Lettres croisées

25520677_10214609363458924_1329002553_o.jpg

Lettres croisées

Paul Cézanne et Émile Zola

Gallimard

435 pages

 

Quatrième de couverture 

Deux grands artistes, l’un peintre, l’autre écrivain. Deux amis de toujours et pour toujours. Leur amitié a débuté en 1853 ou 1854, au lycée d’Aix, et résistera longtemps à l’éloignement. Entre Cézanne et Zola, ce ne fut pas seulement une forte complicité de jeunesse, de proximité géographique ou de milieu, mais un même choix de sujets, de communautés d’artistes, de refus des académismes et des conventions, une même compréhension de l’époque. 

Leur correspondance, publiée jusqu’ici séparément, n’avait jamais été rassemblée ni confrontée. Pourtant, ces cent quinze lettres – malgré les pertes et les années manquantes – témoignent de leur dialogue entre 1858 et 1887 : leur sens véritable ne réside pas seulement dans leurs allusions aux événements de la vie privée ou de la vie sociale de chacun, mais dans leur existence même, et dans les autres échanges qu’elles présupposent, dont la trace s’est perdue. 

Si John Rewald, le premier éditeur de la correspondance de Zola en 1937, a pu affirmer jusqu’ici que les deux hommes s’étaient brouillés à la suite de la publication de L’Œuvre – pour le critique, le personnage de Lantier et son échec représentaient Cézanne et le sien –, une nouvelle lettre retrouvée en 2013, postérieure à celle de la «rupture », vient remettre en question toutes les thèses établies. C’est sous ce nouvel éclairage rendu possible par la recherche littéraire qu’Henri Mitterand nous guide à travers l’œuvre picturale et l’œuvre romanesque des deux artistes.

 

Mon avis 

Le livre entre les mains, la première page est à peine tournée que je perds déjà toute objectivité. Merveilleux recueil épistolaire entre deux grands hommes du XIXe dont l’amitié est à la hauteur de leurs nombreux talents.

« Ne sois pas égoïste : tes joies comme tes douleurs m’appartiennent. Quand tu seras gai, égaye-moi ; quand tu seras triste, assombris mon ciel sans crainte : une larme est quelquefois plus douce qu’un sourire. »

Henri Mitterand, grand spécialiste du Maître, nous invite à découvrir les échanges entre Cézanne et Zola au cours d’une vingtaine d’années. Des lettres d’une richesse incroyable qui nous permettent d’en apprendre plus sur leur relation et sur leur vie.

Ouvrage divisé en cinq grandes parties ou périodes qui permettent de suivre l’évolution de la correspondance des deux amis, mais les changements de leur vie, les rencontres qu’ils font, leurs travaux respectifs. Avant chaque partie, Henri Mitterand présente les échanges qui vont suivre et les contextualise. Des analyses qui se révèlent précieuses. Viennent alors les fameuses lettres. Des lettres justes, bouleversantes, mélancoliques. Longues ou brèves, elles retracent la magnifique amitié liant deux enfants qui ont grandi l’un vers l’autre, l’un loin de l’autre, mais dont la relation restera inchangée et inscrite dans l’éternité.

« Quelles que soient tes défaillances, quels que soient tes errements, tu seras toujours le même pour moi. »

Cette correspondance nous plonge au cœur de l’intimité de Zola et de Cézanne. Nous apprenons les doutes de ce dernier, ses découragements, ses craintes, mais aussi un talent caché d’écrivain, de vrai poète. Les alexandrins qu’il écrit sont remarquables. Nous découvrons un tout autre Zola, un écrivain à l’opposé de celui des Rougon-Macquart et dont la plume se rapproche de celle de La Confession de Claude. Tant d’émotion à la lecture de ces lettres qui sont comme un écho à l’amitié telle que nous pouvons la connaître. Une amitié profonde et unique comme nous en connaissons peu. Cézanne et Zola se sont trouvés et l’un ne pouvait aller sans l’autre.

Au fil des années, les lettres entre les deux amis d’enfance se font plus rares, mais ce n’est aucunement à cause de la publication de L’Œuvre. Cézanne prenait ses distances bien avant. Toutefois, il est certain qu’une amitié telle que la leur est précieuse et c’est là que réside toute la splendeur de leur relation et de ces Lettres croisées.

« Comme le naufragé qui se cramponne à la planche qui surnage, je me suis cramponné à toi, mon vieux Paul. Tu me comprenais, ton caractère m’était sympathique ; j’avais trouvé un ami, et j’en remerciais le ciel. J’ai craint de te perdre à plusieurs reprises ; maintenant cela me semble impossible. Nous nous connaissons trop parfaitement pour jamais nous détacher. »

Publicités

2 réflexions au sujet de « Lettres croisées »

  1. Ping : Bilan décembre 2017 | justinsunrise

  2. Ping : Bilan 2017 | justinsunrise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s