« J’accuse !…» Emile Zola et l’Affaire Dreyfus

J'accuse

Titre : « J’accuse !…» Émile Zola et l’Affaire Dreyfus

Auteur : Émile Zola

Éditions : Librio

Pages : 140

 

* Résumé de la quatrième de couverture :

 Fin novembre 1897. Sur l’île du Diable, le capitaine Dreyfus purge sa peine. Condamné, depuis trois ans déjà, pour haute trahison au terme d’une parodie de procès. Jusqu’ici, Zola a préféré se taire. Depuis peu, pourtant, il est convaincu de l’innocence de Dreyfus. Et perçoit la portée morale d’une affaire dont il fera désormais « son affaire ».

Le 13 janvier 1898, un cri de révolte s’affiche à la une du journal L’Aurore : « J’accuse !…» Un cri qui fera de Zola « un moment de la conscience humaine…»

 

 * Mon avis :

 Il y a quelques années, j’ai découvert Zola l’écrivain. Aujourd’hui, c’est Zola en tant qu’homme que j’ai découvert. « J’accuse !…» est certainement l’un des plus beaux et justes textes que j’ai lu jusqu’à présent.

 « Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. »

 Ce livre est une petite anthologie de Philippe Oriol qui regroupe de nombreux textes concernant l’affaire Dreyfus. Vous savez cette affaire qui date de la fin du XIXe siècle et qui concerne Alfred Dreyfus, un capitaine juif accusé d’avoir livré à l’Allemagne un bordereau. Il passe donc pour un espion aux yeux de l’état français. Le 13 janvier 1898, après avoir refusé à diverses reprises de prendre part à l’affaire, Zola écrit « J’accuse !…», une lettre ouverte adressée au président de la République, Félix Faure, qui est publiée dans L’Aurore. L’affaire prend alors une toute autre tournure.

 « Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle.»

 Avant cette fameuse lettre, on retrouve des échanges qu’a eu Zola notamment avec des journalistes, dans lesquels il exprime pourquoi il s’est engagé dans cette affaire qu’il considère comme une erreur et pourquoi Dreyfus est innocent. Puis la bombe qu’est « J’accuse !…» arrive et explose. Tout le talent de Zola est là. Il rappelle brièvement le procès fait à Dreyfus, puis l’affaire Esterhazy. Ce dernier est d’ailleurs le véritable auteur du bordereau. Il termine sa lettre par une conclusion dans laquelle il accuse. Il accuse toutes les personnes qui savaient la vérité, mais qui ont préféré la taire et accuser un innocent.

 « Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tout souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour ! J’attends. »

 Ce texte est fort . Il est percutant, bouleversant. Zola réalise un vrai coup de maître. Les mots qu’il emploie prennent aux tripes, se répètent en boucle, ils résonnent en continu. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu cette impression de vivre l’affaire en direct, ni pourquoi j’ai été autant touchée par cette lettre. En revanche, ce que je sais, c’est que Zola était irrévocablement un grand homme, et c’est peu dire.

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