Le Rouge et le Noir

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Titre : Le Rouge et le Noir

Auteur : Stendhal

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 512

  • Résumé :

Fils de charpentier, Julien Sorel est trop sensible et trop ambitieux pour suivre la carrière familiale dans la scierie d’une petite ville de province. En secret, il nourrit une fascination pour Bonaparte et ses mémoires compilés dans Mémorial de Saint-Hélène de Las Cases. Il rêve d’une ascension similaire à celle de l’empereur. Julien trouve une place de précepteur dans la maison du maire, Monsieur de Rénal, et noue une relation interdite avec son épouse. Chassé lorsque cette idylle est découverte, il rentre au séminaire de Besançon. Avant peu, il monte à Paris et devient le secrétaire du Marquis de la Mole, dont il séduira la fille Mathilde. Jusqu’au bout, Julien Sorel verra son ambition contrecarrée par ses sentiments, qui le conduiront à sa perte.

  • Mon avis :

Pendant des années, je me suis détournée du regard que me jetait ce livre, effrayée à l’idée de lire du Stendhal. Cette appréhension vient du fait que j’ai toujours entendu des avis négatifs sur cet auteur et plus particulièrement sur ce livre. Vous ne pouvez pas savoir mon étonnement, puis ma joie de me dire, après la lecture du Rouge et le Noir, que je ne les partage pas. 

Si connue est l’histoire de Julien Sorel, fils d’un charpentier qui, grâce à son incroyable intelligence, va devenir le précepteur des enfants de Monsieur et de Madame de Rênal. Malgré son aversion pour la bourgeoisie, il va vite s’éprendre de cette dernière qui partagera son amour. Toutefois, Julien garde à l’esprit sa fascination pour Napoléon Bonaparte et son éternel désir de se faire une place dans le beau monde.

« Eh, monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. »

Les premières pages sont déroutantes parce que, aussi étonnant que cela puisse l’être venant d’un auteur réaliste, il n’y a pas de longues descriptions. Nous sommes directement plongés au coeur de l’action et de la vie de Julien. Suivre l’ascension sociale de Julien est certes intéressant, mais peut paraitre quelque peu pompeux puisque c’est un thème ancré dans les romans de l’époque. Mais cette ascension coexiste grâce aux trois grandes figures de ce roman : Madame de Rênal, Mathilde de la Mole et Napoléon Bonaparte.

Quel mépris ai-je ressenti pour Mathilde. Outre le fait qu’elle aime Julien, rien en elle ne requiert de l’attention. Ce qui n’est évidemment pas le cas de la chère Madame de Rênal que j’ai adoré. Cette femme est sincèrement fabuleuse pour ses mots, mais surtout pour ses actes. Est-il nécessaire de préciser que Julien s’ajoute à ma liste de mes personnages préférés ? Ce héros torturé aussi bien dans son esprit que dans son coeur, est si imbu de sa personne et manque cruellement d’honnêteté, que c’est pour cette raison que je l’ai adoré, ou plutôt que j’ai adoré le détester au point de compatir avec lui et de le comprendre. Je crois qu’on peut le considérer comme une figure mythique, fidèle à lui-même, jusqu’au bout.

« Le sacrifice que je m’impose est digne de vous, je me prive de quelques heures du plus étonnant bonheur qu’une âme humaine puisse goûter, c’est un sacrifice que je fais à votre réputation : si vous connaissez mon coeur, vous comprenez la violence que je me fais. Serez-vous toujours pour moi ce que vous êtes en ce moment ? »

Mais quelle erreur de juger l’oeuvre de Stendhal comme difficile ! Son écriture est simple, le style est vraiment agréable. Connaitre le ressenti d’un personnage en étant dans sa tête est une expérience si particulière qu’elle en devient captivante. Et puis toutes les références présentes nécessitent une certaine culture, mais il n’empêche qu’elles renforcent la richesse de ce livre. Toute la grandeur de cette oeuvre revient d’abord au chapitre XIX, mais surtout aux cent dernières pages marquant le coup de grâce des quatre-cents précédentes pages.

Ce livre est à lire, c’est certain, même si vous avez des a priori dessus. Je ne pensais pas l’apprécier autant. Le Rouge et le Noir est l’un des rares romans où le héros est digne d’être un héros.

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6 réflexions au sujet de « Le Rouge et le Noir »

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