Nouvelles noires

Nouvelles noires.jpg

Titre : Nouvelles noires

Auteur : Émile Zola

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 485

 

* Résumé de la quatrième de couverture :

Écrites pour l’essentiel entre 1875 et 1880, les nouvelles de Zola ont été publiées, incomplètement et dans un ordre aléatoire, en 1882 et en 1885. Elles sont, tout autant que ses romans, révélatrices de l’attention que l’auteur portait au monde contemporain, des pentes de son imaginaire et de sa virtuosité narrative.

Les Nouvelles noires ont ainsi en commun une ligne narrative qui conduit les principaux protagonistes à une destinée tragique ou à une vie manquée.

 

* Mon avis :

Il fallait que je lise des nouvelles du Maître pour arriver à enfin être réconciliée avec ce genre littéraire. Ce recueil regroupe neuf nouvelles qui sont divisées en trois triades : Les Perverses, La Guerre et Fatalités. Je ne vais m’arrêter que sur celles que j’ai préféré et qui m’ont marquées.

Dès la première nouvelle des Perverses, j’ai été conquise. Naïs Micoulin relate un amour qui semble impossible entre la fille du métayer et le fils du maître de la propriété. Bien que la fin tragique soit évidente, Zola arrive à créer l’étonnement avec sa chute. Le personnage de Naïs peut sembler être le cliché de la femme naïve, trahie et délaissée, mais elle n’en reste pas moins intéressante. Quant à Frédéric, son portrait est clairement similaire à celui de Maxime dans La Curée par bien des points que ces deux personnages ont en commun.

J’attendais beaucoup de la nouvelle Pour une nuit d’amour puisque j’en avais déjà entendu parler. Tout comme la première nouvelle, la perversité que l’on retrouve ici est dans la tournure des évènements qui est affreusement surprenante. Julien est laid. Sa ressemblance avec Quasimodo est quasiment évidente. Sa laideur laisse pourtant place à une beauté intérieure inégalable. Son amour pour la froide Thérèse fait mal, tout simplement parce que l’on se rend compte, à l’avance, de la supercherie. Cette dernière va se jouer de lui jusqu’à qu’il souffre. Le personnage de Julien est si touchant qu’il rend cette nouvelle malsaine puisqu’il est aveuglé par son amour pour Thérèse qui le conduira à sa destruction.

Madame Sourdis est certainement la nouvelle dont l’écriture est quasiment parfaite. Son thème est l’art, elle fait donc écho à L’Œuvre, bien que ce roman ait été publié six années après. J’ai beaucoup apprécié le retournement de situation présent dans cette nouvelle : l’élève dépasse le maître. Adèle, douée en peinture, l’est presque autant que son mari Ferdinand. Malgré tout, elle s’efface pour lui laisser toute la gloire, jusqu’au jour où Ferdinand n’arrive plus à peindre. Adèle va alors peindre d’abord les fonds, puis les détails finaux, pour devenir la véritable créatrice des tableaux de son mari. Adèle représente le personnage féminin type chez Zola, c’est-à-dire la femme qui reste dans l’ombre de son mari, alors que son importance est supérieure et que sa présence ne passe définitivement pas inaperçue. Je crois que c’est également dans cette nouvelle que l’on ne peut qu’admirer le talent descriptif de l’auteur par rapport à l’art.

La deuxième triade débute avec Les trois guerres. Cette nouvelle est relativement perturbante car elle est écrite à la première personne et semble être une nouvelle autobiographique portant sur la jeunesse de l’auteur. Il évoque la guerre de Crimée, puis la guerre d’Italie de 1859 et la guerre franco-prussienne de 1870. Outre ces trois guerres, le narrateur évoque également son amitié avec les deux frères Julien et Louis. Le narrateur s’efface ici au profit de la fougue de Louis et de la sensibilité de Julien. Un texte incroyablement réaliste qui apparait comme étant un profond souvenir de l’auteur.

La Mort d’Olivier Bécaille est certainement la plus extraordinaire de toutes. Dès la première phrase Zola frappe fort avec son personnage qui parle de sa propre mort. Olivier Bécaille est mort dans son lit, mais il entend les autres autour de lui, il ressent leur présence, il est encore pleinement conscience mais pourtant il est mort. Ce récit sur la mort est incroyable, les descriptions du ressenti du personnage sont assez réelles et intrigantes. La chute de cette nouvelle est mémorable et montre que cette dernière est la plus aboutie de l’auteur.

Je connaissais Zola pour ses romans et maintenant pour ses nouvelles. Ce recueil de nouvelles dites noires est impressionnant pour la diversité des thèmes qui, pour la plupart, sont annonciateurs du talent certain que l’on retrouvera dans les Rougon-Macquart.

Publicités

3 réflexions au sujet de « Nouvelles noires »

  1. Ping : Bilan + Book Haul estival 2016 | justinsunrise

  2. Ping : Nouvelles roses | justinsunrise

  3. Ping : Bilan annuel 2016 | justinsunrise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s