Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Titre : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Auteur : Harper Lee

Éditions : Le Livre de Poche

Pages : 434

 * Résumé de la quatrième de couverture :

 Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Flinch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis -, a connu un tel succès. Mais comment est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américain et du roman initiatique.

 * Mon avis :

 Une grande majorité de personnes, pour ne pas dire tout le monde, a déjà entendu parler de ce livre, ou du moins connait son titre. Il fait partie des monuments de la littérature dont on n’ose pas forcément s’attaquer, c’est pourquoi je l’ai lu avec beaucoup d’appréhension.

 Atticus Flinch est le père de deux enfants, Scout et Jem, qu’il éduque seul. Il est nommé en tant qu’avocat, à la défense d’un Noir qui est accusé d’avoir violé une Blanche. On va suivre cette famille d’Alabama, état connu pour sa forte ségrégation, qui va faire face au racisme de l’époque.

« – On va gagner, Atticus ?

– Non ma chérie.

– Alors pourquoi…

– Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner. »

 Ce qui rend ce livre si important, c’est le sujet qu’il traite. Harper Lee évoque la Grande Dépression du point de vue de deux enfants ce qui permet d’apporter le sujet avec délicatesse. On se retrouve face à une société profondément marquée par le racisme, où les noirs sont très clairement inférieurs aux blancs, une société dans laquelle ces derniers font la loi. Le livre se découpe en deux parties. J’ai eu un petit peu plus de mal avec la première partie parce qu’il faut un certain temps avant que l’intrigue débute réellement, mais étonnamment, c’est celle-ci que j’ai préféré, certainement parce qu’elle présente les personnages, les liens qu’ils ont entre eux. En outre, elle pose les bases de l’intrigue qui est véritablement développée dans la seconde partie. Dans cette partie, on se retrouve en plein procès du fameux viol et c’est surtout là où les deux enfants grandissent vraiment.

 «  D’abord, Scout, un petit truc pour que tout se passe mieux entre les autres, quels qu’ils soient, et toi : tu ne comprendras jamais aucune personne tant que tu n’envisageras pas la situation de son point de vue, tant que tu ne te glisseras pas dans sa peau et que tu n’essaieras pas de te mettre à sa place. »

Des trois personnages principaux, ce n’est pas Scout qui m’a le plus marquée, mais son père, Atticus. J’ai été charmée par ce personnage qu’il semble être l’incarnation de la sagesse. Je crois que c’est le premier personnage de roman qui est aussi bon avec les autres. Il ne semble pas voir le mal ou alors lorsqu’il le voit, il l’excuse et cherche à l’expliquer. Et puis, il est et reste la grande figure de ce roman, le « défenseur des noirs ». Il peut être caractérisé de modèle, aussi bien pour le lecteur que pour ses enfants, ce qui est surtout le cas avec Jem. Ce dernier évolue d’une façon assez soudaine contrairement à sa petite sœur, Scout, dont l’évolution se fait plus lentement. Ils sont tous les deux relativement mâtures pour leurs âges et font preuve d’une grande ouverture d’esprit, c’est pour cela qu’on peut parler de roman initiatique.

« – Qu’est-ce qui me fait pleurer, Mr Raymond ?

La virilité de Dill commençait à s’affirmer.

– La vie impossible que certaines personnes font mener à d’autres – sans même y prendre garde. La vie impossible qu’imposent les Blancs aux gens de couleur sans même prendre la peine de penser qu’ils sont eux aussi des êtres humains. »

L’écriture n’est pas complexe, ce qui est normal puisque l’histoire est racontée par une fillette, mais cela n’enlève rien à ce que dégage ce roman. Harper Lee montre les valeurs de certains, des valeurs perdues ou remises en question au cours de la Grande Dépression.

Malgré le profond engouement autour de ce roman, il n’a pas été un coup de cœur, peut-être suis-je passée à côté de l’essentiel, à côté de Scout. Néanmoins, c’est un livre qui a une certaine importance et qui est nécessaire de lire, au moins une fois, pour se rendre réellement compte de ce qu’on n’a pas forcément conscience, en tant qu’européen. Il faut le lire, pour le personnage d’Atticus, car on en rencontre très peu des comme lui mais aussi pour la beauté qu’est la plume d’Harper Lee.

 * Ma note :                                                                                                                                             8.5/10

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3 réflexions au sujet de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »

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