À rebours

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Titre : À rebours

Auteur : Huysmans

Éditions : Folio classique

Pages : 397

  • Quatrième de couverture :

La Bible de l’esprit décadent et de la « charogne » 1900. À travers le personnage de des Esseintes, Huysmans n’a pas seulement résumé, immortalisé les torpeurs, les langueurs, les névroses vénéneuses et perverses du siècle finissant. Des Esseintes est aussi un héros kierkegaardien, à la fois grotesque et pathétique, une des plus fortes figures de l’angoisse qu’ait laissées notre littérature.

  • Mon avis :

Œuvre décadente par excellence, j’ai enfin lu À rebours avec l’habituelle appréhension accompagnant la lecture d’un monument de la littérature. Pour être sincère, je ne pensais pas apprécier ce roman en sachant qu’il « ne se passe rien », mais en réalité, il se révèle être incroyable, hors du temps. 

« Le fait est que, comme la douleur est un effet de l’éducation, comme elle s’élargit et s’acière à mesure que les idées naissent : plus on s’efforcera d’équarrir l’intelligence et d’affiner le système nerveux des pauvres diables, et plus on développera en eux les germes si furieusement vivaces de la souffrance morale et de la haine. »

Des Esseintes a fui la société parisienne afin de se retirer dans un endroit plus paisible. C’est une façon pour ce non-héros de se retrouver avec lui-même et de se concentrer sur toutes sortes de réflexions portant sur l’art, la littérature, la société ou la vie.

Ce roman est avant tout connu pour son cruel manque d’intrigue. Outre les nombreuses réflexions du protagoniste, il est vrai : il ne se passe strictement rien. Histoire d’ergoter, il est évidemment exagéré de dire cela. Après tout, en livrant ses pensées, le personnage principal fait une action, donc il se passe des choses, du moins dans son esprit et dans celui du lecteur. Mais passons. La folie de des Esseintes prend peu à peu le dessus sur ses pensées, les souvenirs et remords refont irrévocablement surface.

« Il faudrait pouvoir s’empêcher de discuter avec soi-même ; il faudrait pouvoir fermer les yeux, se laisser emporter par ce courant. »

Ce personnage est si singulier qu’il en devient exceptionnel. Il semble dénué de tout intérêt, ou du moins concernant la vie. Repoussé dans ses retranchements, exclu de la société, il développe une folie particulière et révélatrice de sa profonde intelligence. Peut-être est-ce pour cela que l’on ne peut détester ce non-héros.

Je me suis perdue à diverses reprises dans la beauté des phrases et des descriptions de Huysmans. Sa plume est si riche et talentueuse que les longues descriptions sont d’une délectation étonnante. Les passages où Huysmans évoque la littérature, sous toutes ses formes, et l’admiration que son personnage a pour elle ont été mes préférés tant ils sont justes et prodigieux.

« Comme un raz de marée, les vagues de la médiocrité humaine montent jusqu’au ciel et elles vont engloutir le refuge dont j’ouvre, malgré moi, les digues. »

À rebours est une œuvre complexe pour sa richesse, mais d’une beauté sans égale égayant les sens du lecteur. À lire pour sa splendeur et sa singularité.

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3 réflexions au sujet de « À rebours »

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