Archives pour la catégorie Contemporain

Les Rêveuses

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Titre : Les Rêveuses

Auteur : Frédéric Verger 

Éditions : Gallimard

444 pages

 

  • Quatrième de couverture :

Mai 1940. Les armées de Hitler écrasent la France. Peter Siderman, un jeune Allemand de dix-sept ans engagé dans l’armée française, prend l’identité d’un mort pour échapper aux représailles. Prisonnier, il croit avoir évité le danger quand on lui annonce qu’on va le libérer et le reconduire dans sa famille. Comment sera-t-il accueilli chez ces gens qui ne le connaissent pas ?

  • Mon avis :

Sélectionné pour le Goncourt 2017 il ne passe malheureusement pas le deuxième cap. Un récit de guerre mais pas uniquement. Il est surtout question d’identité, de quête de soi, le tout écrit sous la douce et élégante plume de Frédéric Verger. 

Pour survivre à la guerre, Peter Siderman vole l’identité d’un mort, Alexandre d’Anderlange. La survie qu’il s’octroie se transforme vite en cauchemar lorsqu’il est envoyé à Bray dans la famille d’Alexandre, famille qu’il ne connaît pas. Peter va devoir jouer un rôle et devenir un autre.

« Il était persuadé que l’alliance de l’atroce et du ridicule constitue le fond de la vie. »

L’intrigue de ce roman qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale tourne autour de l’usurpation d’identité dans l’unique but de rester en vie. Mais l’usurpation est de courte durée puisque les d’Anderlange, d’instinct, comprennent qu’il ne s’agit pas d’Alex. Peter est néanmoins accepté au sein de cette famille aux nombreux secrets dont le plus étonnant touche la légende des Rêveuses. La guerre nous est présentée, principalement la vie des prisonniers et leur misère quotidienne. Et pour Peter, c’est lorsqu’il croit s’être éloigné de l’horreur de la guerre qu’il replonge dedans. En incarnant le personnage d’Alex grâce à ses lettres et à son journal intime, Peter connaît diverses aventures lui causant de la joie et des souffrances.

Le personnage de Peter est d’une richesse incroyable puisqu’il se cherche en incarnant un autre. Cette double identité est perturbante pour le lecteur : il est parfois difficile de savoir qui parle entre Alex ou Peter. Son acte très égoïste au départ, lui permet de développer une forme d’altruisme. Sa bienveillance devient remarquable, notamment auprès de Sofia, de Blanche ou des deux cousines. J’ai particulièrement apprécié ces dernières, Joséphine et Hélène, qui apportent de la fraicheur à cette sombre histoire. Quant à Blanche, elle reste un parfait mystère.

« Il paraît que ce sont les meilleurs qui ne reviennent pas des guerres. »

Le style de l’auteur est beau. C’est avec subtilité qu’il mentionne l’Histoire et avec poésie qu’il trace l’histoire de Peter-Alexandre. Outre la question identitaire ou la dimension très familiale du roman, Frédéric Verger présente le rêve sous différentes formes. L’onirisme permettrait ici de retrouver ce qui est perdu.

Malgré quelques longueurs quasiment inévitables, Les Rêveuses est un roman complexe mais profond. Une belle et surprenante découverte que je vous recommande.

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Les Cœurs autonomes

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Titre : Les Cœurs autonomes

Auteur : David Foenkinos

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 126

 

  • Quatrième de couverture : 

Histoire d’un amour hors du commun, évocation de la jeunesse révoltée, ce roman est librement inspiré de l’histoire de deux jeunes amants meurtriers. Un « fait divers » qui, en octobre 1994, bouleversa la France.

 

  • Mon avis : 

Une histoire peu commune signée Foenkinos. Je ne pensais pas pouvoir redécouvrir cet auteur que j’apprécie tant, mais le récit des Cœurs autonomes est si particulier qu’il révèle une autre facette de l’auteur. 

Chose étonnante de la part de l’écrivain, il s’inspire d’un fait divers, celui de l’affaire Rey-Maupin qui toucha la France en 1994, pour écrire ou plutôt réécrire cette histoire. Il s’agit de deux jeunes révolutionnaires, deux amants maudits qui sont les auteurs d’une fusillade en région parisienne.

« Elle était une ombre avec le sourire. Une ombre attendant sa lumière, et bientôt elle la trouverait dans un soulagement extatique. La puissance d’une histoire d’amour est toujours proportionnelle au vide qui l’a précédée. »

David Foenkinos relate donc les faits : la rencontre, le plan et la fusillade. Mais c’est d’une façon quelque peu atypique qu’il les narre puisque le point de vue est extérieur. Le narrateur n’est pas l’un des amants mais un ami, une connaissance du couple. C’est une histoire dramatique aux accents poétiques. L’amour et la haine sont mis en avant puisqu’ils ont fait de leur vie un véritable enfer.

Tout va trop vite pour s’attacher aux personnages que ça soit ceux des deux amants ou celui du narrateur. Cependant, les divers sentiments qu’ils éprouvent sont si bien décrits, que même face à l’horreur, le lecteur ne peut qu’éprouver de la compassion à l’égard des meurtriers.

« Le mode d’emploi de la vie sans lui, elle ne le connaît pas. »

À travers le drame,  David Foenkinos peint quelque chose de beau empreint de douceur malgré la violence du fait divers. Ce roman est l’un des premiers de l’auteur, mais le charme de sa plume est bien présent.

Tout à fait différent des autres romans de l’auteur, Les Cœurs autonomes est une agréable surprise, aussi dure soit-elle.

D’après une histoire vraie

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Titre : D’après une histoire vraie

Auteur : Delphine de Vigan

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 380

 

  • Quatrième de couverture : 

« Encore aujourd’hui, il m’est difficile d’expliquer comment notre relation s’est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l’espace de quelques mois, occuper une place dans ma vie. L. exerçait sur moi une véritable fascination. L. m’étonnait, m’amusait, m’intriguait. M’intimidait. […] L. exerçait sur moi une douce emprise, intime et troublante, dont j’ignorais la cause et la portée. »

 

  • Mon avis : 

J’ai été quelque peu déçue par la lecture de Rien ne s’oppose à la nuit. De fait j’étais un peu sceptique à l’idée de commencer ce roman, mais je ne regrette pas cette lecture me permettant de me réconcilier avec l’auteure. 

« Rares sont les amis dont nous pouvons nous dire qu’ils ont changé notre vie, avec cette certitude étrange que, sans eux, notre vie tout simplement n’aurait pas été la même, avec l’intime conviction que l’incidence de ce lien, son influence, ne se limite pas à quelques dîners, soirées ou vacances, mais que ce lien a irradié, rayonné, bien au-delà, qu’il a agi sur les choix les plus importants que nous avons faits, qu’il a profondément modifié notre manière d’être et contribué à affirmer notre mode de vie. »

Suite au succès de son dernier roman, la narratrice, Delphine, ne parvient plus à écrire. Elle sombre dans une grande période de doute jusqu’à sa rencontre avec l’étonnante L. Cette dernière si bienveillante à l’égard de Delphine s’empare peu à peu de sa vie et d’elle-même. Une emprise psychologique terrible.

Delphine de Vigan sort de sa zone de confort et nous livre un roman qui se situe entre autobiographie et thriller psychologique. La narratrice vit un véritable enfer dont elle ne se rend pas compte de suite. Aveuglée par sa récente amitié pour L., elle n’arrive pas à distinguer le vrai du faux, le bien du mal.

« Tu sais, il y a une chose que j’ai apprise. Une chose injuste qui sépare le monde en deux : dans la vie, il y a ceux dont on se souvient et puis ceux qu’on oublie. Ceux qui laissent une empreinte, où qu’ils aillent, et ceux qui passent inaperçus, qui ne laissent aucune trace. Ils n’impriment pas la pellicule. Ça s’efface derrière eux. »

Le personnage de Delphine est loin d’être naïf. Je pense que le lecteur peut aisément s’identifier à la narratrice parce qu’elle est perdue et se laisse tromper par L. Dès le début on perçoit que L. n’est pas totalement normale, que quelque chose de dérangeant se dégage d’elle. Elle est à la fois trop et pas assez présente. L. est toujours là quand il faut. L. est au courant de tout, elle connaît toute la vie de Delphine ce qui est relativement effrayant.

On ne peut que reconnaître le tapeur de l’auteure avec cette lecture, aussi perturbante soit-elle. Outre l’écriture et les mots percutants utilisés, Vigan nous sert une intrigue terrible et vraiment cruelle pour l’esprit. J’ai beaucoup apprécié les thèmes évoqués tels l’écriture, l’importance du vrai, l’amitié et la confiance que l’on donne aux autres. Des thèmes vus et revus mais qui étonnent par la manière dont ils sont traités.

« Peu de gens savent se manifester si on ne les appelle pas. Peu de gens savent franchir les barrières que nous avons plantées dans la terre meuble et bourbeuse de nos tranchées. Peu de gens sont capables de venir nous chercher là où nous sommes vraiment. Car tu es comme moi, Delphine, tu n’es pas du genre à appeler au secours. […] Mais demander de l’aide au présent, au moment où tu t’enfonces, où tu te noies, je suis certaine que tu ne l’as jamais fait. »

Ce livre est une claque. Il est troublant, il hante l’esprit du lecteur. Certes il y a une fin, mais de nombreuses questions restent sans réponse, et surtout, qu’en est-il du vrai et du faux de cette histoire ?

La Ronde de nuit

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Titre : La Ronde de nuit

Auteur : Patrick Modiano

Éditions : Folio

Pages : 153

 

  • Résumé de la quatrième de couverture :

Comment devenir traître, comment ne pas l’être ? C’est la question que se pose le héros du récit qui travaille en même temps pour la Gestapo française et pour un réseau de résistance. Cette quête angoissée le conduit au martyre, seule échappatoire possible.

 

  • Mon avis :

Suite à ma première lecture et découverte de Patrick Modiano, je me suis lancée dans un autre roman de cet auteur. Après lecture, La Ronde de nuit me laisse encore perplexe et dans une certaine incompréhension. 

Un jeune homme, collaborateur durant la seconde Guerre Mondiale, rejoint la Résistance. Il a le devoir d’espionner les collaborateurs pour les résistants et inversement. Chose peu évidente pour ce jeune héros déstabilisé par sa situation.

« L’époque où nous vivions exigeait des qualités exceptionnelles dans l’héroïsme ou dans le crime. »

L’intrigue n’est pas des plus simples. Toute son étrangeté repose sur le personnage principal qui reste anonyme tout au long du roman. J’ai trouvé cela assez perturbant de ne quasiment rien savoir du protagoniste alors que le récit est raconté à la première personne. Cet agent double est en quête d’identité, une quête partagée avec le lecteur qui ne sait où l’histoire va le mener.

Je n’ai pas réussi à m’attacher à ce personnage mystérieux qui doute de tout le monde et surtout de lui-même. Toutefois, je pense qu’on ne peut que compatir face à ce traître ou non, cela dépend de la manière dont on voit les choses. Mais on ne peut rester insensible face à la difficile situation dans laquelle il se retrouve.

« Une nuit d’été si bleue, si tiède qu’elle paraissait sans lendemain et que les mots ‟rendre l’âme” ‟exhaler une dernier soupir” me venaient aussitôt à l’esprit. Le monde mourait de consomption. »

Le style de l’auteur est toujours aussi particulier, malheureusement je ne l’ai pas autant apprécié pour ce roman. Bien que la question de la quête de soi est intéressante est bien exploitée, l’intrigue se révèle être complexe parce que tout s’enchaîne trop vite au point de se retrouver perdu.

Je ne suis pas déçue du livre, mais déçue de moi-même pour ne pas avoir bien saisi l’intrigue à sa juste valeur. Cependant, je persiste à penser que Modiano est un écrivain surprenant grâce à sa plume particulière.

Et on tuera tous les affreux

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Titre : Et on tuera tous les affreux

Auteur : Boris Vian

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 220

 

  • Résumé de la quatrième de couverture : 

Se réveiller tout nu dans une chambre de clinique, où l’on veut vous forcer à faire l’amour avec une très belle fille… L’aventure n’est pas banale. Surtout quand on s’appelle Rocky, que l’on est la coqueluche des demoiselles et qu’on voudrait se garder vierge jusqu’à vingt ans. Un homme assassiné dans une cabine téléphonique, des photos d’opérations chirurgicales abominables, des courses-poursuites, des coups de poing, et, au désespoir de Rocky, des filles partout : tel est le cocktail mis au point par Boris Vian – avis Vernon Sullivan – dans ce polar mené à un train d’enfer, tour à tour angoissant et hilarant. À la clef, la clinique où le diabolique Dr Schutz sélectionne des reproducteurs humains et bricole des embryons, prototypes quelquefois ratés d’une race « supérieure ». 

 

  • Mon avis :

Dans la liste des meilleurs romans de Boris Vian, je vous présente Et on tuera tous les affreux. Signée Vernon Sullivan, cette œuvre qui se situe à la frontière de la dystopie pourrait être le parfait scénario d’un film burlesque.

Le héros de l’histoire enquête sur son propre enlèvement survenu au cours d’une soirée et dont il garde peu de souvenirs. Rocky, avec l’aide de ses amis, se lance dans une course-poursuite qui se mêle à une enquête policière des plus atypiques pour le guider dans un univers totalement stéréotypé.

J’ai avant tout été surprise par le genre de l’intrigue qui est entre la dystopie et le polar, mais étonnamment, le rendu est plus que bon. À l’image de Rocky, le lecteur est désemparé face à ce qui lui arrive. De fait, l’intrigue ne laisse pas une minute de répit au lecteur tant les évènements s’enchaînent à merveille, ce qui semble parfois trop facile.

« Je remercie en moi-même mes parents du physique qu’ils m’ont donné, il y en a qui remercient Dieu, je sais… mais entre nous, je trouve qu’ils mêlent Dieu à des histoires auxquelles il n’a réellement rien à voir. »

Comme l’intrigue, les personnages sont très stéréotypés, notamment le héros, Rocky. Derrière une apparence de bellâtre et de dur à cuir incarnant la perfection, parce que oui, Rocky est absolument parfait, se cache un être sensible. Il peut être surprenant que Rocky respecte autant ses convictions quand on se rend compte de tous les clichés qu’il incarne à lui tout seul. Toutefois, j’ai aimé ce personnage grandement ironique, ainsi que le trio inattendu formé par Gary, Andy et Mike.

Ah, ce cher Vian ! Son écriture est toujours aussi agréable. Il manie les clichés à merveille, les rend agaçants au possible et c’est ce qui est incroyable avec lui. C’est si loufoque et truffé d’humour qu’on ne peut que dévorer ce livre. C’est cynique, c’est cru, c’est moderne, c’est percutant, c’est du pur Vian.

Un titre que je pense inoubliable pour son intrigue hors norme et qui fait réfléchir sur de nombreux points. Et on tuera tous les affreux est à lire pour les amateurs de l’auteur.

Après toi

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Titre : Après toi

Auteur : Jojo Moyes

Éditions : Milady

Pages : 472

 

  • Résumé de la quatrième de couverture : 

Lou a promis à l’homme qu’elle aimait de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Mais sans lui, le monde paraît bien sombre et elle peine à tourner la page. Sa vie londonienne ne la rend pas heureuse : dans le bar d’aéroport où elle travaille sous les ordres d’un patron tyrannique, elle regarde chaque jour les autres s’envoler tandis qu’elle reste désespérément clouée au sol… Honorer la promesse faite à Will lui paraît impossible. Pourtant, au moment où elle croit avoir touché le fond, sa rencontre inattendue avec Lily sera peut-être le nouveau départ qu’elle espérait. Et le meilleur moyen de tenir sa promesse.

 

  • Mon avis :

Souvenez-vous : Avant toi, ce roman évoquant des thèmes forts, ce roman d’une beauté incroyable où les émotions semblaient si réelles, ce roman inoubliable dont une suite semblait improbable. Et bien Après toi est apparu tel un miracle. 

« Parfois, je songeais aux vies des gens qui m’entouraient et me demandais si nous étions tous destinés à laisser des ruines dans notre sillage. »

À la fin du tome précédent, Lou était anéantie par la mort de Will qu’elle n’a pu empêcher. Elle lui avait fait la promesse qu’après lui, elle allait vivre et être heureuse. Chose peu facile quand on se rend compte que sa nouvelle vie n’a rien de passionnant. Puis Lily entre soudainement dans sa vie. Cette jeune fille aussi perdue que Lou va lui réapprendre à vivre à sa manière.

En tenant ce livre entre mes mains, je me suis demandée s’il allait se distinguer d’Avant toi et si ce dernier allait lui faire de l’ombre. La réponse est venue après quelques pages : oui. L’intrigue se rapproche évidemment du tome précédent puisque l’auteure reprend des thèmes similaires comme la mort et son acceptation, les relations humaines et la volonté de vivre. Toutefois, Après toi est différent parce que les personnages ne se battent pas pour une personne, mais bien pour eux. L’intrigue reste imprévisible et rien ne semble joué d’avance.

« Comment pourrais-je décrire cette complicité entre nous ? Les plaisanteries que nous partagions, les vérités crues, les secrets ? Comment pourrais-je leur expliquer que ces quelques mois avaient tout changé à la façon dont je percevais l’existence ? »

Lou a certes changé parce qu’elle est hantée par Will et l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Je l’ai trouvée beaucoup plus mature dans sa manière d’appréhender les évènements et de prendre du recul par rapport à ceux-ci. Mais elle reste elle-même en étant toujours aussi adorable, drôle et naturelle. J’ai été ravie de retrouver certains personnages du premier livre à savoir la famille de Lou, ainsi que Nathan, M. Traynor et Camilla. Et j’ai également été satisfaite de rencontrer de nouveaux personnages, notamment Lily et Sam. Ce dernier est surprenant tant il est gentil et compréhensif. Quant à Lily, elle est assez difficile à cerner et immature dans ses actes, mais je l’ai trouvée intéressante puisqu’elle semble être l’antithèse directe de Lou.

J’ai l’impression que dans chaque roman de Jojo Moyes ses mots sont touchants. Elle arrive à  transmettre les émotions de ses personnages à son lecteur d’une façon étonnante. Malgré la complexité des sujets évoqués et de son émouvante intrigue, l’auteure garde cette touche d’humour qui lui est propre ce qui nous empêche de rester trop longtemps dans le larmoyant.

« Je ne pouvais lui avouer que je n’étais jamais triste en sa présence, ni qu’il me rendait si heureuse que cela m’effrayait. » 

Après toi n’est certes pas Avant toi et je crois que les sentiments éprouvés à la lecture son différents, mais ce roman est à la hauteur du premier. Ce fut un plaisir de retrouver Lou et d’avoir pu suivre son évolution. Une suite inespérée plus que plaisante.

La Vague

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Titre : La Vague

Auteur : Todd Strasser

Éditions : Pocket

Pages : 153

 

  • Résumé de la quatrième de couverture :

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’Histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action. » En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader.

Quel choc pourra être assez violente pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?

 

  • Mon avis : 

C’est par hasard que ce livre s’est retrouvé dans ma PAL. Je n’ai pas vu l’adaptation cinématographique et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, La Vague a donc été une découverte très perturbante. 

Le professeur d’Histoire du lycée Gordon, Ben Ross, met en place une expérience avec sa classe de terminale. Le dessein est de faire comprendre aux lycéens et de leur faire prendre conscience de ce qu’était le nazisme durant la Seconde Guerre mondiale. Une expérimentation qui s’étend dans tout le lycée et qui ne semble plus pouvoir prendre fin.

Il semble toujours difficile de lire des sujets portant sur la Seconde Guerre mondiale et ce roman n’échappe pas à la règle. Son intrigue est vraiment très simple puisque l’action se déroule principalement dans le lycée Gordon. Toutefois, elle est recherchée et son fond est terriblement fort. L’idée de faire une expérience comme celle-ci est pertinente et justifiée. Sa modernité dévoile la cruauté passée tout en montrant que dans un autre cadre, hors de la guerre, le nazisme ou ce qui lui ressemble, reste d’actualité. Je me suis alors demandée comment, à l’instar des allemands pendant la guerre, les personnages peuvent-ils se laisser faire ainsi ?

« Rappelez-vous, au sein de la Vague, vous êtes tous égaux. Personne n’est plus important ou plus populaire que les autres, et personne ne doit se sentir exclu du groupe. La communauté, c’est l’égalité pour tous au sein du groupe. »

La plupart des protagonistes sont des lycéens âgés de dix-sept ans, on peut alors pardonner leur naïveté. La grande majorité semble hypnotisée, complètement manipulée par la Vague. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages qui sont peu décrits et pas assez exploités à mon goût, mais le professeur m’a perturbée. Ben Ross est avant tout présenté comme quelqu’un de très enthousiaste, d’énergique avec beaucoup de créativité. Mais à aucun moment il ne semble avoir l’image d’un dictateur. Et pourtant…

J’ai lu ce roman avec une certaine distance à cause de l’écriture. Si cette dernière n’avait pas été aussi simple et aussi expédiée, on aurait certainement frôlé le chef-d’œuvre. L’auteur apporte des détails, mais trop rapidement. Mais face à un texte à la fois troublant et étonnant, on excuse son erreur stylistique.

La qualité du texte est certes décevante comparée à la puissance de son message, mais en faisant abstraction de la simplicité de l’écriture, ce roman, aussi petit soit-il, est profondément grand et c’est pour cette raison qu’il doit être lu.