HHhH

HHhH

Titre : HHhH
Auteur : Laurent Binet
Éditions : Le Livre de Poche
Pages : 443

*Résumé de la quatrième de couverture :

Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d’assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ».
Heydrich, le bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH » Himmlers Hirn heißt Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich.
Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L’auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l’histoire à son terme…

* Mon avis :

Après avoir lu (ou dévoré) La Septième Fonction du langage de Laurent Binet, j’ai commencé à vouer un culte à cet auteur, et HHhH était dans ma ligne de mire. A ma plus grande joie, on me l’a offert pour Noël et comme je m’en doutais (bien que j’avais mis la barre très haute), j’ai été de nouveau conquise, séduite et incroyablement admirative par ce livre, mais surtout par l’auteur.

Il est assez complexe de résumer clairement ce genre d’histoire, mais je vais essayer. Dans cette œuvre, Laurent Binet traite d’un sujet assez fort de la Seconde Guerre mondiale, mais qui est souvent mis de côté ou peu évoqué. Il s’agit de l’opération «Anthropoïde » qui consiste, pour Gabčík et Kubiš, deux résistants tchèques envoyés par Londres, à tuer Reinhard Heydrich qui est considéré comme l’homme le « plus dangereux du IIIe Reich ».

400 pages, cela peut sembler long pour un assassinat, mais ce n’est pas le cas. L’auteur relate les faits historiques d’une manière vraiment intéressante puisqu’il s’insère dans le récit en tant que personnage. Cela lui permet notamment d’expliquer pourquoi ce choix de sujet, de donner son avis sur ce qu’il raconte, d’évoquer la façon dont il a écrit son ouvrage et les recherches qu’il a effectué. Il s’agit certes de faits historiques et l’objectif de l’auteur n’était pas de romancer ces faits, cependant il inclut de la fiction dans son roman, ce qui rend la lecture plus agréable.

« Je me dis que le monde est ridicule, émouvant et cruel. C’est un peu la même chose pour ce livre : l’histoire est cruelle, les protagonistes émouvants et je suis ridicule. »

Le plus terrible dans ce livre concerne les personnages. D’abord il y a Heydrich, qui est indéniablement un monstre, mais il reste très bien présenté par l’auteur, à tel point qu’il est aisé pour le lecteur de l’imaginer et de se rendre pleinement compte de ses actes. Hitler est bien évidemment évoqué même s’il n’est pas central dans l’histoire. Il faut savoir que Heydrich n’est pas le héros de ce livre, comme le dit si bien l’auteur, les vrais héros sont Gabčík et Kubiš. Deux personnages qui sont réels et aux antipodes l’un de l’autre mais liés par la vie et la mort, selon le résultat de leur mission. On le sait tous dès le début, ce sont deux héros au destin tragique.

Le plus incroyable avec cette œuvre reste l’écriture et le talent de l’auteur. Il fait une histoire de l’Histoire. Il faut certes s’accrocher à la lecture puisqu’il est question d’événements réels et passés. Néanmoins, Laurent Binet trouve le moyen formidable, malgré l’horreur du sujet dont il parle, de rendre les choses réelles et proches de nous. « Mais je suis à Prague », moi aussi je l’étais, pendant les 400 pages de ce récit bouleversant. La seconde partie du roman est magistrale, un vrai coup de maître qui résume les atrocités de la guerre à travers quelques hommes.

«Il est midi, il a fallu près de huit heures aux huit cents SS pour venir à bout de sept hommes.»

A chaque fois que je termine un livre j’ai l’impression de faire face à la pire fin. Je crois que je l’ai définitivement trouvé ! Non seulement je me suis aussi sentie « complètement vide » comme l’auteur, mais je me suis sentie trahie par cette fin parce qu’elle est terriblement belle.

Lisez Laurent Binet pour sa plume, son talent mais surtout pour ce dont il traite dans ses œuvres. C’est ainsi que HHhH est arrivé au même niveau que La Septième Fonction du langage voire peut-être au-dessus.

* Ma note :
10/10

Publicités

5 réflexions au sujet de « HHhH »

  1. Ping : C’est lundi que lisez-vous ? #52 | justinsunrise

  2. Ping : Bilan Mars 2016 | justinsunrise

  3. Ping : Bilan annuel 2016 | justinsunrise

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s