Celle que vous croyez

Celle que vous croyez

Titre : Celle que vous croyez

Auteur : Camille Laurens

Éditions : Gallimard

Pages : 186

 

* Résumé de la quatrième de couverture :

Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook : vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire, et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe – pseudo de KissChris – va tomber amoureux.

En un vertigineux jeu de miroirs entre réel et virtuel, Camille Laurens raconte les dangereuses liaisons d’une femme qui ne veut pas renoncer au désir.

 

* Mon avis :

Non ce n’est pas uniquement une histoire d’amour, c’est bien plus que cela. Quelques heures après avoir terminé ce livre, je suis encore perturbée par ce que j’ai lu. Camille Laurens nous offre un puissant thriller psychologique.

Ce roman se divise en deux parties. Dans la première, Claire raconte à son psychologue comment elle en est arrivée là où elle est à ce jour, comment elle en est venue à se créer un faux profil Facebook, une autre personnalité dont le but premier était de surveiller son amant. Mais elle évoque surtout Chris, dont elle est tombée amoureuse virtuellement puis réellement. Dans la seconde partie, on change de narrateur pour se retrouver avec Camille, une auteure reconnue qui s’entretient avec son éditeur et à qui elle dévoile la vraie histoire, la sienne, mais dont les éléments font écho à une autre qui est sensiblement similaire.

 « Pour les gens comme moi, Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l’attente, on ne peut pas faire son deuil d’une histoire pourtant morte, et en même temps on surnage dans le virtuel, on s’accroche aux présences factices qui hantent la Toile, au lieu de se déliter on se relie. »

Vous le sentez venir le coup de génie de Camille Laurens ? Pendant 186 pages elle nous berne, elle nous fait tourner en rond et nous fait imaginer toutes sortes de scénarios possibles pour finalement revenir au point de départ. Derrière cette torture monumentale de l’esprit, se cache la question du désir et de la femme. Qu’est-ce réellement le désir quand on a atteint un certain stade de sa vie ? Comment, lorsqu’on est une femme qui approche la cinquantaine, être encore désirable ?

 « Être folle ? Ce que c’est qu’être folle ? Vous me le demandez ? C’est vous qui me le demandez ?

C’est voir le monde comme il est.

Fumer la vie sans filtre. S’empoisonner à même la source. »

Je ne connaissais pas Camille Laurens, mais je compte réparer cette erreur. Elle est incroyable par sa maîtrise des mots qui enchainent les émotions les unes aux autres. Cela est certainement possible parce que ses deux narratrices parlent à la deuxième personne, ce qui crée indéniablement une proximité entre elles et le lecteur. Il est donc difficile de savoir si elles s’adressent à nous, lecteur, ou non. On prend la place de l’interlocuteur d’où le fait que ce livre est perturbant.

Une fois que vous êtes lancé dans cette torpeur infernale, il est difficile d’en sortir. C’est le genre de roman qui ne laisse pas indifférent parce qu’il vous prend aux tripes du premier au dernier mot. On ne sait plus si on est dans le virtuel ou dans le réel. Au final, ce n’est pas l’histoire que vous croyez.

 * Ma note :

9/10

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2 réflexions au sujet de « Celle que vous croyez »

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