Le Coma des mortels

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Titre : Le Coma des mortels

Auteur : Maxime Chattam

Éditions : Albin Michel

Pages : 389

 

* Résumé de la quatrième de couverture :

Qui est Pierre ? Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ? un rêveur ? Un affabulateur ? Un assassin ? Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

 

* Mon avis :

Ce qui est assez exceptionnel avec Maxime Chattam, c’est qu’il ne fait jamais la même chose. Essayez de comparer ce livre à son précédent, Que ta volonté soit faite. C’est impossible pour la simple et bonne raison qu’on est dans deux univers différents, deux sortes de thriller n’ayant rien en commun outre le talent de la plume de l’auteur. Je vais essayer de mettre des mots sur ce roman, malgré sa complexité.

Pierre est un homme qui, après s’être retrouvé au plus bas, essaye de recommencer sa vie, une nouvelle vie. Il cherche à devenir un nouvel homme qui n’a plus de passé et qui se contente de son présent pour arriver à forger un futur. Mais en réalité, ce n’est pas aussi simple que cela car Pierre cache la vérité. Pierre ne dit pas qui il est parce que lui-même ne sait pas quelle est sa véritable nature.

« Les êtres humains ne sont pas des livres qu’on met côte à côte pour choisir celui qu’on préfère. »

Ce personnage se cherche, il n’essaye pas de devenir un homme bon, mais plutôt être lui-même. Son état d’esprit est assez perturbant car le lecteur découvre une sorte de « nouveau-né » comme il le dit si bien. On apprend à connaitre Pierre en même temps qu’il apprend à se connaitre lui-même. Le livre commence par la fin pour se terminer sur le début, l’objectif étant d’arriver à la vérité. La vérité au sujet de Pierre et sur sa vie est déroutante et on peut même se demander si, une fois la révélation faite, on n’a pas été trompé depuis le début et s’il ne faut pas tout reprendre pour essayer de comprendre cet être complexe qui est en nous.

Oui, Pierre est en nous ou alors on a tous un petit peu de Pierre en nous, c’est pour cela qu’il est si particulier. La fascination à son égard est immédiate, pour son instabilité émotionnelle et psychologique, mais surtout pour toute la complexité qu’il dégage et qui montre la difficulté morale de l’être humain. Néanmoins, les autres personnages ont aussi une grande importance dans la vie de Pierre puisqu’ils permettent l’émergence d’un homme qui se renouvelle chaque jour dans sa quête de la vérité sur lui et sur autrui. La figure de prophète d’Antoine est dérangeante car ce dernier ne dicte pas une forme de bonne conduite à Pierre, mais vise plutôt le lecteur qui suit les psychoses de Pierre, ses doutes, ses regrets, ses peurs.

« Transgressez les codes. Affranchissez-vous de vos trajectoires balisées et sagement formatées. Soyez vous, vraiment. Si tout le monde le fait ce sera alors le chaos, c’est vrai, mais putain ce que ce sera bon. Personne n’a jamais dit que le paradis c’était l’ordre. L’ordre, les lois impérieuses, les contraintes morales, idéologiques, les obligations de comportement, les frustrations, les souffrances, tout ça c’est l’enfer. Vous n’avez donc pas compris ?

Vous vivez en enfer. »

On parle de virtuosité pour ce roman ? Très certainement. La noirceur qui se retrouve et qui est la signature de Chattam est incroyable. Le cynisme et l’humour noir du personnage principal sont grandioses. Mais le plus extraordinaire dans tout cela, c’est que ce thriller ou ce qui peut se rapprocher du thriller, n’est pas là pour clamer haut et fort la mort sanguinaire de personnages baignant dans le mélodrame. Bien au contraire, ce thriller est l’expression la plus insensée pouvant définir ce qu’est la vie et la liberté de l’être humain qui, pendant trop longtemps, a été prisonnier de lui-même.

 

Ce livre est puissant dans sa frappe qui touche en plein cœur et en plein esprit son lecteur. Il procure la sensation de rester dans l’incompréhension même une fois terminé et continue de propager le doute avec l’écho des mots de Pierre qui ne peuvent laisser indifférent. Merci Mr Chattam.

 

* Ma note :

9/10

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8 réflexions au sujet de « Le Coma des mortels »

  1. plumedecajou

    Mon billet est un peu l’antithèse du tien héhé, tant rien ne m’a convaincue dans ce roman. Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à te lire (+ qu’à lire :p) et à comprendre ce qui a su te convaincre dans cette histoire.
    Au plaisir de te lire,
    Cajou

    Répondre
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