Jacques le fataliste et son maître

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Titre : Jacques le fataliste et son maître

Auteur : Diderot

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 361

  • Résumé de la quatrième de couverture :

D’entrée de jeu, c’est sous le signe de l’incertitude et de l’ironie que Diderot place le roman qu’il publie de 1778 à 1780. Jacques et son maître devisent en voyageant, mais bientôt le récit des amours de Jacques s’interrompt, ouvre à d’autres histoires et à d’autres rencontres dans ce livre admirablement virtuose où la parole circule de narrateur en narrateur. La parole, mais aussi bien la réflexion sur notre liberté et sur le fatalisme qui fait de Jacques un manuel de gai savoir en même temps que ce roman toujours neuf dont l’esthétique de la rupture, de la provocation et du rebond fonde encore la modernité. 

  • Mon avis :

Quelle oeuvre incroyable est Jacques le fataliste, aussi subtile qu’ironique soit-elle. Bien qu’elle semble plutôt repoussante à première vue puisqu’il s’agit de Diderot, cette lecture se révèle être bien plus qu’une simple aventure.

Jacques et son maître entreprennent un voyage au cours duquel Jacques va relater ses amours. Cela ne sera bien évidemment pas aussi simple qu’il n’y paraît car il sera sans cesse interrompu   par son maître ou par les diverses péripéties auxquelles ils sont confrontées ou encore par les interventions du narrateur. C’est à se demander si Jacques réussira à finir l’histoire de ses amours.

« Tout ce qui nous arrive de bien et de mal en ce monde est écrit là-haut… »

La construction du roman, qui est très atypique, rend l’intrigue singulière. Trois grandes lignes narratives sont mêlées les unes aux autres : celle de l’histoire des amours de Jacques, celle des anecdotes du maître ou de Jacques qui concernent, le plus souvent, d’autres personnages, et celle du narrateur qui est en réalité la voix de Diderot. La force majeure de cette intrigue est donc la pluralité des narrateurs qui est très perturbante au commencement de la lecture, mais dont on s’habitue vite.

Les personnages sont certes complexes à cause de la narration qui peut nous perdre, mais ils sont extrêmement intéressants, surtout Jacques et son éternel fatalisme qui pousse le lecteur à se poser autant de questions qu’il ne s’en pose lui-même. Quant à son maître, je l’ai apprécié dans ses nombreux débats, souvent ironiques, qu’il a avec Jacques. Mais le plus déstabilisant reste le fait qu’ils ont les deux leurs propres idées sur le monde et les choses qui les entourent, ce qui crée toute la dérision de l’oeuvre.

«  Votre imagination se noircit furieusement, et c’est l’effet de cette abominable solitude où vous vous êtes renfoncée. » 

Étant de Diderot, il va de soi que l’on trouve de la philosophie dans ce texte, notamment à travers le fatalisme du personnage de Jacques. La philosophie a tendance à rebuter, mais elle est loin d’être complexe ici, puisque nous pouvons tous interpréter le texte à notre manière grâce au narrateur qu’est Diderot, puisqu’il remet en doute la parole de son lecteur et que la fin laisse libre cours à notre imagination. Si ce livre est toujours d’actualité, c’est certainement parce qu’il est plutôt simple à saisir et parce qu’il traite de sujets variés comme la liberté, le mal ou encore la morale.

C’est une aventure incroyable que nous peint Diderot, avec deux personnages dont l’histoire est tout aussi agréable à lire qu’étonnante. L’originalité de l’oeuvre est incontestable, je crois bien que j’ai rarement lu un roman aussi ingénieux.

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