Hernani

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Titre : Hernani
Auteur : Victor Hugo
Éditions : Le Livre de Poche
Pages : 171

* Résumé de la quatrième de couverture :

« Quelle heure est-il ? » : est-ce là une manière de parler pour un roi ? Et au lieu qu’on lui réponde dignement : « Du haut de ma demeure, Seigneur, l’horloge enfin sonne la douzième », voilà qu’il s’entend dire tout bêtement : « Minuit »…
Il n’en fallait pas plus pour que la bataille s’engageât. Passion racinienne, honneur cornélien, rien ne manquait à Hernani, fors le respect du majestueux alexandrin. Épluchures, balayures, ordures, injures se mirent à voler dans le sacro-saint Théâtre-Français, lancées par les tenants du classicisme sur la horde barbue et chevelue des romantiques. Un trognon de chou alla même atterrir sur la tête de M. de Balzac. Et soir après soir la bataille recommença, s’étendit jusqu’à la province où, à Toulouse, un jeune homme mourut en duel pour avoir pris la défense de Victor Hugo. Mort qui donne tout son poids de vérité à l’illusion théâtrale.

* Mon avis :

Victor Hugo appartient à cette catégorie d’auteurs que je perçois comme étant extraordinaires. J’appréhende toujours un peu avant de lire ses œuvres, mais j’en sors à chaque fois pleinement ravie et satisfaite. Hernani n’échappe pas à la règle.

Cette tragédie présente Hernani, un bandit reconnu et amant de la belle et jeune Doña Sol, une noble promise à son oncle Don Ruy Gomez de Silva et convoitée par Don Carlos, roi d’Espagne et ennemi juré d’Hernani. Vous l’aurez compris, nous sommes au milieu d’une histoire d’amour impossible et forcément tragique.

L’intrigue de cette pièce est typique des tragédies : des duels, des amants et des morts. On retrouve même un lien entre le politique et l’amour. A partir du moment où l’on sait qu’il est question de tragédie, on comprend de suite où l’auteur veut et va nous emmener.

« DOÑA SOL

Hernani, n’allez pas sur mon audace étrange
Me blâmer. Êtes-vous mon démon ou mon ange ?
Je ne sais. Mais je suis votre esclave. Écoutez,
Allez où vous voudrez, j’irai. Restez, partez,
Je suis à vous. Pourquoi fais-je ainsi ? je l’ignore.
J’ai besoin de vous voir et de vous voir encore
Et de vous voir toujours. Quand le bruit de vos pas
S’efface, alors je crois que mon cœur ne bat pas,
Vous me manquez, je suis absente de moi-même ;
Mais dès qu’enfin ce pas que j’attends et que j’aime
Vient frapper mon oreille, alors il me souvient
Que je vis, et je sens mon âme qui revient ! »

Les personnages sont incroyables. Doña Sol, derrière la naïveté et cet aveuglement provoqué par l’amour qu’elle éprouve pour Hernani, est une femme sûre d’elle-même et passionnément amoureuse. Elle semble vivre de cet amour voire même de le respirer tellement il lui est vital. Don Carlos est un personnage intéressant pour la dimension historique et politique qu’il apporte à l’intrigue. Mais il ne peut égaler Hernani, que je gardais pour la fin. Le grand, le fameux, le génialissime Hernani ! J’en suis tombée amoureuse, comme Doña Sol, parce qu’il est le parfait bandit, l’amoureux torturé, parce que de sa première à sa dernière réplique, il reste fidèle à lui-même, c’est-à-dire un héros magistral !

Je me suis souvent demandée : pourquoi la bataille d’Hernani ? Ceci est d’ailleurs la seconde raison qui m’a poussée à lire cette pièce, la première étant Victor Hugo. J’ai enfin compris : parce que le fameux drame romantique. Je m’explique. Cette pièce en cinq actes est de toute beauté grâce à ses alexandrins parfaits et à ses rimes suivies admirables. Le simple choix de Victor Hugo pour avoir adopté cette esthétique classique prouve une nouvelle fois son génie. Ce dernier est magnifiquement renforcé par le romantisme qui veut le fameux affranchissement des contraintes de l’esthétique classique. C’est ainsi que l’on en vient à la déconstruction de l’alexandrin qui est remplacé par des vers courts ou par de simples mots en guise de répliques. Tout le talent de Victor Hugo est là !

« HERNANI
Tu dis vrai. Le bonheur, amie, est chose grave.
Il veut des cœurs de bronze et lentement s’y grave.
Le plaisir l’effarouche en lui jetant des fleurs.
Son sourire est moins près du rire que des pleurs ! »

Si vous n’avez pas encore lu cette pièce, courrez dans la librairie ou la bibliothèque la plus proche, car elle doit être lue. J’aurais voulu assister à la première représentation en 1830. J’aurais voulu remercier Victor Hugo de vive voix pour cette œuvre et pour avoir changé les idées.

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3 réflexions au sujet de « Hernani »

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