Pourquoi Zola ?

L’idée de créer un nouveau rendez-vous m’est venue en tête il y a quelques mois. Le but étant de parler non pas d’un livre en particulier, mais plutôt d’un auteur et de pourquoi cet auteur. On a tous des auteurs qui nous ont marqué de telle ou telle manière et c’est ce dont je voudrais parler dans mes articles « Pourquoi … ? ».

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Quand on me demande qui est mon auteur préféré, un seul nom me vient à l’esprit : Émile Zola. Il est souvent redouté, parce que « trop de descriptions », « trop cruel », « trop laborieux », et j’en passe. Parler de sa vie, aussi intéressante et surprenante qu’elle était, ne vous fera certainement pas changer d’avis à son sujet. Néanmoins, je peux parler de ce qu’il a changé en moi et de « pourquoi Zola ».

« Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. »

« J’accuse !… »

Comme tous les grands noms de la littérature, Zola m’effrayait. Comment une adolescente telle que moi pouvait s’attaquer au Maître, lire celui qui a écrit des livres définis comme étant « assommants » ? Mon esprit de contradiction a pris le dessus, et c’est ainsi qu’Au Bonheur des Dames s’est retrouvé entre mes mains. Dire que ce livre a été une révélation serait bien faible, et pourtant… À partir de cette lecture, qui a changé ma vision des choses et mon approche à la littérature, un objectif plus ambitieux est né : lire les fameux Rougon-Macquart. Je me suis dit que cette entreprise serait plus simple, après tout il était question d’une vingtaine de livres. A l’heure actuelle, il ne me reste plus que quatre Rougon-Macquart à lire. Je n’avais pas pour envie de me presser parce qu’après la lecture d’un Zola, j’ai besoin d’une coupure, pour digérer. Mes pannes de lecture ne peuvent s’arrêter qu’avec un Zola, parce qu’aussi complexe qu’il peut être, il permet de me replonger dans la réalité et de m’y maintenir aussi longtemps qu’il peut tout comme il permet l’évasion, bien plus que certains auteurs.

« Va donc, homme célèbre, grand artiste, mange-toi la cervelle, brûle ton sang, pour monter encore, toujours plus haut, toujours plus haut ; et si tu piétines sur place, au sommet, estime-toi heureux, use tes pieds à piétiner le plus longtemps possible ; et, si tu sens que tu déclines, eh bien, achève de te briser, en roulant dans l’agonie de ton talent qui n’est plus de l’époque, dans l’oubli où tu es de tes oeuvres immortelles, éperdu de ton effort impuissant à créer davantage ! » 

L’Oeuvre

Zola c’est des descriptions très précises sur des objets du quotidien dont l’idée ne nous viendrait même pas à l’esprit d’en dire autant dessus, mais lui, il l’a fait. Zola c’est aussi l’histoire de cette famille sur plusieurs générations, cette famille dont il est difficile de se détacher parce qu’on connait ses secrets les plus sombres et ses joies les plus belles. Zola c’est le romancier, c’est l’auteur de contes, mais c’est aussi l’homme qui met sur papiers ses sentiments les plus intimes.  Son style, propre à toute une époque, restera l’un de mes préférés parmi tous les styles que l’on retrouve dans la littérature. Dois-je préciser que le naturalisme vaincra toujours ou est-ce pousser l’excès à ses limites ?… J’ai été émue par l’auteur pour les destins, qu’ils soient tragiques ou non, qu’il réserve à ses personnages, mais aussi et surtout par l’homme qui s’est battu une grande partie de sa vie.

« Rien n’est jamais fini, il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence. »

Germinal

Je crois que l’on a tous une approche différente des livres que l’on lit, des histoires que l’on achève. Je ressens toujours ce sentiment de vide lorsque je ferme un livre de Zola. Étrangement, ce vide fait du bien, certainement parce que le Maître a mis des mots sur l’innommable, qu’il a décrit l’homme sans ses nombreux artifices, qu’il a écrit la vie telle qu’elle est. Il me surprendra toujours. Il m’a donné une raison de lire encore plus et il est devenu cette raison de lire. Voilà, « pourquoi Zola ».

« Nulla dies sine linea »

 

 

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2 réflexions au sujet de « Pourquoi Zola ? »

  1. bibliblogueuse

    Je ne me lasse pas non plus de ce genre de littérature. J’ai relu l’Assommoir cet été : un pur régal ! Je te trouve courageuse de lire toute la saga, bravo, et je suppose que c’est très enrichissant. Voilà un auteur qui a marqué l’histoire de la littérature, et un des rares qu’on étudie au lycée ET qui ne rebute pas (enfin, pas tout le monde, du moins !)

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