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A propos justinsunrise

Étudiante en Licence de Lettres Modernes, vouant un culte à Zola et Vian, bâtissant un édifice à J.K.Rowling. Nulla Dies Sine Linea

Les Rêveuses

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Titre : Les Rêveuses

Auteur : Frédéric Verger 

Éditions : Gallimard

444 pages

 

  • Quatrième de couverture :

Mai 1940. Les armées de Hitler écrasent la France. Peter Siderman, un jeune Allemand de dix-sept ans engagé dans l’armée française, prend l’identité d’un mort pour échapper aux représailles. Prisonnier, il croit avoir évité le danger quand on lui annonce qu’on va le libérer et le reconduire dans sa famille. Comment sera-t-il accueilli chez ces gens qui ne le connaissent pas ?

  • Mon avis :

Sélectionné pour le Goncourt 2017 il ne passe malheureusement pas le deuxième cap. Un récit de guerre mais pas uniquement. Il est surtout question d’identité, de quête de soi, le tout écrit sous la douce et élégante plume de Frédéric Verger. 

Pour survivre à la guerre, Peter Siderman vole l’identité d’un mort, Alexandre d’Anderlange. La survie qu’il s’octroie se transforme vite en cauchemar lorsqu’il est envoyé à Bray dans la famille d’Alexandre, famille qu’il ne connaît pas. Peter va devoir jouer un rôle et devenir un autre.

« Il était persuadé que l’alliance de l’atroce et du ridicule constitue le fond de la vie. »

L’intrigue de ce roman qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale tourne autour de l’usurpation d’identité dans l’unique but de rester en vie. Mais l’usurpation est de courte durée puisque les d’Anderlange, d’instinct, comprennent qu’il ne s’agit pas d’Alex. Peter est néanmoins accepté au sein de cette famille aux nombreux secrets dont le plus étonnant touche la légende des Rêveuses. La guerre nous est présentée, principalement la vie des prisonniers et leur misère quotidienne. Et pour Peter, c’est lorsqu’il croit s’être éloigné de l’horreur de la guerre qu’il replonge dedans. En incarnant le personnage d’Alex grâce à ses lettres et à son journal intime, Peter connaît diverses aventures lui causant de la joie et des souffrances.

Le personnage de Peter est d’une richesse incroyable puisqu’il se cherche en incarnant un autre. Cette double identité est perturbante pour le lecteur : il est parfois difficile de savoir qui parle entre Alex ou Peter. Son acte très égoïste au départ, lui permet de développer une forme d’altruisme. Sa bienveillance devient remarquable, notamment auprès de Sofia, de Blanche ou des deux cousines. J’ai particulièrement apprécié ces dernières, Joséphine et Hélène, qui apportent de la fraicheur à cette sombre histoire. Quant à Blanche, elle reste un parfait mystère.

« Il paraît que ce sont les meilleurs qui ne reviennent pas des guerres. »

Le style de l’auteur est beau. C’est avec subtilité qu’il mentionne l’Histoire et avec poésie qu’il trace l’histoire de Peter-Alexandre. Outre la question identitaire ou la dimension très familiale du roman, Frédéric Verger présente le rêve sous différentes formes. L’onirisme permettrait ici de retrouver ce qui est perdu.

Malgré quelques longueurs quasiment inévitables, Les Rêveuses est un roman complexe mais profond. Une belle et surprenante découverte que je vous recommande.

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La Lune et le Roi-Soleil

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Titre : La Lune et le Roi-Soleil

Auteur : Vonda N. McIntyre

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 670

  • Quatrième de couverture :

En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, explorateur au service du roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de mammifères marins capturés dans les mers du Nouveau Monde. L’un d’eux succombe, tandis que l’autre, la femme, survit et provoque l’ébahissement général. Marie-Josèphe, la jeune sœur du religieux, qui se voue à l’étude des sciences naturelles loin des intrigues de la cou, devient l’intermédiaire entre les humains et la créature aussi laide que son chant est beau. Protégé par le roi vieillissant qui espère découvrir le secret de l’immortalité, Yves cherche à percer les mystères de la voix divine de l’étrange sirène. 

  • Mon avis :

À sa sortie ce livre me tentait beaucoup tant son résumé semblait intéressant. Lier la cour de Louis XIV au fantastique n’est pas anodin. Mais ce roman n’est finalement pas celui auquel je m’attendais.

Au cours d’une expédition en mer, Yves découvre deux créatures marines étonnantes qu’il ramène avec lui à Versailles. Possible source de l’immortalité tant recherchée par le roi, la créature femelle devient une véritable bête de foire pour la cour. Seule Marie-Josèphe, sœur d’Yves, semble la comprendre et vouloir l’aider.

Ce roman se compose d’une dimension historique et d’une dimension fantastique. Cette dernière se révèle plutôt surprenante suite au contexte historique. Si j’ai bien compris, le fameux « monstre marin » est ce une sorte de sirène très laide aux propriétés magiques. De fait cela rejoint la première dimension historique avec des personnages bien connus tels Louis XIV, Philippe d’Orléans, le Chevalier de Lorraine, etcétéra. Je pensais que connaître la cour sous un angle nouveau allait être formidable, mais avoir les détails sur les menstruations des femmes n’est pas le plus attrayant que j’ai lu jusqu’à présent. Quand un roman fait plus de 600 pages il se doit d’être captivant ce qui n’est pas le cas ici. Des longueurs sont présentes et seule la partie de l’intrigue portant sur la créature est intéressante.

Les personnages sont nombreux, trop nombreux à mon goût, heureusement qu’une liste est présente au début du livre. Liste à laquelle je n’ai cessé de me référer. Les personnages fictifs se mêlent donc aux réels. Beaucoup de personnages sans saveur qui ne sont guère développés. Celui qui l’est le plus, Marie-Josèphe, aurait pu réveiller mon intérêt si elle n’était pas aussi naïve et exaspérante. Même Louis XIV ne rayonne pas comme il devrait rayonner. C’est triste.

Je vais tout de même parler de l’unique point positif de cette lecture ce qui évite probablement le désastre : les thèmes mis en avant par l’auteure. La tolérance à l’égard d’autrui est plutôt bien exposée, ainsi que la liberté sous diverses formes et la lutte contre l’esclavage. La place des femmes dans la société est l’un des combats de Marie-Josèphe, mais je ne sais s’il a vraiment sa place ici, par rapport à l’intrigue du livre.

Il est plutôt rare que je ne recommande pas un livre, mais celui-ci, non, ne vous arrêtez pas dessus puisqu’il ne vous apportera rien. Il aurait pu être bien, il aurait pu…

Bilan septembre 2017

Le mois de septembre fut, à mon plus grand étonnement, un mois très riche en lectures puisque j’en cumule 18. Plus de la moitié se concentre sur des bd et comics, mais dix-huit tout de même ! Actuellement je suis à 90 lectures pour 2017, c’est-à-dire que j’ai quasiment (à deux livres près) atteint mon record de 2016. Et l’année n’est pas encore terminée !

 

La bonne lecture

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N’étant pas totalement une vraie geek, j’ai été moins sensible à certaines petites histoires, mais la plupart sont fortement comiques et j’ai bien apprécié cette lecture.

 

 

 

 

Les très bonnes lectures

 

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Deuxième bd de Vivès pour le mois de septembre. L’idée de celle-ci est vraiment très originale et perturbante avec une intrigue plutôt simple mais qui reste poétique et très proche de la réalité.

 

 

 

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Un policier peu étonnant mais qui est haletant. Un bon Florent Marotta !

 

 

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Un Sartre poussant à la réflexion sur l’existence et sur les choix de notre vie. Un protagoniste qui, paraît-il, est peu apprécié par la critique mais qui se révèle fort passionnant.

 

 

 

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Une fois la magie du premier tome estompée, l’étonnement n’est plus le même. Ce n’est donc pas un coup de cœur, mais le principe est toujours aussi extraordinaire avec des histoires incroyables.

 

 

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Une pâle copie d’Hunger Games (oui j’exagère légèrement) à l’intrigue nettement plus sanglante et palpitante malgré certains personnages clichés et proches du ridicule.

 

 

 

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Un discours très intéressant et extrêmement accessible sur la philosophie de Sartre grâce aux nombreux exemples qu’il met en avant.

 

 

 

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Le premier tome qui n’est pas un coup de cœur malgré la présence de Green Lantern et une fin renversante très prometteuse pour la suite.

 

 

 

 

Les coups de cœur 

 

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Rupi Kaur a un succès incroyable avec ce recueil de poésie très touchant certainement pour la justesse qu’il met en avant. C’est une puissante douceur qui se délecte avec plaisir.

 

 

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Cette bd m’a marquée il y a quelques années, j’ai voulu la relire et mon avis est inchangé : c’est une véritable perle visuelle et textuelle.

 

 

 

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Un premier tome absolument génial avec une équipe de justiciers fantastiques et tous très attachants. Vivement le tome 2 !

 

 

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Et c’est ainsi que je suis tombée en amour de Néga-Flash qui est absolument magnifique et parfait. Ce tome est une merveille !

 

 

 

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Un roman historique bouleversant qui entre sans hésitation dans le top de mes meilleurs lectures . Ce roman est touchant et perturbant, j’en suis encore hantée.

 

 

 

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Encore un tome où Dick/Nightwing est merveilleux (l’histoire aussi, mais un petit peu moins).

 

 

 

 

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Sombre mais certainement l’un des meilleurs comics que j’ai lu jusqu’à présent. Et puis le Joker excelle dans ce tome.

 

 

 

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Ravie d’avoir enfin un tome, bien que trop court, consacré à ce personnage trop peu présent mais si captivant.

 

 

 

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Ce comics est le summum de tous. Outre le fait qu’il a totalement brisé mon cœur, l’intrigue est terriblement grandiose et c’est peu dire.

 

 

 

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Encore mieux que le précédent, ce tome-ci qui complète Le Deuil dans la famille présente un Dick plus perturbé que jamais.

 

 

 

 

 

Côté séries…

 

Pour les séries le bilan n’est pas aussi important que celui des livres. J’ai terminé deux séries : Da Vinci’s Demons dont on ne parle pas assez alors qu’elle est vraiment très bien, et c’est avec le cœur brisé que j’ai regardé le tout dernier épisode de Teen Wolf. Stiles et papa Stilinski vont me manquer. Pour les saisons que j’ai fini, il s’agit de la septième d’Archer et de la quatrième de Younger. Heureusement que d’autres séries adorées ont repris comme la saison 2 de Victoria (et Albert….), la 7 d’American Horror Story et les quatrièmes de Gotham et You’re the Worst qui commencent toutes les deux fort bien.

 

En bref…

 

Le mois de septembre a été un mois plus que satisfaisant. En octobre je vais essayer de lire autant mais plus de romans cette fois-ci puisque ma pal a grandement besoin de diminuer. Je ne compte pas faire le Hallowctober cette année tout simplement parce que je n’ai pas assez de livres sur le thème d’Halloween.

Bon mois d’octobre 🎃

 

Endgame, tome 1 : L’Appel

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Titre : Endgame : L’Appel

Auteurs : James Frey et Nils Johnson-Shelton

Éditions : J’ai lu

Pages : 568

 

  • Quatrième de couverture :

Douze jeunes élus, issus de peuples anciens. L’humanité tout entière descend de leurs lignées, choisies il y a des milliers d’années. Ils sont héritiers de la Terre. Pour la sauver, ils doivent se battre et résoudre la Grande Énigme. Si aucun n’y parvient, nous sommes tous perdus.

Ils ne possèdent pas de pouvoirs magiques, ils ne sont pas immortels, mais ils sont entraînés !

Traîtrise, courage, amitié, chacun suivra son chemin, selon sa personnalité, ses intuitions et ses traditions… Cependant, il n’y aura qu’un seul vainqueur. 

Ce qui sera, sera…

 

  • Mon avis :

Depuis deux ans ce livre est en ma possession et dort dans ma PAL. J’ai décidé qu’il était temps que je me plonge dans l’univers d’Endgame avec un premier tome original. De nombreux avis positifs ressortent sur ce livre, je peux enfin avoir le mien qui ne l’est pas autant que je l’espérais. 

Douze jeunes vivent dans le monde entier et sont entraînés depuis leur plus jeune âge à participer et à survivre à Endgame. Endgame est un jeu quelque peu spécial où l’unique règle est de rester en vie jusqu’à la fin. Il ne s’agit pas uniquement de se débarrasser de ses adversaires, le jeu est composé de nombreuses énigmes que les joueurs doivent résoudre afin de sauver la Terre.

Un jeu, douze personnes combattant pour la survie de leur lignée, ça ne vous rappelle rien ? …Hunger Games bien évidemment ! Certes ce n’est pas totalement pareil mais ça y ressemble un peu trop fortement puisque le principe est le même. Endgame a une base historique plus importante et se rapproche peut-être plus de la réalité avec cette idée de peuples anciens. Ce qui est également intéressant est qu’il ne se restreint pas à une zone de jeu délimitée mais à une échelle dont l’étendue est mondiale. De fait, les personnages proviennent des quatre coins du globe, nous voyageons donc beaucoup au cours de ces 500 pages. Autre point que je tiens à souligner est l’action remarquable qui ne laisse guère le temps de souffler et qui est relativement sanglante. Toutefois, il est limite décevant de se douter de qui va trouver la Clé de la Terre (premier objectif à attendre pour les joueurs) dès le début de la lecture.

« Endgame débutera quand la race humaine aura prouvé qu’elle ne mérite pas d’être humaine. »

Je suis moins satisfaite concernant les personnages, avant tout nombreux, mais surtout tous très agaçants et parfaite incarnation de divers clichés. La palme d’or des personnages les plus exaspérants revient au trio de tête Sarah-Jago-Christopher, ce dernier battant tous les records. Je partais du principe que tous les personnages étaient importants et avaient quelque chose à apporter à l’intrigue. Mais il faut croire que non donc certains sont plus mis en avant que d’autres ce que je trouve sincèrement dommage.

Cependant, je salue la capacité qu’ont les deux auteurs à créer une ambiance de réelle compétition entre les joueurs, ce qui est vraiment plaisant pour le lecteur puisque l’action est très prenante. Ce livre est donc un véritable page-tuner.

Malgré une profonde réticence à l’égard des personnages et le fait que l’intrigue est assez proche d’Hunger Games, Endgame est un roman plutôt réussi et captivant. La suite promet d’être étonnante, du moins je l’espère.

Bakhita

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Titre : Bakhita

Auteur : Véronique Olmi

Éditions : Albin Michel

Pages : 457

 

  • Quatrième de couverture :

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.

Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

 

  • Mon avis :

Roman de la rentrée littéraire et en lice pour le prix Goncourt, Bakhita est un livre comme aucun autre jusqu’à présent : d’une vérité cruelle et foudroyante, ce récit ne nous laisse pas indemne. 

« Le monde est partout le même, né du chaos et de l’explosion, il avance en s’effondrant. »

À l’âge de sept ans Bakhita est enlevée par des négriers. Dès lors, elle connaît différents maîtres, diverses maisons jusqu’à l’arrivée du consul d’Italie. Une nouvelle vie commence pour cette jeune esclave noire dont l’unique souhait est de devenir une religieuse.

J’ai lu de nombreux romans, mais des comme Bakhita jamais. Cette histoire vraie relate la vie de Joséphine Bakhita, esclave devenue religieuse qui a été canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II. Véronique Olmi a fait le choix judicieux de diviser son livre en deux grandes parties. La première d’une violence certaine porte sur l’esclave et la seconde, beaucoup plus sereine, sur la rédemption et la vie religieuse de l’héroïne éponyme. La première partie est difficile à lire parce que les détails de l’esclavage et sa brutalité ne sont pas épargnés. Ainsi on se retrouve avec des scènes de tortures aussi bien physiques que morale. Bakhita vit un véritable enfer jusqu’au fameux 29 novembre 1889 quand la sentence tombe : « Bakhita est libre. » Enfin nous pouvons respirer.

La seconde partie est plus centrée sur la religion et le souhait profond de Bakhita pour lequel elle semble vivre : devenir une religieuse. Une longue phase d’apprentissage commence. Cette histoire est celle d’une petite fille qui n’a pas tout compris à ce qui lui est arrivé mais qui n’a jamais perdu espoir, celle de l’humanité.

« Pourtant, traitées comme des bêtes, maltraitées par des bêtes, enfermées, piétinées, attachées, leur personnalité, leurs rêves, et même une partie de leur innocence, ce qu’elles sont, demeure. »

Bakhita est incroyable. Sa vie fut horrible cependant elle est toujours restée la même. Elle a connu l’esclavage, le fascisme, les deux guerres mondiales, et malgré des situations désastreuses, malgré son état déplorable, elle a toujours cherché à aider les autres : Binah, Hawa, Mimmina,… Son altruisme est remarquable. Il lui a certes coûté, mais il lui a permis de garder espoir alors que d’autres auraient abandonné depuis longtemps. L’espoir de revoir sa sœur, l’espoir d’être libérée, l’espoir de vivre, encore un peu.

Roman historique ou biographique cela importe peu. C’est avec la douceur de sa plume que Véronique Olmi parle de chaos. Un mélange de divers sentiments est éprouvé au cours de la lecture. J’avais envie de savoir ce qui allait arriver à Bakhita, mais je n’arrivais pas à continuer ma lecture. Je la voulais libre et sauve. J’ai été choquée par deux scènes particulièrement horribles, et c’est peu dire. Du dégoût, de la haine, de la peur et de la tristesse, certainement un millième de ce qu’a pu ressentir Bakhita. Une profonde tristesse que je n’ai pu retenir lorsque Bakhita fut enfin libre.

« Bakhita n’entend plus rien. Ni l’amour, ni la haine. Ni l’adieu, ni la sentence, cette phrase qu’elle attend depuis treize ans : ‟Je déclare libre la Moretta”, elle ne l’entend pas. »

Dire que ce roman est bouleversant est presque un euphémisme. Véronique Olmi met des mots sur l’innommable et malgré le mal-être que l’on ressent, cela fait du bien. Bakhita est une grande dame, c’est certain. Bakhita vient nous hanter longtemps et étonnamment c’est apaisant.

Les Chemins de la liberté, tome 1 : L’Âge de raison

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Titre : Les Chemins de la liberté, tome 1 : L’Âge de raison

Auteur : Sartre

Éditions : Folio

Pages : 370

 

  • Quatrième de couverture :

« Ivich regardait à ses pieds d’un air fermé.

-Il doit m’arriver quelque chose.

-Je sais, dit Mathieu, votre ligne de vie est brisée. Mais vous m’avez dit que vous n’y croyiez pas  vraiment.

-Non, je n’y crois pas vraiment… Et puis il y a aussi que je ne peux pas imaginer mon avenir. Il est barré. 

Elle se tut et Mathieu la regarda en silence. Sans avenir… Tout à coup il eut un mauvais goût dans la bouche et il sut qu’il tenait à Ivich de toutes ses forces. C’était vrai qu’elle n’avait pas d’avenir : Ivich à trente ans, Ivich à quarante ans, ça n’avait pas de sens. Il pensa : « Elle n’est pas viable. » »

 

  • Mon avis :

Les Chemins de la liberté, qu’est-ce ? Ce sont trois romans ou plutôt une trilogie qui se situe entre 1938 et 1940. Elle évoque des thèmes marquants comme la liberté, les choix, l’idée d’engagement ou encore l’amour. L’Âge de raison est le premier tome de cette série prometteuse. 

« On n’en finit jamais avec la famille, c’est comme la petite vérole, ça vous prend quand on est gosse et ça vous marque pour la vie. »

Face à sa compagne enceinte, Mathieu, professeur de philosophie, est contraint de trouver une importante somme d’argent pour que Marcelle puisse avorter. N’étant pas tenté par la voie du mariage, Mathieu se lasse de Marcelle qu’il délaisse et est de plus en plus attiré par la jeune Ivich. En plein dans l’âge de raison, Mathieu doit apprendre à faire des choix.

Les faits sont énoncés dès le début : Marcelle est enceinte, c’est un accident, la seule solution et la plus sensée est l’avortement. Mathieu, coupable selon lui, va tout faire pour trouver l’argent nécessaire. Une trame narrative qui, en réalité, se révèle plus complexe que cela avec de profondes interrogations sur l’avortement, mais également sur l’homosexualité, le choix et la parole des femmes, et la notion de liberté. Une incroyable description de l’individualisme.

« Ce qu’il y avait de plus pénible dans la souffrance, c’est qu’elle était un fantôme, on passait son temps à lui courir après, on croyait toujours qu’on allait l’atteindre et se jeter dedans et souffrir un bon coup en serrant les dents, mais au moment où l’on y tombait, elle s’échappait, on ne trouvait plus qu’un éparpillement de mots et des milliers de raisonnements affolés qui grouillaient minutieusement. »

Le personnage de Mathieu est intéressant pour les nombreuses questions qu’il se pose et surtout pour son refus de l’engagement à l’égard de Marcelle qui reflète l’impossibilité ou le manque de parole des femmes à cette époque. La jeunesse et l’insouciance des autres personnages, à savoir Ivich, Boris ou Daniel, sont le parfait reflet de la jeunesse actuelle.

Dans ce roman on retrouve le Sartre tant apprécié des Mains sales et cette importance des choix à effectuer. Sartre met ici en avant sa philosophie et ses idées à travers des personnages qui se révèlent totalement perdus.

« Être libre. Être cause de soi, pouvoir dire : je suis parce que je le veux ; être mon propre commencement. »

Une trilogie qui commence fort avec L’Âge de raison, un roman qui permet de réfléchit sur bien des conditions et avant tout sur la condition humaine.

Le Meurtre d’O’Doul Bridge

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Titre : Le Meurtre d’O’Doul Bridge

Auteur : Florent Marotta

Éditions : Taurnada

Pages : 248

 

  • Résumé : 

San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite. C’est dans cette ville de l’Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes. Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d’un être cher. Mais le voilà mêlé au meurtre d’un notable. Au moment de mourir, l’homme a composé un numéro, le sien. Alors la tourmente l’emporte. Réveillant les douleurs du passé.

 

  • Mon avis :

J’ai découvert Florent Marotta avec son roman Le Visage de Satan l’année dernière, puis dans un tout autre univers avec Yzé et le palimpseste. Quel plaisir de retrouver sa plume dans un policier haletant. 

Michael Ballanger, coach de vie surnommé le « French Coach » est mêlé à la mort de l’un de ses clients qui a eu le malheur de composer son numéro avant de mourir. Michael va alors mener l’enquête, un moyen pour lui de trouver la paix par rapport à son passé.

« Était-ce par le prisme du rêve que les souvenirs prenaient cette couleur, cette teinte de mort et de violence ? »

Le premier chapitre nous plonge au cœur de l’intrigue avec la mort de Calvin, client du French coach. Suite à cela, les moments de répit vont être de courte durée. Grâce à l’enquête, nous en apprenons plus sur le passé de Michael qui lui a causé de grandes pertes. Toutefois, nous pouvons reprocher à l’intrigue d’être trop évidente, trop rapide. Nous connaissons le meurtrier ou du moins le coupable très vite, quasiment au milieu de la lecture ce qui enlève le charme du policier.

Outre ce léger désagrément, le personnage de Michael qui est loin d’être un modèle parce qu’il incarne tous les clichés possibles, est plutôt sympathique et a un bon fond. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, notamment Kim qui, malgré son jeune âge et son histoire, n’est absolument pas superficielle. Son lien avec Michael prouve qu’une certaine sagesse demeure en lui et que son instinct paternel ne l’a jamais quitté. Mais le personnage le plus incroyable de cette histoire est Sean Milgram. Son isolement et ses nombreuses craintes à l’égard d’autrui font de lui un être totalement décalé.

« C’est drôle comme on est souvent plus prompt à croire les puissants que les petits. »

L’écriture de Florent Marotta est toujours aussi plaisante au point que la lecture de son roman soit complètement naturelle. Si les pages défilent aussi aisément c’est certainement parce que l’auteur crée une certaine attente chez son lecteur. Même si nous connaissons l’identité du meurtrier, il semble évident que l’enquête ne soit pas entièrement terminée. De fait notre attention est retenue tout au long du roman.

Malgré le manque de suspens, Le Meurtre d’O’Doul Bridge est un roman plaisant et captivant, à l’image de la plume de son auteur. Je remercie Joël et les éditions Taurnada pour ce partenariat.