Les Mains sales

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Titre : Les Mains sales

Auteur : Jean-Paul Sartre

Éditions : Folio

Pages : 245

 

  • Quatrième de couverture :

« Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. »

  • Mon avis :

Mon récent engouement pour Sartre provient des Mots, qui fut une lecture surprenante. Suite à cette découverte, j’ai décidé de me tourner vers ses autres œuvres afin de voir si le génie était encore présent et non éphémère. En ouvrant Les Mains sales j’ai compris que cet auteur ne cesserait de me surprendre. 

Cette pièce de théâtre portant sur l’engagement politique se déroule en Illyrie, un pays peu connu dont l’existence remonte à avant J-C. Après sa sortie de prison, Hugo va chez Olga, et c’est à cette dernière qu’il va raconter la raison de son acte, celui concernant la mort d’Hoederer, chef du Parti Prolétaire auquel il appartient et qu’il avait pour mission de tuer.

« Tu parles trop, Hugo. Toujours trop. Tu as besoin de parler pour te sentir vivre. »

Il s’agit d’une pièce divisée en sept tableaux. Le premier et le dernier se déroulent dans le présent puisqu’il s’agit du moment où Hugo explique les véritables raisons qui l’ont poussé à tuer Hoederer. Dans les cinq autres, l’action se déroule deux ans auparavant, lorsque Hugo est devenu membre du Parti Prolétaire, qu’il s’est vu attribuer pour mission la mort de son chef, Hoederer, et qu’il a obtenu le poste de secrétaire auprès de ce dernier afin de se rapprocher au maximum de celui-ci.

Ces deux personnages principaux sont étrangement complémentaires. Le charisme et l’aisance d’Hoederer vont de pair avec l’innocence, la jeunesse fougueuse et le doute d’Hugo. Leurs échanges sont à couper le souffle à cause de la puissance qui en émane. Ma préférence s’est tournée vers Hugo qui est plus sensible et plus incertain qu’Hoederer, pour qui le chemin est déjà tracé. Hugo est encore naïf et a tant de choses à apprendre. Il incarne l’insouciance dans toute sa splendeur.

En confrontant ces deux personnages, Sartre dévoile toute la machination de l’engagement politique qui est renforcée par des réflexions portant sur le marxisme, à une époque où le nazisme domine. Mais je crois que ce qui ressort vraiment de cette pièce et des mots de l’auteur est l’importance de nos actes et la nécessité de prendre conscience de nos choix, selon la manière dont on les perçoit.

« Les hommes, tu les détestes parce que tu te détestes toi-même ; ta pureté ressemble à la mort et la Révolution dont tu rêves n’est pas la nôtre : tu ne veux pas changer le monde, tu veux le faire sauter. »

Il y a quelque chose de redoutable dans la plume de Sartre qui bouleverse tout en poussant à la réflexion. Cette pièce est certainement l’une des plus impressionnantes que j’ai lu jusqu’à présent, toutes les époques et tous les genres confondus. Sartre a irrévocablement fait quelque chose de grand, de très grand avec cette pièce dont on ne parle pas assez.

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Une réflexion au sujet de « Les Mains sales »

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