Le Message

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Le Message

Andrée Chedid

J’ai lu

126 pages

 

  • Quatrième de couverture :

En été, dans un pays en guerre, une jeune femme est blessée par une balle alors qu’elle essayait de rejoindre Steph, qui habite de l’autre côté de la ville. À vingt minutes à pied de là, Steph l’attend. Dans sa dernière lettre, il lui demande de laisser de côté leurs vieilles querelles et de vivre l’indéfectible amour qui, depuis toujours, les unit. Arrêtée dans sa course par la balle d’un franc-tireur, Marie n’a qu’une seule idée en tête : lui faire parvenir un message pour lui dire qu’elle venait… qu’elle l’aime.

 

  • Mon avis :

La finesse de la couverture en dit long sur ce titre d’Andrée Chedid. Courte histoire que je ne pensais pas apprécier, mais Le Message est une belle surprise. 

« Ils riaient beaucoup ; d’eux-mêmes et de l’existence. Ils se sentaient plus vivants, plus invulnérables, grâce à ce serment, à ce filin d’acier qui les reliait à jamais. »

En pleine guerre, dans une rue sans vie, Marie reçoit une balle dans le dos. Ne pouvant continuer sa route, elle s’effondre. Comment rejoindre Steph, son amant, qui l’attend de l’autre côté de la ville ? Comment lui apporter le bref message qui clame son amour avant de rendre l’âme ?

Dès le début du récit nous retrouvons les deux thèmes majeurs : l’amour et l’attente. Légère frayeur en commençant cette lecture : j’ai pensé que nous frôlions la niaiserie noyée par des « je t’aime ». Mais le second couple de ce roman arrive, Anton et Anya, et le message prend alors toute son importance. Une véritable course contre la montre commence. Le destin de Marie est scellé, la Mort l’attend et pourtant, elle garde espoir jusqu’au bout. La beauté du Message est dans la mise en abyme présente. Anton et Anya se voient en Steph et Marie, s’imaginent dans leur situation, dans le doute et dans l’attente.

« Les siècles s’agglutinent en ce lieu dérisoire, exigu, où la mort, une fois de plus, joue, avant son heure, son implacable, sa fatale partition. »

Je nécessite des pages et des pages pour vraiment apprécier un personnage. De fait, je n’ai pas été conquise par les protagonistes. Toutefois, j’ai plutôt été sensible à Anya et à sa volonté d’atteindre le but qu’elle s’impose.

À travers son court récit, l’auteure ne transcrit pas une simple histoire d’amour. C’est l’histoire de l’humanité qui, parfois, peut être juste en temps de guerre. Le texte est haché par des chapitres très courts, mais cela lui permet d’être percutant et de maintenir le lecteur en haleine et dans l’attente, à l’image des personnages.

« Sur cette parcelle du vaste monde, sur ce minuscule îlot de bitume, sur cette scène se joue, une fois de plus, une fois de trop, le théâtre barbare de nos haines et de nos combats. »

Chacun doit avoir sa propre interprétation de ce titre, mais il est certain qu’il est surprenant, plus que je ne pouvais l’imaginer.

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