 

La jeune Tatiana est séduite par ce cher Eugène Onéguine. Afin de lui déclarer sa flamme, elle lui écrit une lettre qui n’aura aucun effet sur lui, outre un profond désintérêt. Grandement blessée, Tatiana se doit de surmonter sa peine. Quelques années après, Eugène revoit cette jeune femme dont il tombe irrémédiablement sous le charme, ce qui classe cette histoire parmi les plus tragiques.

Ce roman en vers et en huit chapitres raconte la plus belle et la plus triste des histoires d’amour. Les deux protagonistes ne connaitront jamais la joie de vivre leur relation au grand jour. C’est tour à tour qu’ils vont se chercher sans jamais se trouver. Tout n’est qu’un jeu de séduction, d’ignorance, de sentiments et de rejet. Bien que l’aventure des deux amants soit le sujet central de ce texte, Pouchkine se permet, parfois avec humour, de dépeindre d’autres personnalités et petites intrigues également intéressantes.

« Là, dans la chambre solitaire,

Comme arrachée à notre terre,

Enfermée seule tout à coup,

Elle pleura, longtemps, beaucoup.

Puis elle examina les livres.

D’abord, ce fut distraitement,

Mais, peu à peu, l’assortiment

Lui en parut étrange. A suivre

Titre après titre, alors, s’ouvrit

Un monde neuf pour son esprit. »

Aussi différents soient-ils, Tatiana et Eugène suivent une évolution à l’inverse l’une de l’autre. L’indifférence d’Onéguine est blessante, même pour le lecteur. Mais ce personnage révèle, notamment à la fin du roman, un trait touchant de sa personnalité. Il n’est plus cet homme si fier et insensible du début. Quant à elle, Tatiana se voit devenir fragile suite au rejet d’Eugène. Cependant, suite au brillant retournement de situation, c’est une autre femme qui apparaît. Une Tatiana plus sûre d’elle, plus forte et surtout capable de résister à son ancien amour.

Il est certain que toute la beauté de cette œuvre réside dans sa forme unique et désarmante. Une histoire sous la plus admirable des formes poétiques, avec des rimes à la douce résonance. Seul Pouchkine pouvait réaliser cette prouesse littéraire. Les vers nous entraînent sur un chemin incertain et nous offre une lecture à la fois hachée et envoutante.

Comment ne pas aimer cette œuvre magnifique, bijou de la littérature russe et classique.

La Mort heureuse

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La Mort heureuse

Albert Camus

Folio

172 pages

Quatrième de couverture 

« Je suis certain qu’on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n’aime ni la facilité ni le romantisme. J’aime à me rendre compte. Eh bien, j’ai remarqué que chez certains êtres d’élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l’argent n’est pas nécessaire au bonheur. C’est bête, c’est faux, et dans une certaine mesure, c’est lâche. »

 

Mon avis

C’est toujours avec appréhension que je lis la première œuvre d’un grand auteur. De fait, dans la continuité de ma découverte (qui n’en est plus une) de la bibliographie de Camus, j’ai décidé de lire son premier roman.

Patrice Mersault est à la recherche du bonheur qui, selon lui, trouve sa source dans l’argent et la richesse. Il décide de tuer Zagreus, un homme infirme, qui doit forcément être heureux puisqu’il est riche. Mais Meursault réalise que pour l’être à son tour, il va lui falloir du temps et de la patience.

« Le monde ne dit jamais qu’une seule chose. Et dans cette vérité patiente qui va de l’étoile à l’étoile, se fonde une liberté qui nous délie de nous-mêmes et des autres, comme dans cette autre vérité patiente qui va de la mort à la mort. »

Ce premier roman dit inachevé est d’une richesse incroyable. Il se compose de deux parties : la première porte sur le bonheur et la seconde sur son application, c’est-à-dire sur la manière d’atteindre cet état d’épanouissement à long terme. En outre, le personnage principal, Patrice Mersault, se lance dans une quête du bonheur avec un certain détachement. Toutefois, ses nombreuses réflexions sur la vie, la mort ou encore la solitude sont d’une exactitude étonnante et annonciatrices des textes futurs de l’auteur. Un roman qui fait donc écho à L’Étranger pour son action assez indifférente, mais qui ne nous fait pas tomber dans l’ennui.

« Crois-moi, il n’y a pas de grande douleur, pas de grands repentirs, de grands souvenirs. Tout s’oublie, même les grandes amours. C’est ce qu’il y a de triste et d’exaltant à la fois dans la vie. Il y a seulement une certaine façon de voir les choses et elle surgit de temps en temps. C’est pour ça qu’il est bon quand même d’avoir eu un grand amour, une passion malheureuse dans sa vie. Ça fait du moins un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés. »

Quel protagoniste merveilleux ! Mersault est un être décalé par rapport aux autres, il ne semble pas être fait pour son époque, pour la société dans laquelle il vit. Sa complexité réside dans les relations qu’il entretient avec les autres personnages. Ces derniers sont à la fois un prétexte pour combler sa solitude, mais aussi une façon de la retrouver en s’éloignant volontairement d’eux. Mersault n’a pas besoin d’autrui pour vivre ou être heureux, seule sa personne lui permet d’être plus ou moins comblé.

Le texte ou les personnages ne sont pas ce qu’il y a de plus remarquable dans ce roman. C’est avant tout l’écriture de Camus qui le rend prodigieux. On dirait qu’il y a une double écriture. En effet, quand il est question des réflexions sur les thèmes évoqués précédemment, les phrases sont plus longues avec une construction riche aussi bien pour la forme que pour le fond. Cependant, les dialogues et les descriptions sont plutôt brefs. On ne peut que percevoir l’importance que Camus accorde aux idées développées ici et que l’on retrouvera dans ses autres œuvres.

« Et leur cœur de douleur et de joie sait entendre cette double leçon qui mène vers la mort heureuse. »

La Mort heureuse est une lecture troublante, certainement l’une des plus intéressantes de Camus.

Bilan février 2018

Février a été encore plus fructueux que janvier. Quel plaisir de pouvoir enchaîner les lectures et d’arriver à les varier au maximum.

 

Une déception, un avis mitigé

 

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Est-ce l’histoire ou le style de l’auteure que je n’ai pas aimé ? Telle est la question, en tout cas cette lecture fut terrible. Toutefois, je tiens à préciser que la série est fort mieux que le livre !

 

 

 

 

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L’enthousiasme était présent au début de la lecture, puis je me suis lassée. Trois nouvelles qui semblent un peu vides alors que les sujets étaient intéressants.

 

 

 

 

Les bonnes lectures

 

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Diana est toujours perdue dans son rôle de déesse de la guerre. C’est sans compter que tout va mal autour d’elle : de nouveaux ennemis, ses problèmes avec Donna persistent, d’ailleurs, une rédemption est-elle possible pour cette dernière ?

 

 

 

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Ça commençait de devenir quelque peu redondant avec les dieux de l’Olympe. Contente que l’année 4 soit terminée. Toutefois j’ai beaucoup apprécié le court chapitre « La Tranchée ».

 

 

 

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Une aventure totalement folle où l’on ne s’ennuie pas. Ce conte aux réflexions stupéfiantes est racontée avec un humour décalé.

 

 

 

 

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Francesca Zappia revient avec un roman touchant qui rappellera des souvenirs à plus d’un. Entre anonymat et popularité sur internet, deux personnalités en une :  un belle lecture à découvrir.

 

 

 

 

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Les dessins sont remarquables, tout est dans le jeu des couleurs, entre lumière et ombre. L’intrigue est surprenante avec cette valise pleine de mystères qui auraient mérité d’être approfondis.

 

 

 

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Quelle plume délicate pour cette brève histoire qui nous plonge au cœur d’un tableau et dans les secrets d’une femme passionnante.

 

 

 

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Un naufrage unique, une comédie dans laquelle les rôles sont inversés. Une pièce plaisante à lire.

 

 

 

 

Les très bonnes lectures 

 

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Une nouvelle mélancolique avec un personnage éponyme qui vit dans l’illusion jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux.

 

 

 

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Modiano et le théâtre, quelle association parfaite ! L’ascension des souvenirs se poursuit avec cette pièce.

 

 

 

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Après Gotham, Nightwing s’installe dans une autre ville : sa ville, Blüdhaven, qui n’est pas à l’abris des malfrats. Les Échappés sont des personnages intéressants qui auraient mérité un peu plus de place.

 

 

 

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Ce roman nous confronte à l’attente et à une mère de famille qui donne à son fils un amour démesuré.

 

 

 

 

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Notre petite narratrice Hazel est plus grande ce qui devient encore plus intéressant. Toutefois j’ai eu l’impression que ce tome est le calme avant la tempête.

 

 

 

 

Les coups de cœur 

 

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Ce roman-essai nous entraîne au cœur de l’Amazonie. Un voyage unique, époustouflant et inoubliable sur les traces de Fawcett et de Z.

 

 

 

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Un tome central pour cette saga car il présente l’éloignement des parents d’Hazel ainsi que de nouvelles alliances surprenantes.

 

 

 

 

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Après six tomes, l’intrigue tourne en rond. Et pourtant, j’ai adoré ce septième tome dans lequel les dieux de l’Olympe prennent part au combat. nous sommes dans une folie totale.

 

 

 

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Belle comédie sur l’art et les sentiments entre douceur, justesse et fragilité. Des personnages touchants et surprenants.

 

 

 

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Les mots d’Andrée Chedid résonnent encore une fois après que le recueil soit fermé. Une poésie délicate, une merveille.

 

 

 

 

Du côté des films et des séries

 

Février fut le « mois Woody Allen » avec Blue Jasmine où Cate Blanchett est remarquable dans son personnage détestable et Magic in the Moonlight qui est une comédie dont le scénario manque un peu de rigueur. Heureusement, j’ai succombé à Minuit à Paris qui d’une beauté et richesse formidables. J’ai enfin regardé Coco, un Disney qui change et dont le rythme est plutôt sympathique. J’ai été légèrement déçue par Mommy, dont la fin est néanmoins perturbante. Mais le film du mois est Swiss Army Man. Pendant les dix premières minutes on se demande ce qu’on regarde, puis on se laisse transporter par cette invraisemblable histoire.

Je suis tombée sur Death Note, j’ai regardé et enchaîné les épisodes, j’ai adoré, un peu trop et puis la fin est arrivée.. quelle tristesse. Comme je l’ai mentionné plus haut, The Handmaid’s Tale est une série incroyable, tellement mieux que le roman ! À regarder absolument !

 

En bref…

 

Le mois le plus court de l’année fut d’une incroyable richesse littéraire. Comment pouvoir faire mieux ?…

Bon mois de mars 🌸