La Femme de trente ans

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Titre : La Femme de trente ans

Auteur : Honoré de Balzac

Éditions de la bibliothèque mondiale

Pages : 224

  • Résumé :

« Le mariage ne vous réussit point. » Tout est là. L’histoire de cette jeune femme qui a épousé étourdiment son bellâtre très fort sur l’équitation est l’histoire implacable des déceptions de la vie conjugale, des déceptions de l’intimité conjugale. En dépit du décor, tout est brutal. C’est une confession de jeune mariée. Tout est admirable : la nullité du mari soutenu en secret, le dévouement pour garder les apparences sans les compensations de l’amour, et, au fond de tout cela, l’égoïsme de l’homme, une existence vide à perpétuité entrevue avec désespoir. La répugnance pour l’intimité conjugale est le secret de toute cette vie. La douairière ne s’y méprend pas. « Le mariage ne vous réussit point. » C’est l’histoire d’un mauvais départ.

A partir de ce livre, Balzac est devenu le peintre des femmes, non pas seulement le peintre de la femme de trente ans, mais l’écrivain qui sait dire ce qu’elles n’osent pas s’avouer.

  • Mon avis :

Texte avant tout fragmenté, il sera complété au fil des ans, durant une dizaine d’années, par Balzac, pour devenir en définitive La Femme de trente ans, roman sur une femme qui éclaire la condition de nombreuses autres. 

« Il y a beaucoup d’hommes dont le coeur est puissamment ému par la seule apparence de la souffrance chez une femme : pour eux, la douleur semble être une promesse de constance et d’amour. »

Au commencement, Julie n’est qu’une adolescente qui va tomber amoureuse du général et marquis Victor d’Aiglemont. Le mariage, qu’elle voyait synonyme d’amour et d’heureux évènements, va vite la faire déchanter lorsqu’elle se rendra compte que ce qu’elle croyait être la définition même du bonheur, se révèle être qu’une profonde déception.

Une intrigue qui paraît complexe car chaque partie ne fait pas objet d’une transition claire, on peut donc se retrouver bien vite perdu dans la vie de la marquise d’Aiglemont, allant de son adolescence à sa mort. Mais cela n’empêche pas le fait que ce roman soit l’un des plus beaux et vrais que j’ai lu de Balzac jusqu’à présent. S’il semble aussi incroyable, c’est certainement parce qu’il traite de sujets pouvant être ramenés à notre époque. Outre le mariage et tout ce qu’il peut entrainer, ici il s’agit de la perte des libertés de la femme ou  de l’adultère, Balzac évoque les sentiments et désirs féminins, puis, cette mélancolie et cette profonde solitude prenant vie en Julie. Balzac peint le portrait de la femme de la plus belle des manières : en la sublimant.

« Je n’ai pu résister plus longtemps au plaisir d’entendre votre voix, d’être auprès de vous. C’était une folie, un délire. Je ne suis plus maître de moi. Je me suis bien consulté, je suis trop faible. Je dois mourir. Mais mourir sans vous avoir vue, sans avoir écouté le frémissement de votre robe, sans avoir recueilli vos pleurs, quelle mort ! »

C’est à travers le personnage de Julie que chaque femme peut se reconnaitre. En suivant son évolution, ses peines et blessures, ses joies et amours, on se rend compte qu’elle est un portrait de la femme universelle. Je n’évoquerais point Victor qui m’est apparu comme étant grandement désagréable, mais je vais plutôt parler de ce cher Lord Arthur Grenville. Bien que son apparition est été trop brève à mes yeux, ce personnage est le plus intéressant pour l’importance qu’il prend dans le coeur de la marquise. Je l’ai trouvé touchant et bien plus humain que Victor.

Il va de soi qu’on ne peut rien trouver à redire de la plume de Balzac, si ce n’est qu’elle est bouleversante par sa beauté. Des descriptions pouvant faire rêver n’importe qui, des faits relatés avec la plus grand des précisions, et une histoire racontée avec une douceur indescriptible.

« Mais la raison est toujours mesquine auprès du sentiment ; l’une est naturellement bornée, comme tout ce qui est positif, et l’autre est infini. »

J’ai cru lire ce cher Goethe, mais c’était bien un Balzac que j’avais entre les mains. C’est un roman émouvant par sa magnificence, ou plutôt un chef-d’œuvre trop peu connu, pour ne pas dire inconnu, et qui se révèle être le tableau de la condition de la femme qui semble être encore d’actualité.

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2 réflexions au sujet de « La Femme de trente ans »

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