Archives pour la catégorie Fantastique

Caraval, tome 2 : Legendary

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Caraval, tome 2 : Legendary

Stephanie Garber

Bayard

534 pages

 

Résumé 

Après avoir sauvé sa sœur, Scarlett, d’un mariage désastreux, Donatella reçoit la lettre d’un mystérieux ami avec qui elle passe un marché. Si elle lui livre le vrai nom de Légende, le maître du jeu Caraval, il l’aidera à retrouver Paloma, leur mère, qu’elles n’ont pas vue depuis huit ans. Mais si elle ne respecte pas son engagement, la jeune fille perdra tout ce qui compte pour elle, peut-être même sa vie…

Quand une nouvelle édition du jeu est organisée à Valenda pour les 70 ans de l’impératrice Élantine, Donatella doit y participer pour remplir sa mission. Dès son arrivée, les ennuis commencent… La jeune fille devra faire preuve de ruse et de courage afin de gagner cette nouvelle partie… 

 

Mon avis

Deuxième tome de la trilogie Caraval, Legendary est à la hauteur de son prédécesseur, si ce n’est bien au-dessus. Visuellement, ce roman est magnifique et replonger dans le fourbe univers de Caraval a été un très grand plaisir.

Pour les 70 ans de l’impératrice Élantine, une édition spéciale de Carnaval est organisée. Donatella et sa sœur Scarlett se rendent à Valenda afin d’y participer une nouvelle fois. Cependant, Tella a pour mission de livrer la véritable identité de Légende à son mystérieux correspondant pour qu’il l’aide à retrouver sa mère, Paloma. La partie peut alors commencer … 

Avant de s’intéresser à l’intrigue, attardons-nous sur le monde extraordinaire de Caraval. Tout n’est que mystère, fourberie, mensonge, trahison et magie. Plonger dans Caraval est comme déambuler en plein rêve éveillé. Pendant plus de 500 pages, le temps s’arrête et nous sommes ailleurs. L’atmosphère de ce roman est évidemment renforcée par la riche intrigue qui nous captive jusqu’au dernier mot. En effet, dans ce roman, on attend de découvrir le véritable nom de Légende qui, à coup sûr, se révèlera être une grande surprise, ainsi que le lieu où se trouve la mère de Scarlett et de Tella. Nouvelle intrigue, nouveau décor : Valenda est truffée d’énigmes, c’est la mine d’or du faux. 

« La clé d’une comédie telle que celle-ci, c’est d’oublier qu’il s’agit d’une mise en scène. Invite le mensonge à jouer jusqu’à ce que tu te l’appropries et qu’il devienne la vérité. » 

Dans ce tome, Tella est la principale héroïne, c’est elle qui mène la danse. Quelle belle surprise de découvrir une jeune femme beaucoup plus forte que dans l’aventure précédente où elle était plus effacée. Sa bravoure est remarquable au point de la rendre bien plus intéressante que son aînée Scarlett qui fait pâle figure. L’arrivée de nouveaux personnages est un régal notamment Jacks qui est incroyablement fascinant. Mais le plus étonnant reste bien évidemment Légende et tout le mystère qui règne autour de lui.

Dans Legendary, Stephanie Garber a choisi d’introduire un autre fond à son intrigue : les Fatalités. Ces dernières sont le fil conducteur et reflètent toute l’ingéniosité dont faire preuve l’auteure pour alimenter son univers fantastique. Il va de soi qu’à la lecture, les émotions se bousculent pour se conclure par la frustration d’avoir terminé son livre. 

Legendary est tout simplement grandiose. Le génie de ce monde où tout n’est que jeu et manipulation devrait être connu de tous. L’attente de la conclusion de la trilogie va être longue. 

Héros, tome 1 : Le Réveil

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Héros, livre 1 : Le Réveil

Benoît Minville

éditions Sarbacane

306 pages

 

Quatrième de couverture 

Ils grandissent au pied du Morvan, entre ville et village. Matéo, diamant à l’oreille, Richard, la tête rentrée dans les épaules, et l’inénarrable, insupportable, inarrêtable José.
LEUR PASSION : la légendaire BD « Héros », dont ils attendent chaque mois le nouveau numéro.
LEUR RÊVE : publier leur propre série, inspirée de cet univers fascinant et occulte. Après tout, la saga a bien été créée dans leur région, alors… pourquoi pas eux ?
Mais un soir, tandis qu’ils planchent dans leur repaire, un homme apparaît comme par magie, blessé à mort ; juste avant de s’effondrer, il tend à Richard une étrange fiole…

 

Mon avis 

Une couverture qui attise la curiosité, un résumé prometteur, il n’en fallait pas plus pour que je me lance dans l’aventure Héros.

Amateurs de bandes dessinées et surtout de Héros, une BD publiée mensuellement, Richard, Matéo et José s’inspirent de cet univers qu’ils adorent pour créer leur propre saga. Souvent ils se retrouvent dans leur repaire pour dessiner et écrire, jusqu’au fameux soir où un homme blessé les trouve et donne une petite fiole à Richard. Une course-poursuite suit et l’univers de la BD des trois héros prend des allures de réalité. 

Ce roman est tout simplement extraordinaire. Les premières pages sont quelque peu difficiles à suivre et semblent incomplètes, cependant, l’action est présente dès le début donc tout s’enchaîne et le rythme devient rapidement haletant. L’histoire de nos trois protagonistes est vraiment plaisante à suivre surtout pour l’univers créé autour de la BD Héros qui reflète étrangement la réalité, ce qui est tout l’intérêt du récit. Outre la part fantastique du roman, on suit leurs histoires familiales, plus ou moins roses, ainsi que l’évolution de José, de Matéo et de Richard. 

Des trois personnages, j’ai eu une préférence pour Richard qui a un côté protecteur notamment envers sa petite sœur, et un côté plus fragile dû aux diverses tragédies dont il a été victime. Étonnamment, sa réaction suite au profond changement dans sa vie est à l’image de son caractère. Puis il y a José. Ce personnage est certes agaçant, mais on ne peut que l’adorer tant il est excessif. Quant à Matéo, il permet à ce triangle de rester souder. Leur lien tient grâce à leur passion qui est transmise au lecteur. 

Benoît Minville n’est pas à son coup d’essai en matière de roman. Auteur de polars, on sent dans Héros qu’il laisse monter la tension. J’ai beaucoup apprécié l’aisance de son écriture et son sérieux. À diverses reprises il fait référence à l’univers de Lovecraft ainsi que, plus largement, à l’univers des comics américains. Plonger dans Héros, roman et bande dessinée fictive, devient vite addictif. 

Ce roman est un gros coup de cœur. Véritable sans-faute, son intrigue et ses personnages ne laissent pas indifférent. Vivement la suite ! 

Les Prières de sang

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Les Prières de sang

Jean-Marc Dhainaut

Éditions Taurnada

218 pages

 

Résumé 

Alan Lambin, spécialiste en paranormal, est appelé à enquêter dans un vieux monastère ayant accueilli autrefois quatre templiers en fuite. Depuis, ses murs semblent dissimuler un lourd secret solidement gardé par des âmes hostiles. Les parchemins ne mentent pas, ni ces cris que chacun peut entendre la nuit dans les sombres couloirs du monastère. Et dire que tout a commencé parce qu’une étudiante a acheté un jour une armoire ayant appartenu aux moines. Une armoire qui n’avait pas perdu la mémoire…

 

Mon avis

J’ai découvert l’auteur et son protagoniste Alan Lambin dans La Maison bleu horizon, une lecture que j’avais beaucoup apprécié. Il me tardait de découvrir une nouvelle aventure de ce curieux personnage. De fait, je remercie Joël et les éditions Taurnada pour ce partenariat.

Contacté par une jeune femme en détresse, Alan Lambin, accompagné par son assistante Mina, vont aider Céline qui est victime d’étranges évènements paranormaux. Ces derniers semblent provenir d’une vieille armoire vendue par des moines. Une armoire, un parchemin, un monastère. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les objets semblent avoir un passé et de sombres secrets. 

L’action se déroule en 1986. Alan et Mina doivent aider Céline qui vit un véritable enfer depuis qu’elle a acheté une vieille armoire à des moines. C’est avec un grand étonnement que nos deux spécialistes du paranormal découvrent un authentique parchemin à l’intérieur. Celui-ci les guide dans un monastère. De suite, l’ambiance devient plus sombre et les âmes égarées s’agitent. Le choix du monastère est judicieux et se prête fort bien au surnaturel présent. Mais j’ai surtout été séduite par les Templiers qui prennent part à l’histoire. L’intrigue débute lentement, puis les questions et les révélations s’enchaînent pour ne laisser aucun répit au lecteur. 

Alan Lambin est un personnage toujours aussi intéressant, certainement pour sa constante évolution. Il se dévoile petit à petit et d’autres facettes de sa personnalité voient le jour, même s’il reste assez rationnel. J’aime beaucoup le duo qu’il forme avec son assistante Mina. Je l’ai d’ailleurs trouvée plus importante qu’Alan. Une puissante alchimie émane d’eux. Autre personnage qui a retenu mon attention, le frère Oscar. Plus complexe que les deux autres, il inspire la réticence, le doute. C’est un être dérangeant, au même titre que les divers fantômes présents. 

Comme dans son précédent roman, Jean-Marc Dhainaut ne se contente pas de narrer une simple histoire. Il prend soin d’introduire des éléments historiques qui font toute la richesse de l’enquête paranormale. S’attaquer aux Templiers est un défi de taille que l’auteur relève parfaitement. 

Un nouveau sans faute pour l’auteur qui signe un roman encore plus oppressant et addictif que le précédent. Vivement une prochaine aventure d’Alan Lambin ! 

Les Els, tome 2

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Les Els, tome 2

H. Roy

J’ai Lu

508 pages

Quatrième de couverture 

Depuis l’attaque de la Horde, plus question pour Connor d’échapper à la surveillance de son Gardien. Et ce, pour son plus grand plaisir…
Le programme ? Quitter de toute urgence Eden Lake et gagner Paris où l’attend une place à l’EAS, l’Agence de Sécurité des Els qui forme les Volontaires, dirigée d’une main de fer par sa grand-mère. Entre deux sessions d’entraînement, Connor part en quête de ses origines, sans se douter que ses découvertes pourraient être dévastatrices. Car malgré le confinement, des yeux restent obstinément braqués sur elle…

 

Mon avis 

Il m’aura fallu peu de temps avant de dévorer ce second opus. Une nouvelle plongée dans l’univers fantastique des Els où il est difficile de reprendre son souffle.

Accompagnée de son Gardien Evann et de son Guide Juliette, Connor quitte Eden Lake pour rejoindre l’EAS à Paris. Sous haute surveillance, Connor est supposée être en sécurité. Elle suit le rude entraînement des Els et en apprend plus sur ses origines et sa mystérieuse nature. 

« Comme l’amour, la confiance ne s’attribue pas, elle se gagne, elle se mérite. Parfois au prix d’une longue bataille. Les actes sont plus forts que les mots. Il nous faudra du temps pour vaincre tous nos démons. »

M’attendais-je à une suite comme celle-ci ? Certainement pas. Si l’intrigue est autant réussie c’est grâce aux actions continues, aux péripéties qui arrivent juste quand il faut. La formation de Connor est, selon moi, un point essentiel de ce tome. Il est plaisant de la voir dans un autre environnement, avec des personnes comme elle, mais j’aurais souhaité encore plus de pages sur ce sujet. Autre point fort du livre, la scène que l’on attendait depuis le premier tome et qui surgit seulement après une quarantaine de pages. Il est certain qu’elle met fin à la profonde tension très explicite entre les deux héros. Je dois néanmoins admettre que je suis quelque peu déçue car de nombreuses questions restent encore sans réponse. 

Avec ce second tome, il est évident que la relation entre Evann et Connor est claire et je pense que l’auteure en a fait le tour. Toutefois, on découvre un Evann beaucoup plus doux, plus attentionnée et une Connor plutôt coriace. L’arrivée à l’EAS permet d’introduire de nouveaux personnages, et j’aurais souhaité en apprendre plus sur les autres Els. Mais tout mon intérêt s’est tourné vers Juliette et Andrea ainsi que vers M. Ce dernier est assez absent dans la première moitié du roman, mais son évolution dans la seconde partie est impressionnante. 

« Tu rassemblais les morceaux de mon être qui avait été brisé, les remodelant de tes mains avec une infinie patience pour me ressusciter. » 

Le style dynamique de H. Roy s’affirme une nouvelle fois. Il y a une volonté d’instaurer une réelle mythologie derrière son histoire, celle des Els, ces créatures étonnantes. La fin m’a laissée de marbre. Je ne m’attendais pas à cela. Elle serait parfaite pour conclure l’histoire de Connor, mais elle est tout de même annonciatrice d’une suite, il ne peut pas en être autrement. 

Un second tome que j’ai beaucoup aimé, plus que le premier. Il est à la hauteur de mes attentes et j’espère qu’un troisième est prévu parce que l’auteure ne peut pas nous laisser sur cette fin. 

Les Els

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Les Els

H. Roy

J’ai lu

443 pages

Quatrième de couverture 

Connor a 18 ans, elle vit chez son père à Eden Lake, une petite ville des Adirondacks et, en dehors du fait que son meilleur ami a subitement pris ses distances, elle mène une existence plutôt tranquille.

Le jour où sa tante débarque, les choses se compliquent. Car les cauchemars qui assaillent Connor depuis quelque temps pourraient bien devenir réalité…

 

Mon avis 

La lecture des Els a été un bon moyen pour que je renoue avec la littérature fantastique. À l’image d’un roman initiatique, l’auteure nous entraîne dans un univers incroyable.

Alors que Connor s’apprête à avoir dix-huit ans, une étrange réunion de famille se déroule chez elle. Pensant être une simple lycéenne comme les autres, elle découvre qu’elle n’est pas véritablement humaine, elle est une Els, et pas n’importe laquelle, une des plus rares et des plus importantes. 

« C’est rassurant de voir que, malgré le temps qui passe, malgré la distance, certaines choses ne changent pas. »

En commençant ce roman je me suis demandée ce que pouvaient être les Els. Il me tardait de le découvrir et quelle agréable surprise ! Ce sont des créatures surprenantes, similaires à des vampires, mais en mieux puisque les Els ont des dons. L’intrigue évolue lentement. Comme Connor, nous découvrons le nouvel univers dans lequel elle est plongée ainsi que ses nouvelles capacités et ses nouveaux amis. Le seul détail qui m’a quelque peu dérangée et qui n’est pas des moindres : le triangle amoureux. Il est majeur à l’histoire même s’il n’est pas trop présent. Toutefois l’univers des Els est si intriguant que l’on passe outre. Hybride, Prédateurs, la Horde… avec autant de créatures la tension est à son comble. 

Connor est une bonne héroïne. Elle est une jeune femme courageuse et perdue dans cette situation hors du commun. La confusion touche ses sentiments envers Evann et M. Ce dernier a un comportement insupportable à l’égard de Connor et autant le dire, il n’arrive pas à la cheville d’Evann. Incarnation du mauvais garçon protecteur et trop beau par rapport aux autres, Evann dissimule son passé à Connor ce qui le rend encore plus mystérieux. J’ai également beaucoup apprécié le personnage de Juliette qui veille aussi sur Connor. Elle apporte un éclat de joie à l’aventure. Mais une part de mystère réside parmi ces personnages.

« Se bercer d’illusions vaut parfois mieux que l’insipide vérité. »

Tous les ingrédients d’un bon roman sont réunis ici : romance, fantastique, une écriture fluide, une intrigue solide. Pour un premier livre H. Roy commence fort. Son écriture est addictive, la tension monte peu à peu et à la fin, on en redemande. 

Les Els est une belle réussite. J’ai beaucoup aimé cette lecture certainement parce que de nombreuses questions attendent encore des réponses. Vite le tome 2 ! 

Alan Lambin et le fantôme au crayon

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Titre : Alan Lambin et le fantôme au crayon

Auteur : Jean-Marc Dhainaut

Éditions : Taurnada

 

  • Résumé : 

6 ans avant La Maison bleu horizon, Alan Lambin était déjà confronté à l’impensable. Une enquête inédite explorant le monde du paranormal avec sensibilité et émotion…

 

  • Mon avis :

Quoi de mieux qu’une petite nouvelle avec des fantômes pour Halloween ? 

Alan Lambin, spécialiste des phénomènes paranormaux, se retrouve face à une enquête un peu spéciale mêlant la disparition d’un enfant et l’apparition d’étranges évènements au sein de sa propre maison. Coïncidence ou non ?

« Les hantises ne naissent jamais par hasard aux yeux qui les distinguent. »

L’histoire se déroule six ans avant l’aventure de La Maison bleu horizon. Ce court épisode est d’ailleurs mentionné à deux reprises dans le roman, c’est donc un réel plaisir d’avoir les détails sur le fantôme au crayon avec cette courte nouvelle. Quelle joie de retrouver l’ambiance sombre et surnaturelle du roman. Une enquête rapide mais haletante avec un fantôme étonnant.

J’ai apprécié retrouver le personnage d’Alan et sa bienveillance à l’égard d’autrui. J’ai d’ailleurs trouvé que cette nouvelle nous permettait de plonger dans l’intimité d’Alan, ce qui n’est pas déplaisant.

« Il n’y a jamais de fantômes sans raison. »

La captivante plume de Jean-Marc Dhainaut est toujours aussi agréable. L’intrigue est entraînante et nous avons une fin ce qui est vraiment appréciable puisque ce n’est pas toujours le cas avec les nouvelles.

Je vous recommande cette nouvelle pour son ambiance, mais aussi comme complément de La Maison bleu horizon.

La Lune et le Roi-Soleil

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Titre : La Lune et le Roi-Soleil

Auteur : Vonda N. McIntyre

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 670

  • Quatrième de couverture :

En 1693, le père jésuite Yves de La Croix, explorateur au service du roi Louis XIV, ramène à Versailles un couple de mammifères marins capturés dans les mers du Nouveau Monde. L’un d’eux succombe, tandis que l’autre, la femme, survit et provoque l’ébahissement général. Marie-Josèphe, la jeune sœur du religieux, qui se voue à l’étude des sciences naturelles loin des intrigues de la cou, devient l’intermédiaire entre les humains et la créature aussi laide que son chant est beau. Protégé par le roi vieillissant qui espère découvrir le secret de l’immortalité, Yves cherche à percer les mystères de la voix divine de l’étrange sirène. 

  • Mon avis :

À sa sortie ce livre me tentait beaucoup tant son résumé semblait intéressant. Lier la cour de Louis XIV au fantastique n’est pas anodin. Mais ce roman n’est finalement pas celui auquel je m’attendais.

Au cours d’une expédition en mer, Yves découvre deux créatures marines étonnantes qu’il ramène avec lui à Versailles. Possible source de l’immortalité tant recherchée par le roi, la créature femelle devient une véritable bête de foire pour la cour. Seule Marie-Josèphe, sœur d’Yves, semble la comprendre et vouloir l’aider.

Ce roman se compose d’une dimension historique et d’une dimension fantastique. Cette dernière se révèle plutôt surprenante suite au contexte historique. Si j’ai bien compris, le fameux « monstre marin » est ce une sorte de sirène très laide aux propriétés magiques. De fait cela rejoint la première dimension historique avec des personnages bien connus tels Louis XIV, Philippe d’Orléans, le Chevalier de Lorraine, etcétéra. Je pensais que connaître la cour sous un angle nouveau allait être formidable, mais avoir les détails sur les menstruations des femmes n’est pas le plus attrayant que j’ai lu jusqu’à présent. Quand un roman fait plus de 600 pages il se doit d’être captivant ce qui n’est pas le cas ici. Des longueurs sont présentes et seule la partie de l’intrigue portant sur la créature est intéressante.

Les personnages sont nombreux, trop nombreux à mon goût, heureusement qu’une liste est présente au début du livre. Liste à laquelle je n’ai cessé de me référer. Les personnages fictifs se mêlent donc aux réels. Beaucoup de personnages sans saveur qui ne sont guère développés. Celui qui l’est le plus, Marie-Josèphe, aurait pu réveiller mon intérêt si elle n’était pas aussi naïve et exaspérante. Même Louis XIV ne rayonne pas comme il devrait rayonner. C’est triste.

Je vais tout de même parler de l’unique point positif de cette lecture ce qui évite probablement le désastre : les thèmes mis en avant par l’auteure. La tolérance à l’égard d’autrui est plutôt bien exposée, ainsi que la liberté sous diverses formes et la lutte contre l’esclavage. La place des femmes dans la société est l’un des combats de Marie-Josèphe, mais je ne sais s’il a vraiment sa place ici, par rapport à l’intrigue du livre.

Il est plutôt rare que je ne recommande pas un livre, mais celui-ci, non, ne vous arrêtez pas dessus puisqu’il ne vous apportera rien. Il aurait pu être bien, il aurait pu…

L’Étrange Vie de Nobody Owens

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Titre : L’Étrange Vie de Nobody Owens

Auteur : Neil Gaiman

Éditions : J’ai Lu

Pages : 251 pages

 

  • Résumé de la quatrième de couverture :

Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l’a recueilli et l’a élevé comme l’un des leurs, sous l’oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd’hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l’heure est venue d’aller l’affronter une bonne fois pour toutes. A l’extérieur.

 

  • Mon avis : 

J’ai toujours été intriguée par la plume de Neil Gaiman, auteur dont l’univers est aussi atypique que fascinant. Mon choix s’est tourné vers L’Étrange Vie de Nobody Owens. Un titre à la résonance étrange, parfait reflet de l’histoire racontée. 

Après l’assassinat de sa famille par le Jack, Nobody Owens est recueilli par un couple de fantômes dans un cimetière alors qu’il n’est encore qu’un bébé. C’est sous la tutelle de Silas que Nobody est élevé parmi les morts, à l’abris du monde extérieur, du monde des vivants.

« En outre, il y a toujours des gens pour trouver leur vie insupportable, au point de croire que le mieux qu’ils aient à faire est de hâter leur transition vers un autre plan de l’existence. »

L’intrigue est assez particulière mais très prenante. La distinction entre le monde des vivants et celui des morts est marquée par ce cimetière qui se révèle être un véritable lieu de vie. Chaque chapitre est une nouvelle aventure pour Bod et pour le lecteur, où diverses créatures émergent.

J’ai adoré le personnage de Bod (Nobody) qui est mature, courageux, perspicace et plein de mélancolie. Suivre son évolution à la manière d’un parcours initiatique est un véritable plaisir. Silas, son tuteur, est très mystérieux et sa sagesse le rend encore plus admirable. Son instinct de protection à l’égard de Bod est touchant tant leur relation semble irréelle. De nombreux autres personnages sont présents, notamment les créatures rencontrées au fil des pages qui sont toutes très intéressantes avec leurs propres particularités.

« De tous les organes la langue est le plus remarquable. Car si nous en usons pour goûter les vins fins comme les poisons amers, c’est elle aussi, cette même langue, qui forge les mots les plus doux comme les plus cruels. »

Une certaine douceur et un soupçon chimérique se dégagent de la plume de Gaiman. Son univers fantastique est incroyable. Son style est poétique ce qui rend l’histoire encore plus belle qu’elle ne l’est déjà.

J’ai beaucoup apprécié cette lecture aussi étonnante soit-elle. Elle me conforte dans l’idée que je me faisais de cet auteur et de son riche univers que je vais me hâter de redécouvrir.

La Maison bleu horizon

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Titre : La Maison bleu horizon

Auteur : Jean-Marc Dhainaut

Éditions : Taurnada

Pages : 260

 

  • Résumé : 

Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

 

  • Mon avis : 

Cette couverture intrigante qui est à l’image de ce roman a de suite attiré mon attention. Je n’ai lu que très peu de livres, si ce n’est aucun, portant sur le paranormal je me suis donc laissée tenter. Ce roman est une belle surprise.

Alan Lambin se trouve dans un petit village de la Somme pour enquêter sur des évènements paranormaux qui surgissent dans la maison des Anneraux. Hélène, ses deux enfants et la domestique vivent un vrai cauchemar : des portes claquent, des pleurs retentissent, des apparitions surgissent… De quoi en effrayer plus d’un ! Alan est prêt à tout pour trouver une explication à cela, qu’elle soit rationnelle ou irrationnelle.

Dès le début de l’histoire l’auteur nous plonge dans une univers fantastique. L’intrigue est pleine de rebondissements au point que l’on découvre les évènements en même temps qu’Alan. L’ambiance de ce roman est assez curieuse, surprenante et sombre. Cette ‟chasse aux fantômes” se révèle plus complexe qu’elle ne le semblait au commencement. En effet, il ne s’agit pas uniquement de se trouver au sein d’une atmosphère douteuse et surnaturelle, l’Histoire prend une part importante. C’est certainement le point que je l’ai plus apprécié, le fait que cette dimension paranormale se mêle à celle de la Première Guerre mondiale ce qui rend l’intrigue encore plus attrayante.

Les personnages sont comme le roman, c’est-à-dire très mystérieux et ne se dévoilent pas si facilement. Toutefois, j’ai beaucoup apprécié le personnage d’Alan qui est obstiné et a la volonté de comprendre et d’aider cette famille aussi étrange soit-elle. J’ai également trouvé que les fantômes étaient tout aussi intéressants que les êtres humains, notamment pour leur histoire.

Si l’intrigue est aussi bien construite c’est grâce à la plume captivante de Jean-Marc Dhainaut qui permet de garder le mystère sur les évènements jusqu’à la toute fin. Le paranormal et l’Histoire sont vraiment bien exploités, sans en faire trop ou tomber dans le superficiel. Je ne m’attendais pas à avoir peur pendant ma lecture, mais celle-ci est si oppressante qu’il est difficile de s’en détacher avant de connaître l’explication finale.

Je remercie les éditions Taurnada pour ce partenariat qui m’a permis de découvrir un très bon roman. La Maison bleu horizon ne laisse pas une minute de répit à son lecteur tant l’intrigue est prenante.

Autre-monde, tome 5 : Oz

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Titre : Autre-monde, tome 5 : Oz

Auteur : Maxime Chattam

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 449

  • Résumé de la quatrième de couverture :

La guerre avec les Cyniks terminée, les Pans se croyaient enfin en sécurité. Mais Entropia se rapproche inexorablement et rien ne semble pouvoir arrêter sa course dévastatrice. Rien, sauf peut-être la réunion des Cœurs de la Terre. Pour L’Alliance des Trois, c’est la mission de la dernière chance. Objectif : l’Europe, dont on est sans nouvelles. Mais que reste-t-il, là-bas, de l’ancien monde ? Obstacles, pièges, trahisons, les jeunes héros parviendront-ils à leurs fin ? Le sors d’Autre-monde est en jeu…

  • Mon avis :

Le tome précédent, Entropia, m’avait un peu déçue par rapport aux trois autres précédents, c’est pour cette raison que j’appréhendais quelque peu la lecture de ce cinquième opus. Mais dès le début, j’ai retrouvé cet univers si incroyable qui m’avait tant plu dans les livres précédents. Oz est, pour le moment, le meilleur tome de la saga Autre-monde.

Les Pans font face à une nouvelle menace : Entropia, l’ennemi le plus dangereux auquel ils ont été confronté. Le seul moyen pour en finir avec cette entité étrange et destructive est de trouver les autres Cœurs de la Terre. L’Alliance des Trois se lance dans une nouvelle aventure qui les guidera jusqu’en Europe, à bord d’un navire exceptionnel.

« Ils disent pas ça dans les grands récits d’aventures ! Ils racontent pas comment les héros s’encroûtent… On dit toujours qu’ils rentrent à la maison, célébrés comme des dieux, qu’ils se marient et ont plein d’enfants… Mais on ne raconte jamais qu’ils finissent par divorcer, prendre trente kilos, devenir myopes, moches, et qu’au final, ils meurent seuls et pathétiques. »

L’Europe, enfin ! C’était tellement frustrant de ne pas savoir ce qu’il s’était passé dans le reste du monde après la Tempête. C’est un réel soulagement de voir nos héros en Europe, découvrir les dégâts et les nombreux changements de ce nouveau monde. L’univers de ce roman est toujours aussi remarquable, mais le plus surprenant est probablement le navire dans lequel les Pans et les Kloropanphylles voyagent. C’est une vraie ville flottante à la structure impressionnante. Et puis, qui dit nouvelle aventure dit nouveaux personnages et nouvelles altérations.

J’ai eu le plaisir de retrouver L’Alliance des Trois, celle du début, avec leur complicité et leur courage qui sont renforcés par une certaine maturité qui est la bienvenue. Alors que j’avais perdu espoir en Ambre qui m’agaçait profondément, j’ai eu l’impression qu’elle s’était assagie, qu’elle ne se mettait plus autant en avant. L’humour de Tobias est toujours aussi agréable, tout comme l’âme de guerrier et de leader de Matt. Je suis ravie d’avoir pu en apprendre plus sur certains personnages secondaires et d’en découvrir des nouveaux. Toutefois, ma déception se tourne vers le personnage d’Oz qui méritait d’avoir beaucoup plus d’attention.

« L’humanité au sommet de la chaine alimentaire est révolue, nous en avons abusé, nous nous sommes comportés comme si tout nous était dû, sans respect, en détruisant, et en polluant, en vidant les réserves, comme les parasites que nous étions devenus. » 

Je ne me lasse pas de l’écriture de Maxime Chattam qui est vraiment accessible à tous. Contrairement à Entropia, j’ai trouvé que l’écriture faisait plus sérieuse, ce qui est peut-être dû à la maturité des personnages. Les thèmes évoqués sont toujours aussi percutants et plus que jamais d’actualité : la nature, la pollution, les erreurs de l’homme. Je pense qu’avec ce tome, nous prenons pleinement conscience de ce que nous réserve l’avenir.

Oz est un roman plein de surprises, à la fois bonnes et mauvaises. Maxime Chattam a su créer un univers remarquable en cohérence avec notre monde. Il ne me tarde de lire la suite.