La Faute de l’abbé Mouret

La Faute de l'abbé mouret

Titre : La Faute de l’abbé Mouret

Auteur : Émile Zola

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 448

 

* Résumé de la quatrième de couverture :

Serge Mouret est le prêtre d’un village pauvre, quelque part sur les plateaux désolés du midi de la France. Barricadé dans sa petite église, muré dans les certitudes de sa foi, assujetti au rituel de sa fonction et aux horaires que lui impose sa vieille servante, il vit plus en ermite qu’en prêtre. A la suite d’une maladie, suivie d’une amnésie, il découvre dans un grand parc, le Paradou, à la fois l’amour de la femme et la luxuriance du monde. Une seconde naissance, que suivra un nouvel exil loin du jardin d’Éden.

Avec cette réécriture naturaliste de la Genèse, avec ce dialogue de l’ombre et du soleil, des forces de vie et des forces de mort, Zola écrit certainement l’un des livres les plus riches, stylistiquement et symboliquement, de sa série des Rougon-Macquart.

 

* Mon avis :

Cinquième tome de la saga des Rougon-Macquart, La Faute de l’abbé Mouret peut rebuter pour le thème qu’il traite et pour le style de Zola qui semble être ici à son apogée. C’est à ce moment que je me demande comment vais-je pouvoir mettre des mots sur la beauté qui se dégage de cette œuvre.

Serge Mouret est un jeune prêtre par excellence, fidèle à Dieu et qui n’a jamais péché. Après une brusque fièvre, il devient amnésique et redécouvre la vie sous un œil nouveau. Une forme de renaissance qui lui permet de connaître l’amour et la beauté du monde qui l’entoure.

« Oui, je nie la vie, je dis que la mort de l’espèce est préférable à l’abomination continue qui la propage. La faute souille tout. »

Livre divisé en trois parties, ma préférence se dirige vers la deuxième qui est le point central de l’œuvre avec la renaissance de Serge. La tournure que prend cette histoire est assez remarquable. La vie de Serge, à l’église, est programmée, elle doit être suivie à la lettre sous la forme d’une redondance étouffante. Une fois l’amnésie présente, c’est un air nouveau qui est ressenti avec une sensation de profonde liberté guidée par son propre chef. La religion est là, oui, mais elle n’est pas si dérangeante puisque Zola montre l’envers du décor en évoquant notamment les interdits. L’amour a bien évidemment une place importante voire essentielle, c’est l’annonce de la libération de Serge le conduisant vers une paix quasiment inattendue. Outre ces deux aspects, Zola met en avant la forte division entre l’ombre et la lumière, le mal et le bien qui subsistent chez l’être humain et qui sont la source d’un questionnement permanent.

J’ai été surprise par le personnage de Serge. Il dégage une sensibilité peu commune. Il découvre le monde avec un regard naïf et candide. Il donne l’impression que tout est synonyme de beauté, de douceur et de plénitude. Je crois que Zola ne pouvait pas créer un personnage aussi riche et complet pour son roman. J’ai porté un peu moins d’intérêt pour les autres personnages, outre Albine qui apparaît plutôt comme un ange qu’une simple demoiselle. Albine est complémentaire à Serge, ce qui peut laisser penser au fameux mythe platonicien de l’androgyne avec, pour faire simple, la recherche de sa moitié pour ne former qu’un dans un amour unique.

« Tu me prenais la moitié de mon cœur, si doucement, que c’était en moi une volupté de me partager ainsi. Je cherchais ce que j’avais de meilleur, ce que j’avais de plus beau pour te l’abandonner. Tu aurais tout emporté que je t’aurais dit merci… »

Malgré mes nombreuses lectures de Zola, je reste toujours étonnée de ce qu’il écrit, de sa manière à mettre des mots sur l’improbable. Ce qu’il décrit dans ce livre a dépassé toutes mes espérances sur le naturalisme. Les longues descriptions n’ont aucunement un goût de lourdeur, elles prennent la forme du souffle du narrateur et c’est avec fluidité que Zola partage la vision de son propre paradis.

Je ne pensais pas autant apprécier cette lecture qui est stupéfiante par sa beauté, sa simplicité et sa sensibilité qui font sa distinction par rapport aux autres tomes des Rougon-Macquart. C’est un roman qui ne laisse pas indifférent et qui montre, une nouvelle fois, l’incroyable talent de ce cher Zola.

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