Anna Karénine

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Titre : Anna Karénine

Auteur : Tolstoï

Éditions : Folio classique

Pages : 894

 

  • Résumé :

La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

 

  • Mon avis :

Ah Tolstoï ! Ah Anna Karénine ! Avant de lire cette œuvre je l’idéalisais déjà beaucoup. Il y a une sorte d’aura qui virevolte autour d’elle. Après lecture, ce roman est comme je l’imaginais : unique, émouvant, inoubliable.

« Les jeunes filles de l’univers se divisaient en deux catégories : l’une, qui les comprenait toutes sauf ‟elle”, participait à toutes les faiblesses humaines ; l’autre, qu’elle composait à elle seule, ignorait toute imperfection et planait au-dessus de l’humanité. »

Dans ce beau pavé, plusieurs histoires se mêlent à celle de l’héroïne éponyme, mais toutes tournent autour de l’amour. L’amour présenté ici n’a rien de sot. Il est décrit avec une certaine volupté, comme quelque chose de singulier qui rend l’homme vivant. Au-delà des convenances de la société russe, Anna Karénine, fil conducteur de ce roman, va s’éprendre du comte Vronski et révéler cette liaison secrète à son mari Alexis Alexandrovitch Karénine. Ce dernier a pour dessein de sauver les apparences et de garder la réputation due à son nom. Derrière cette vague passionnelle qui touche également Lévine et Kitty, se trouvent des problèmes portant sur la politique et l’agriculture.

Tolstoï a fait le choix de plonger son lecteur dans l’intrigue dès la première page en présentant certains des personnages principaux et les liens qu’ils ont entre eux. Anna Karénine raconte donc deux passions : l’une heureuse, celle de Lévine et Kitty, et l’autre, le triangle Anna-Vronski-Karénine, considérée comme un mal. Toutefois, la passion, bien qu’elle soit très prenante et présente tout au long du roman, n’est qu’une partie de l’intrigue. L’autre repose sur l’importance du regard et du jugement d’autrui face à des situations peu habituelles et surtout non conventionnelles.

« Il ne pouvait s’y tromper : ces yeux étaient uniques au monde, et une seule créature personnifiait pour lui la joie de vivre, justifiait l’existence de l’univers. C’était elle. »

Étonnamment, j’ai apprécié le fait qu’il y ait beaucoup de personnages tant ils sont riches et variés. J’ai attendu avec impatience l’arrivée d’Anna qui fut magistrale et à la hauteur de mes espérances. Anna est l’incarnation de la beauté sous toutes ses formes. Elle est l’héroïne parfaite. Tout comme elle, j’ai été charmée par Vronski. C’est un personnage incroyable à la personnalité touchante. Karénine l’est également, mais à sa manière. Le fait qu’il soit plus sévère et assez porté sur les règles le rend quelque peu ennuyant, mais je crois qu’on ne peut qu’éprouver de la compassion à son égard. Le dernier personnage bouleversant selon moi est Lévine. On peut aisément s’identifier à lui tant il est humain et semble si réel.

J’appréhendais la lecture de ce monument littéraire. En effet, la plume de Tolstoï est si impressionnante. Elle est perturbante pour sa justesse et sa finesse sans rien avoir de complexe. Il y a certes quelques longueurs au fil des pages, mais l’auteur guide son lecteur pour qu’il ne se perde pas dans cette fabuleuse aventure au cœur de la Russie du XIXème.

« Tantôt elle songeait qu’elle aurait pu encore connaître d’heureux jours : combien il était dur d’aimer et de haïr tout à la fois ! combien surtout son pauvre cœur battait à se rompre !… »

En refermant cette œuvre, je ressens une certaine fierté et un petit pincement au cœur de devoir (déjà) quitter ces personnages, après plus de 800 pages de lecture. Je comprends enfin pourquoi ce roman est si grandiose. Merci Monsieur Tolstoï pour cette merveille.

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4 réflexions au sujet de « Anna Karénine »

  1. ninaselivre

    J’ai adoré Anna karénine que j’ai lu en début d’année , comme toi c’est la diversité des personnages qui m’a complètement fascinée ! J’ai un petit coup de cœur pour Levine !

    Répondre
  2. malecturotheque

    Ces presque 900 pages sont assez impressionnantes, et pourtant il m’arrive régulièrement de lire de tels pavés.
    En tout cas, je suis désormais bien convaincue : il faut que je lise « Anna Karenine ». Merci pour cette chronique si attrayante =)

    Répondre

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