Les Faux-Monnayeurs

Les faux-monnayeurs

Titre : Les Faux-monnayeurs

Auteur : André Gide

Éditions : Folio

Pages : 378

 

* Quatrième de couverture :

« – Depuis quelque temps, des pièces de fausse monnaie circulent. J’en suis averti. Je n’ai pas encore réussi à découvrir leur provenance. Mais je sais que le jeune Georges – tout naïvement, je veux le croire – est un de ceux qui s’en servent et les mettent en circulation. Ils sont quelques-uns, de l’âge de votre neveu, qui se prêtent à ce honteux trafic. Je ne mets pas en doute qu’on n’abuse de leur innocence et que ces enfants sans discernement ne jouent le rôle de dupes entre les mains de quelques coupables aînés. »

 

* Mon avis :

Avant de débuter un livre, il y a deux sortes de peur qui s’offrent à nous. La première est de passer à côté du livre, de ne pas l’apprécier à sa juste valeur. La seconde est liée au risque que peut prendre une personne qui vous le conseille et au risque que vous prenez en le lisant, et cette peur, est bien plus complexe quand on réalise que deux instances avec des goûts plus ou moins différents entrent en scène. Je crois qu’on n’est jamais réellement à l’abri d’une déception. Et rarement, très rarement, on peut tomber sur des perles qui vont au-delà de nos espérances.

Après réflexion, je pense qu’il sera toujours difficile de définir pleinement l’intrigue de ce livre. Non, ce n’est pas une histoire sur l’argent et ses trafics comme pourrait nous le faire penser le titre. C’est bien plus simple que cela, ou plus complexe, tout dépend de la façon dont nous voyons les choses. Je peux vous dire qu’il s’agit de Bernard et d’Olivier, deux adolescents qui se cherchent, et d’Édouard qui essaye d’écrire un roman qui ne sera pas comme les autres, mais ceci n’est qu’une infime partie de ce dont il est vraiment question. En bref, il s’agit des émois amoureux d’adolescents et de jeunes adultes dans toute la frénésie qui émane d’eux.

« Je ne suis jamais que ce que je crois que je suis – et cela varie sans cesse, de sorte que souvent, si je n’étais là pour les accointer, mon être du matin ne reconnaîtrait pas celui du soir. Rien ne saurait être plus différent de moi, que moi-même. »

J’ai aimé Bernard, j’ai adoré Olivier, mais j’ai préféré Édouard. Ce dernier est l’un des meilleurs personnages de tous les romans réunis que j’ai lu jusqu’à ce jour. J’ai été charmée par toute sa personne, par son caractère à la fois impétueux et pondéré. Ça doit être parce qu’il écrit un roman, qui s’intitule Les Faux-monnayeurs, qu’il m’a tant intéressée. Il semble être la voix de l’auteur, ou du moins l’un des voix de l’auteur et ça, c’est incroyablement perturbant. Puis il y a Bernard et Olivier, les deux adolescents qui se cherchent, se trouvent, se perdent. Ils sont géniaux parce que l’un est fougueux, l’autre est sensible, mais ensemble, ils ne forment qu’un et leur attachement mutuel est surprenant voire même bouleversant. Laura est, à mes yeux, le grand personnage féminin de ce roman qui est extraordinaire. S’identifier à ses mots était aisé, certainement parce que sa situation, bien qu’elle soit peu commune, la rend délicate et attachante.

Mais ce que je vais retenir de ce livre, c’est la profonde beauté qui se dégage des personnages, mais surtout de l’écriture de l’auteur qui les rend pleinement vivants. La façon dont Gide relate les faits est émouvante. C’est la naissance d’un surplus d’émotions sans cesse bousculé à chaque phrase. Peut-être est-ce le thème de l’homosexualité, qui à l’époque n’était que trop peu évoqué, ou alors est-ce le talent monstrueux de l’auteur qui fait de ce roman un monument. La forme qu’il prend est tout aussi impressionnante et perturbante : un divin mélange entre la narration, le journal intime et le roman épistolaire. C’est brillant !

« En vous disant adieu, je tâcherai de ne pas trop regretter la vie, mais je crois que vous n’avez jamais très bien compris que l’amitié que vous eûtes pour moi reste ce que j’aurai connu de meilleur – pas bien compris que ce que j’appelais mon amitié pour vous portait un autre nom dans mon cœur. »

C’est au bout d’une centaine de pages que la fascination, à l’égard de ce que je lisais et pour l’auteur, a émergé en moi et que j’ai compris ce qui avait pu (te) plaire dans ce roman. C’est au bout de deux-cents pages que j’ai su que ce livre était grandiose et que ce n’était pas faire fausse route en me le conseillant. C’est au bout de trois-cents pages que je me suis dit que je pouvais classer cette œuvre dans mes meilleures lectures et qu’il fallait que j’attende la fin de cette chronique pour (te) le dire. Et c’est en refermant Les Faux-monnayeurs que je ne peux que le conseiller à mon tour et (te) dire merci.

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5 réflexions au sujet de « Les Faux-Monnayeurs »

    1. justinsunrise Auteur de l’article

      Merci beaucoup 🙂
      J’ai lu que Le Grand Troupeau de Giono et Aurélien d’Aragon, mais j’ai bien aimé ces deux livres. Mais à choisir, lis Gide avant de lire les deux autres 😉

      Répondre
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