La Confession de Claude

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Titre : La Confession de Claude

Auteur : Zola

Éditions : Le Livre de poche

Pages : 238

  • Résumé de la quatrième de couverture :

« Cette histoire est nue et vraie jusqu’à la crudité. Les délicats se révolteront. Je n’ai pas pensé devoir retrancher une ligne, certain que ces pages sont l’expression complète d’un cœur dans lequel il y a plus de lumière que d’ombre. Elles ont été écrites par un enfant nerveux et aimant qui s’est donné en entier, avec les frissons de sa chair et les élans de son âme. Elles sont la manifestation maladive d’un tempérament particulier qui a l’âpre besoin du réel et les espérances menteuses et douces du rêve. Tout le livre est là, dans la lutte entre le songe et la réalité. »

  • Mon avis :

L’appréhension est inévitable lorsque l’on découvre le premier roman d’un écrivain à qui l’on accorde beaucoup d’importance. Allons-nous retrouver son talent alors que celui-ci était, à l’époque, si peu reconnu ou simplement minime ? C’est pour cette raison que j’ai mis la barre haute avec La Confession de Claude, dans l’espoir de peut-être la surpasser. 

« Je n’ai que faire de me justifier devant vous. Je sais que vous voyez clair en mon âme, que vous expliquez mes actes par des pensées de justice et de devoir. Vous avez plus de confiance en moi que je n’ose en avoir moi-même. »

Claude, jeune homme d’une vingtaine d’années, est né et a vécu toute son enfance en Provence, qu’il a décidé de quitter pour aller vivre à Paris, où il va découvrir la fatalité des relations humaines, et plus particulièrement amoureuses. Le récit de Claude, aussi singulier soit-il, relate ses premières peines.

Ce sont des lettres-chapitres, aussi bien longues que courtes, qui vont raconter une année de l’existence de Claude, année fatidique à un âge où l’on se pose trop de questions. Il découvre la vie parisienne et la misère de ses débuts. Son premier combat est de survivre, avant d’être perturbé par l’arrivée de Laurence, jeune prostituée qu’il va sauver avant de s’en éprendre. La fougueuse Laurence qui a l’unique but de profiter de la vie sans se soucier du ressenti de Claude, va apprendre à vivre une vie de couple non désirée. La souffrance et les doutes de Claude vont devenir de plus en plus présents et pesants, au point d’étouffer les deux amants.

« Je ne sais comment les autres sont jaloux. Moi, je suis jaloux de tout mon corps, de tout mon cœur. Lorsque le doute est entré en moi, il veille, travaille impitoyablement ; il me blesse à chaque seconde, me fouille, entre toujours plus avant. La douleur est physique ; l’estomac se serre, les membres s’affaissent, la tête se creuse, il y a faiblesse et fièvre. Et, au-dessus de ces maux de nerfs et de muscles, je sens l’angoisse de mon cœur, profonde, éperdue, qui me presse, me brûle sans relâche. »

Les personnages sont peu nombreux et c’est pour cette raison que je ne vais parler que de Claude parce qu’il a retenu toute mon attention. Claude est un doux mélange entre Frédéric de L’Éducation sentimentale et du Werther de Goethe. Il incarne l’innocence d’un monde nouveau, la naïveté d’une jeunesse perdue. Il est l’image du poète qui, dans son éternel recherche du bonheur, ne se heurte qu’au malheur. Sa sensibilité est aussi touchante que renversante. Claude est absolument parfait. Paraît-il qu’il y aurait un peu de Zola en Claude, j’ose l’imaginer.

L’écriture de Zola n’est certes pas la même que celle des Rougon-Macquart, on retrouve ici quelque chose de fragile, d’un peu maladroit, mais de vrai. La souffrance de Claude se ressent, tout comme cette étonnante complicité avec les deux destinataires des lettres, qui sont bien évidemment associées à Cézanne et Baille. J’ai bien fait d’attendre beaucoup de ce roman, parce qu’il est troublant et imparfait. Cette imperfection est ce qui rend ce roman si exceptionnel.

« – Lève-toi, et battons-nous ; réveille-toi, et crie, jure, montre-moi que tu vis encore en me faisant souffrir. »

La confession que nous fait Claude est triste, et c’est ce qui en fait toute la beauté. Cette œuvre est la première de Zola, et certainement l’une de ses meilleures. Aucun doute n’est possible sur le talent qui s’en dégage et sur la grandeur de son auteur.

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